Fédération Française du Lyceum Club International

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CONFERENCE SUR LA COREE DU SUD-1

Date : 27 février 2017

Conférence du Lyceum Club d’Orléans, le 2 février2017

« La Corée du sud, un Etat sous pression. »
ou « Comment la Corée du sud est-elle devenue un acteur géopolitique majeur du monde contemporain. »
par Sébastien Bertrand.

Ce jeudi soir 2 février, les lycéennes orléanaises, dont les rangs étaient grossis par de nombreux invités, se réjouissaient d’accueillir, au restaurant « Le Madagascar » un orateur exceptionnel, Sébastien Bertrand.

Notre conférencier, docteur en Histoire, titulaire de l’agrégation et enseignant dans les CPGE de Janson de Sailly, entre autres qualités, est désormais un fidèle de notre club pour lequel il a la gentillesse de venir régulièrement pour nous faire partager, tant son érudition que sa passion.
C’est à ce titre qu’il intervenait pour nous faire découvrir ce pays qui le fascine, la Corée du Sud, ou République de Corée.
Sébastien Bertrand a développé un partenariat entre le lycée Janson de Sailly et l’ambassade de Corée à Paris, et a été sollicité par l’UNESCO lors de la visite de la présidente, madame Park Geun-hye.

Cette première conférence vient s’inscrire dans un cycle de 3 interventions, l’une basée sur l’aspect historique (celle de ce soir), la suivante sur l’aspect politique (le 9 mars prochain) et enfin la dernière sur l’aspect économique (le 27 avril).

Tigre, Dragon, et Phoenix.

Quelques données pour commencer.
- En 2009, un quart des étrangers vivant en Corée croyaient que Samsung était une firme japonaise.
- Pour les pays limitrophes, la Corée du sud est un petit pays pauvre et rancunier.
- Pour les USA et La Russie, il n’ a d’intérêt que s’ il prête allégeance.
- Pour l’Europe, il est inconnu.

La Corée est surnommée pays du matin frais, généralement mal traduit par pays du matin calme.

L’ensemble de la péninsule coréenne est mal connue, et l’on s’interroge beaucoup sur la séparation des deux Corées, dernier résultat de la guerre froide.
On perçoit souvent la Corée du sud comme un État à la botte des USA.

Il s’agit pourtant de la 11ème puissance économique mondiale, d’un pays qui compte plus de 50 millions d’habitants et qui couvre la moitié de la péninsule coréenne. Il a en commun une frontière de 238 kms avec le pays frère et voisin, la Corée du nord, dont il est séparé par la DMZ (zone démilitarisée), pays avec lequel il est toujours officiellement en guerre.

Tigre, dragon et phœnix sont trois comparaisons, trois métaphores asiatiques qui permettront l’articulation des trois conférences.

Le tigre, emblème de la Corée du sud, est un animal emblématique dans toute l’Asie et a été choisi par les coréens comme animal tutélaire, notamment en raison de sa force physique, sa capacité de résistance.

La place de la Corée du sud date de 1948, même si la partition de la péninsule date de la fin de la seconde guerre mondiale.
Ce petit pays qui a subi l’occupation japonaise, puis l’occupation américaine, la partition, une guerre meurtrière, puis la guerre froide, a tel un tigre, résisté à tous ces soubresauts meurtriers de l’Histoire et s’en est relevé.

I. Un pays, objet de convoitises ( des origines à 1945)

Les premières traces de civilisation remontent à – 4000 ans avant J.C.
Certains soutiennent qu’il s’agirait de la plus ancienne civilisation asiatique, avant la Chine, mais ceci demeure un sujet de controverses.
Quoiqu’il en soit, coincée entre la Chine et le Japon, la Corée a survécu entre ces deux puissances et a réussi à développer son identité et à conserver un caractère propre et une culture riche.

I. 1) La Corée des grands siècles et des grands rois.

De tous temps, la péninsule coréenne a été une terre de convoitise. Elle bénéficie d’un climat continental humide, de vallées fertiles, et est bordée de mers poissonneuses.
Sa population est réputée avoir un caractère discipliné et travailleur.
Elle produira une civilisation brillante qui rayonnera en Chine, notamment en Mandchourie.

