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Accrocher n’est pas jouer

Date : 6 février 2020

Accrocher n’est pas jouer
Le musée Hébert, un très beau cadre pour rencontrer Laurence Huault-Nesme venue nous parler de l’organisation d’une exposition.
En effet, c’est au cœur de la nouvelle exposition : « Carnets de plein air, aquarelles d’Ernest Hébert » que cette dernière nous a accueillies, ouvrant « la maison », à notre intention et à celle de quelques conjoints.
Si, depuis environ un siècle, l’organisation d’expositions temporaires est devenue la pièce maîtresse de la vie d’un musée, son directeur, sa directrice en l’occurrence, est aussi et d’abord un chef d’orchestre : tous les rouages, administratifs, comptables, logistiques, relationnels, sont les instruments nécessaires à la bonne marche du navire, surtout s’il porte le label « Musée de France » qui le contraint à suivre à la lettre la Loi Musée. Ces multiples rôles complexifient et enrichissent la mise en œuvre d’une exposition puisque tout se monte en même temps, pour arriver à la clef de voûte, l’accrochage.
Le musée Hébert fut d’abord, la maison de famille du jeune peintre, puis sa propriété, partagée avec son épouse Gabrielle : ainsi toutes sortes de trésors sont conservés, les photographies prises par Gabrielle, des objets quotidiens ou collectionnés, des costumes, des échantillons de tissu, de très nombreuses lettres, études , esquisses, ébauches qui nous introduisent au cœur de ce couple très uni : mine d’or pour un conservateur, particularité patrimoniale, et aussi porte d’accès à l’âme d’Ernest Hébert.
En simplifiant les choses, on peut dire qu’un projet naît de la rencontre de trois principaux éléments :
D’abord une connaissance fine et approfondie de des collections, par exemple 10 000 œuvres pour le musée Hébert, ensuite celle des autres musées régionaux ou équivalents, et des collectionneurs liés à la particularité du musée, les liens tissés avec directeurs et collectionneurs, enfin le contexte historique ou événementiel, qui inscrira l’exposition dans un plus vaste projet.
Prenons l’exemple de l’exposition actuelle ; nous retrouvons nos trois grandes lignes :
Un fonds exceptionnel d’œuvres d’Hébert, peu connu pour des raisons de conservation, le réseau des musées du Dauphiné, la pertinence de donner un écho à la précédente exposition du peintre Jongkind qui a accueilli 47 000 visiteurs et de se mettre en résonance avec la nouvelle exposition du musée des Beaux-Arts de Grenoble, sur les artistes dauphinois au XIXème siècle.
Une fois le projet conçu, décidé, intervient le cœur de l’ouvrage, la scénographie, fil rouge ou colonne vertébrale de l’exposition qui « propose un cheminement très étudié » pour que chaque visiteur trouve une satisfaction. Tenir compte de l ‘éclairage, pour une bonne conservation préventive est une contrainte matérielle supplémentaire !
Il s’agit de « modeler l’espace » pour que chaque œuvre soit au bon endroit, tant sur le plan visuel que par rapport au propos. Ainsi tout doit entrer en cohérence pour rendre évident l’ensemble choisi : c’est une véritable alchimie que de trouver l’équilibre entre les œuvres, les salles, et les textes et cette recherche s’exerce dans les moindres détails, l’agencement des panneaux, la typographie, la couleur des murs reprise ensuite dans les différents éléments de communication…
En somme, nous avons toutes été ravies d’être ainsi accueillies par Madame Laurence Huault – Nesme qui nous a permis d’entrer dans l’univers d’Ernest et de Gabrielle Hébert, et ouvert quelques portes de la vie de ce bien joli musée qu’elle dirige avec beaucoup de passion, et l’aide d’une solide équipe.
La prochaine exposition, consacrée au sculpteur Carpeaux, se prépare déjà.

06/02/2020 L.B.