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Cinq siècles d’échanges entre Japon et Occident

Date : 14 janvier 2019

C’est à une très intéressante promenade, dans le temps et dans l’espace, que le Musée dauphinois nous invite, jusqu’ au 24 Juin 2019.

Son propos est de montrer les influences, les métissages, les échanges tant culturels, qu’économiques, industriels et techniques qui constituent l’histoire de ces deux univers. Si l’objectif est ambitieux, il est atteint grâce à une mise en scène très bien étudiée, des explications claires, une sélection d’objets significatifs qui suscitent notre curiosité au fil du parcours chronologique.
Tout commence au milieu du XVIème siècle avec l’arrivée inopinée de navires portugais, prélude à un siècle d’échanges culturels, commerciaux. La christianisation par les Occidentaux rencontre un tel succès auprès des Japonais qu’un shogun, ou chef militaire décida en 1641 la fermeture quasi-totale du pays, ou Sakoku. Seuls les Néerlandais gardent un comptoir sur une petite île au large de Nagasaki.
Pendant les 250 ans de repli national, ou Edo, se développe un mode de vie très raffiné où les arts occupent une place prépondérante. La nature sous toutes ses formes s’épanouit sur tous les objets, associée à toutes sortes de supports : soie, bois, bambou, papier, métal, ivoire, céramique … Ce raffinement se développe particulièrement à Kyoto, ville où l’empereur et sa cour résident, alors que le shogun qui a le pouvoir politique et militaire vit à Tokyo.
C’est un empereur qui ouvrira les portes du Japon aux Occidentaux, aux Américains en premier, au milieu du XIXème siècle. L’entrée dans l’ère Meji , ou « gouvernement des lumières », est marquée par la signature de nombreux traités de paix, de commerce et d’amitié, dont nous pouvons contempler l’exemplaire signé par la France en 1858.

C’est le début d’une ère de très nombreux échanges : les Français achètent de la soie japonaise, et installent ports, industries textiles et autres, alors que l’esthétique japonaise, sous le nom de Japonisme, enchante de nombreux artistes français, écrivains, peintres, céramistes …

Un vrai bouleversement pour le Japon qui s’industrialise en 20 ans et la France qui se passionne pour cette toute nouvelle source d’inspiration. L’Exposition universelle de1867 à Paris participe à cette passion, dont l’apogée se situe en 1878. Nos célèbres dauphinois comme Aristide Bergès et le peintre Mainssieux , succombent à cet engouement, comme bien d’autre.

Les années 1930/1950 sont le témoin d’une période bien sombre en raison de l’attrait de l’empereur pour Hitler et de son engagement du côté de l’Axe : Pearl Harbour et les bombes atomique envoyées à Hiroshima déterminent un tournant dans l’histoire.

Depuis 70 ans, l’univers japonais nous est devenu très familier : que ce soient les appareils électroniques, les motos, les mangas, les personnages de dessins animés, toutes ces créations tissent des liens entre Est et Ouest, et entre les générations. Des jeux olympiques d’été en 1964, d’hiver en 1972, comme l’Exposition universelle de 1967 à Osaka ont contribué à un rapprochement qui nous semble évident. Les derniers venus auprès des jeunes surtout, les Kawai, sont les représentants bien « mignons » de la culture japonaise actuelle.

L.B. 14, 01, 2019

PS : Bien belle exposition ; elle peut être complétée par deux autres : au Musée Hébert et au Musée de L’Ancien Evêché . Bref, une immersion totale dans ce monde si particulier et tellement séduisant.