- 1392 à 1910 : période Joseon.
Pendant plus de 500 ans le pays est gouverné par la la dynastie Joseon, appelée parfois dynastie Yi, qui occupe le trône sans discontinuer.
Le général coréen Yi Seonggye fonde la dynastie et instaure Séoul comme capitale.
C’est de cette lignée que sera issu Sejong le grand (1417-1450) roi humaniste, protecteur des arts. Il étendra le royaume, le pacifiera et inventera un alphabet, l’alphabet « Hongeul » dont l’objectif est de réduire et de lutter contre l’analphabétisme. Il comprend 14 consonnes et 10 voyelles. Cet alphabet deviendra quelques siècles plus tard le symbole de la résistance et de l’identité coréenne.
Il est aujourd’hui encore célébré sur la monnaie et a sa statue à Séoul.

- Le beau 18 ème siècle.
C’est une période d’effervescence intellectuelle, pour laquelle on serait tenté de faire un parallèle avec le siècle des lumières en Europe.
C’est une période de réformes, mais aussi une période inventive avec notamment la mise au point de machines comme les grues qui permettront la construction de forteresses.

Le peuple coréen est un peuple d’artistes, d’inventeurs, plus qu’un peuple de guerriers, ils nourrissent d’ailleurs un certain mépris pour les dynasties guerrières.

I. 2) Souveraineté chinoise et colonisation japonaise.

Progressivement pendant l’ère Joseon la Chine acquière une influence de plus en plus grande et la Corée est vassalisée. Elle est soumise à la tutelle de la Chine et doit s’acquitter du paiement d’un tribut.
Cette suzeraineté chinoise a une influence sur les élites chez lesquelles il convient de lire, écrire et parler chinois, d’où une réaction négative face au projet d’alphabet coréen destiné en priorité à l’alphabétisation des masses populaires.

Cette influence chinoise sera notable jusqu’au 19 ème siècle, période où interviendront le Japon et la Russie qui ont des velléités coloniales et souhaitent se construire un empire.
C’est dans ce contexte que la Corée passe sous influence japonaise.
En 1905, le protectorat japonais est reconnu.
La volonté d’assimilation s’exprime de façon radicale, et beaucoup de documents anciens seront détruits pendant cette colonisation japonaise. Le patrimoine coréen et la fierté du peuple disparaissent.
Le protectorat japonais prend fin en 1910 : La Corée est purement et simplement annexée par le Japon.
Une stratégie d’assimilation est mise en place notamment via l’enseignement, elle sera très prégnante encore en 1930.
En 1938 la seule langue parlée est le japonais.
En 1940 les coréens doivent adopter un patronyme japonais.
A cette époque, l’alphabet « Hongeul »va devenir l’instrument de la résistance coréenne.
Cependant cette occupation japonaise ne va pas susciter que résistance et mécontentement, pendant les 40 à 50 ans d’occupation il y aura aussi beaucoup de collaboration. Celle-ci sera motivée soit par l’opportunisme (envie de faire carrière, notamment dans l’armée ou l’enseignement) mais aussi parfois par l’idéologie, la Corée a compté beaucoup d’admirateurs de l’État militaire japonais.

II. La Corée du sud en guerre froide.

A l’issue de la seconde guerre mondiale, la Corée est libérée au nord par les troupes de l’URSS le 9 août 1945, tandis que les américains débarquent au sud le 8 septembre 1945, après la capitulation du Japon.
S’en suit une partition du pays et une nouvelle période d’occupation.

II.1) Une nouvelle période d’occupation de 1945 à 1948.

Le 2 septembre 1945, suite à la reddition du Japon, le commandant en chef des forces alliées du Pacifique, le Général Douglas Mac Arthur devient gouverneur militaire du Japon et maintient l’empereur Hirohito sur le trône, afin de ne pas humilier le peuple japonais et de faciliter l’occupation américaine et les réformes du pays.
Il acquiert un rôle proche de celui d’un chef d’État et est surnommé le vice-roi du Pacifique.
A ce titre, il souhaite faire de l’espace coréen un espace de résistance au bloc communiste.

Il désigne le Lieutenant Général John.R Hodge comme administrateur militaires des affaires coréennes, mais celui-ci s’avérera moins éclairé que Mac Arthur.
Il débarque le 8 septembre et en application des accords de reddition du Japon et du démantèlement de ses colonies, il prend le contrôle du sud de la péninsule coréenne.
Il fera un parallèle maladroit entre le Japon et La Corée, pour l’administration du pays,
Il mettra en avant un leader assez âgé, Seo Jae Pil qui devient conseiller en chef.
Or, le politicien qui se démarque est Syngman ree.
Hodge a des difficultés à travailler avec lui mais il deviendra malgré tout le premier président de la République de Corée, créée le 15 août 1948.

L’occupation américaine est assez mal vécue.
La population vit cette période, non comme une libération de la tutelle japonaise, mais comme une nouvelle intrusion, une occupation de plus pour laquelle les coréens font d’ailleurs souvent le parallèle avec l’occupation japonaise. Ce sentiment est par ailleurs renforcé par la partition de leur pays qui accompagne cette présence américaine.
Beaucoup de sud-coréens qui avaient rêvé de réunification sont déçus.

C’est dans ce contexte que commence la guerre froide. Le nouveau Président va gouverner avec autoritarisme et utiliser l’anticommunisme pour asseoir son pouvoir.

II.2) 1950-1953, une guerre dévastatrice.

En bref :
- le 25 juin 1950 la Corée du nord envahit la Corée du sud et sous un feu nourri d’artillerie, 135 000 coréens du nord franchissent la frontière.
- dès septembre 1950, la quasi totalité de la péninsule sud est envahie.

S’en suit une condamnation par le conseil de sécurité de l’ONU qui décide, pour la première fois de son histoire, l’envoi de forces internationales en Corée.
15 États participent à cette intervention sous la bannière de l’ONU, dont la France qui déploie un bataillon d’environ mille militaires qui paieront un lourd tribut lors de cet engagement.

- en novembre 1950 les armées nord-coréennes sont repoussées par la coalition.
- s’en suit une intervention de la Chine populaire : Mao envoie 500 000 « volontaires » chinois pour renforcer les troupes nord coréennes.
- en 1951 Séoul tombe à nouveau.
- au printemps 1951 la ligne de front se stabilise.

Mac Arthur propose au président Truman l’emploi de l’arme atomique, proposition qui est fort heureusement rejetée et qui vaudra au général Mac Arthur d’être limogé.
Ainsi lors de la guerre de Corée, on frôle la guerre nucléaire, celle-ci ayant été envisagée stratégiquement pour contraindre la Chine communiste de Mao.

Il faudra attendre le 27 juillet 1953 et la mort de Staline pour que cesse le conflit.
L’armistice est signée en juin 1953 et la frontière entre les deux Corées aura finalement peu bougé.
Les USA, l’URSS et la Chine reconnaissent l’armistice mais la Corée du sud est absente des négociations.
Juridiquement la Corée du sud est donc toujours en guerre contre la Corée du nord.

Ce conflit fera 3,5 millions de morts, 3 millions de réfugiés, 6 millions de sans-abri.
1 coréen sur 10 a trouvé la mort dans ce conflit.
Séoul est rasée à 70%.
Pyongyang, la capitale du nord est détruite à 80%.
C’est une guerre fratricide qui verra de nombreux règlements de comptes, une véritable guerre civile.
L’hiver 1950 sera celui de la tension extrême et de l’épuration.

En 1953, restent deux peuples qui se sont affrontés de manière sauvage et extrêmement meurtrière (nombreuses fosses communes) pendant ce conflit.
- La Corée du nord est alors la plus riche et la plus urbanisée (héritage de la période japonaise)
- La Corée du sud a quant à elle perdu une grande partie de sa population, est exsangue, n’a plus les richesses de son sous-sol ni ses industries qui sont au nord, et doit faire face à un flot de réfugiés.
S’ajoute à ce triste tableau un gouvernement autoritaire et corrompu.

Le destin et l’avenir de la Corée du sud paraissent très sombres à la fin des années 50. Le pays ne survit que grâce aux aides considérables des USA qui en fait une tête de pont face à la Chine
communiste.

II.3) 1961-1979, l’ère Park Chung-hee

Ce personnage a marqué de façon considérable la Corée du Sud.
Né en 1917 il grandit sous l’occupation japonaise et se destine à l’enseignement, il fera finalement carrière dans l’armée (il est diplômé de l’académie militaire japonaise de Mandchourie).
Il se distingue au moment de la guerre de Corée, dans l’armée du sud dont il gravit les échelons.
Il fait un stage aux USA, puis au début des années 60 prend la tête d’un mouvement politique qui fomente un coup d’État militaire.

Le 16 mai 1961 il renverse le gouvernement civil mais maintient son président Yun Po-sun en place pendant un an.
Park Chung-hee devient le dirigeant de fait du pays, et dès 1962 succède au président qui démissionne.
Sous la pression des USA, l fait adopter une nouvelle constitution et est élu, dans des conditions discutables, président le 15 octobre 1963.
Il sera ensuite réélu en 1967,1971,1972 et 1978.

Il a développé une véritable vision d’avenir pour son pays.
Il souhaite en premier lieu un retour à l’ordre. Sa philosophie pourrait se résumer ainsi :
« d’abord la croissance, ensuite le bien-être. »
Pour lui, la démocratie viendra plus tard, il faut d’abord gérer l’urgence et se loger, manger, donc connaître une forte croissance.
Il va mettre en place une politique d’industrialisation accélérée sous forme de plan quinquennal, il opte pour un protectionnisme strict tant industriel qu’agricole et emprunte très peu à l’international.
C’est sous son gouvernement qu’apparaissent les firmes LG, Hyundaï et Samsung.
Sous sa houlette, la Corée du sud va devenir rapidement une puissance exportatrice en débutant comme sous-traitant du Japon.

Il a aussi et surtout, comme objectif de faire reconnaître la Corée du Sud dans le monde.
C’est un fervent admirateur de Napoléon et un fin stratège.
Il commence par s’assurer une alliance avec les USA en se rapprochant du gouvernement Kennedy.
Il va accepter la présence missiles américains sur son sol et, en 1965 enverra 30 000 soldats combattre au Vietnam à côté des militaires américains.
Ce faisant il s’assure les bonnes grâces de l’Amérique et cela correspond de surcroît, à son désir de lutter contre l’expansion du communisme.
Il essaie aussi de se faire une place entre la Chine et le Japon.
La seule Chine reconnue à l’époque par les Nations Unies, est Taïwan.
Park joue la coopération avec cette ancienne île de Formose où s’est réfugié le général Tchang Kaï-check. Le rapprochement sera d’abord politique puis économique.
Il souhaite aussi se rapprocher du Japon, mais cela s’avère plus difficile, car cela suppose comme préalable d’avoir surmonté l’occupation japonaise et tout ce qu’elle a pu laisser comme empreintes dans la société coréenne. Il ne s’embarrasse pas d’états d’âme, et ne se pose pas de questions :
tant pis pour les excuses, le repentir, il lui faut un accord économique pour « booster » son pays.
En 1965 un traité de coopération économique et d’amitié est signé entre la Corée et le Japon.
La Corée obtient du Japon une aide de 500 millions de dollars et un prêt de 300 millions de dollars, c’est une sorte de plan Marshall industriel. Il est convenu, qu’en contre-partie, la Corée ne demande pas d’excuses au Japon.
La Corée de Park Chung-hee obtient ainsi des devises, l’installation de firmes japonaises sur son sol et ce faisant un transfert de technologies.
Park continue à chercher à multiplier les alliances et se rend en France, où il enverra sa fille faire ses études, se déplace en Allemagne où il va voir la frontière RFA/RDA. Il voudrait y voir un parallèle avec les 2 Corées et connaître la même croissance que la RFA.
L’Allemagne de l’Ouest, la RFA, est sensible à ce geste devant le mur, et aide la Corée en lui proposant des formations, et en lui prêtant des devises.

La Corée du Sud devient progressivement reconnue et autonome, mais elle souhaite également se prémunir contre la Corée du Nord.
Dans les années 70, la découverte de tunnels creusés par la Corée du Nord alimente la peur d’un nouveau conflit.

Park joue la carte de l’anticommunisme et, jusqu’en 1972 gère la Corée de façon quasi consensuelle.
En 1972 il opère un changement de Constitution pour renforcer son autorité au sein du pays, et après avoir instauré un état d’urgence, transforme la présidence en « régime dictatorial légal ».
Dans le même temps, il initie un dialogue entre les deux Corées et ce dès 1971.
En 1972, se déroule la première rencontre entre les deux chefs d’État coréens, rencontre qui a lieu dans un contexte de détente politique Est-Ouest avec la rencontre entre le chinois Mao et l’américain Nixon.

La Corée du Nord veut être un État « vitrine » du communisme, et à contrario,
la Corée du Sud veut être un État « vitrine » du capitalisme.
La concurrence entre les deux pays fait rage : ouverture du métro à Pyongyang en 1972 et ouverture du métro de Séoul en 1973 (actuellement, 2 lignes de métro au nord, et 27 à Séoul).

Les résultats de la politique de Park sont palpables et sa politique est couronnée de succès.
En 1978 il est réélu pour la 3ème fois mais meurt assassiné en 1979.

III. Consécration mondiale.

III.1) Sortie de guerre et libéralisation.

L’essor économique de la Corée du Sud est une réussite.

La Corée entretient de fortes relations avec les USA et reçoit notamment la visite du président Ronald Reagan, qui en 1983, réaffirme devant le parlement coréen, le soutien des États Unis à la Corée du sud et condamne le régime de Corée du Nord.
Le chef d’État en place à ce moment là, est encore un général, Chun Doo-hwan mais les coréens en ont assez des gouvernements autoritaires.

Malgré tout, dans les années 80, le taux de croissance du pays est de 10% et le régime de Chun Doo-hwan est marqué par la poursuite du miracle économique.

La sortie de la guerre froide va s’accompagner d’une démocratisation de la Corée du Sud, les coréens accueillent les jeux olympiques, la visite de L.Fabius à l’occasion de la signature d’un contrat de vente de TGV.

III.2) Ouverture et reconnaissance internationale.

En 1987, face à l’ampleur des mouvements de contestation dans le pays, le général Chun Doo-hwan est contraint de laisser le pouvoir et d’accepter l’élection d’un nouveau président de la république au suffrage universel : Roh Tae-Woo.

Ce président n’est pas très aimé par les coréens, ils lui prêtent, injustement selon S.Bertrand, une réputation d’homme mou.

C’est pourtant lui qui contribuera à l’organisation des XXIV jeux olympiques à Séoul, olympiades qui revêtaient un enjeu particulier, puisqu’il s’agissait d’asseoir la reconnaissance de la Corée du Sud.
C’est également sous sa présidence et à l’issue d’une tournée internationale, notamment européenne (pendant laquelle il rencontrera J.Chirac) que les deux Corées feront conjointement leur entrée à l’ONU.
Il fera également adopter une nouvelle constitution et libérer 2000 prisonniers politiques.
La fin de son mandat en 1993 sera entachée de soupçons de corruption et il sera emprisonné.

III.3) Un rôle sans cesse redéfini en Asie et dans le monde.

Le rapprochement entre les deux Corées est un objectif de la Corée du sud qui pratique la politique du « rayon de soleil ».
Il s’agit de proposer à la Corée du nord qui doit faire face à la famine, une politique d’aide économique et au développement.
Cette politique est initiée et mise en œuvre par le président Kim Dae-jung.

Élu en 1997, il a longtemps été chef de l’opposition en faveur d’une transition démocratique.
Il arrive au pouvoir en plein milieu d’une crise économique et engage des réformes qui permettent de revitaliser l’économie sud coréenne.

Fort de cette reprise économique, il peut s’engager et œuvrer pour le rapprochement avec la Corée du nord. Sa politique dite du rayon de soleil est inspirée par l’Ostpolitik de Willy Brandt et vise à réconcilier les deux États frères.
Il est le premier chef d’État à se rendre à Pyongyang, où il signe, le 15 juin 2000, une déclaration commune avec son homologue Kim Jong-il.
Ce rapprochement lui vaudra le prix Nobel de la paix, prix contesté par la Corée du nord.

Dès les années 2000, la Corée du Nord se replie, et la Corée du Sud, elle aussi frappée par la récession économique, est moins encline à soutenir le pays historiquement frère.
C’est la fin de la politique du « rayon de soleil ».

Le nouveau président Lee Myung-bak (2008-2013) considère de surcroît, que l’ouverture escomptée n’a pas eu lieu et que le soutien économique prodigué à la Corée du Nord, l’a peut-être sauvée d’un effondrement.
Autrement dit, si la Corée du Sud n’avait pas soutenu la Corée du Nord, le régime se serait probablement naturellement effondré. A cet égard, la politique du rayon de soleil aurait donc été contre-productive.

Il existe toujours aujourd’hui un réel souci entre les deux Corées, séparées encore par une DMZ (zone démilitarisée).
La Corée du Nord a maintenu un service militaire de 10 ans.
La Corée du Sud agit toujours de façon modérée, ne réagit que très peu aux provocations régulières de Pyongyang mais dispose toujours d’une armée de guerre froide.

Parallèlement, la Corée du sud a opéré un rapprochement avec la Chine et signé dès 1983, un traité de commerce.
Progressivement la Chine est devenu le premier partenaire de la Corée du Sud, son premier investisseur comme son premier client. La Chine a supplanté le japon.

Il demeure les litiges avec le Japon notamment territoriaux, sur la propriété des rochers Liancourt (Dokdo en coréen et Takeshima en japonais) au large de la Corée.
Ces petit groupe d îlots situé en mer du Japon est contrôlé de facto par la Corée du Sud, mais revendiqué par le Japon. Ce contentieux territorial entre les deux pays, n’est à ce jour pas réglé.

Conclusion.

Malgré la partition de la péninsule, et les rapports compliqués que la Corée du Sud entretient avec la Chine et le Japon (un perpétuel je t’aime, moi non plus », les 3 pays se méprisant les uns les autres mais ne cessant de se rencontrer, commercer et échanger culturellement), le 20ème siècle aura été un révélateur pour La Corée.

Le Tigre a bien résisté.

En décembre 2015, la présidente Park Geun-hye, se rend à Paris et annonce que la Corée, après avoir longtemps bénéficié de l’aide internationale devient, à son tour contributeur de l’UNESCO.

Notre conférencier termine sur ce point d’orgue, hautement révélateur de l’évolution spectaculaire de la Corée du sud ces 60 dernières années et de la place internationale qu’elle a acquise.

Pour nous sensibiliser à la notoriété de la Corée du Sud, il clôt la conférence en mentionnant Ban Ki-moon, coréen, et secrétaire général de l’ONU de 2007 à décembre 2016, preuve, s’il en fallait de l’influence de la Corée.
Et non sans malice, nous cite également Park Jae-sang, connu sous le nom d’artiste de Psy, chanteur et auteur du « Gangnam style », une autre forme de rayonnement culturel !

S’en suivent quelques questions sur la Corée du nord, la guerre de Corée et « les femmes de réconfort », questions auxquelles notre conférencier répond avec gentillesse pour satisfaire un auditoire très attentif, qui se réjouit de retrouver S.Bertrand pour un deuxième volet le 9 mars prochain.