Fédération Française du Lyceum Club International

Fédération Française du Lyceum Club International

Accueil > Clubs > GRENOBLE > Colette à travers le regard de Lucile et Mao
Version imprimable de cet article

Colette à travers le regard de Lucile et Mao

Date : 24 septembre 2020

Qui ne connaît pas Colette ? 1873-1954
Les premières images qui viennent à l’esprit sont, bien sûr, associées aux Claudine et au petit col blanc éponyme, à son mari Willy, à l’origine de sa vocation littéraire et au roman Le Blé en Herbe qui a fait date par son audace et son anticonformisme.
Sido la mère de la petite Gabrielle-Sidonie COLETTE considère sa fille comme son chef-d’œuvre. C’est son Joyau-tout-en-or, un joli petit renard fin qui éprouvera constamment le besoin d’être admiré, de dominer et de séduire. L’enfant manifeste la volonté de vivre plus intensément que les autres au cœur de la nature d’abord, puis au cœur du vivant.
Lucile et MaO ont choisi de nous la présenter en trois temps :
D’abord à travers les nombreuses photos qui jalonnent une biographie riche et documentée. Ensuite par le biais de lectures courtes et évocatrices qui illustrent un parcours littéraire foisonnant, une œuvre riche et jaillissante. Enfin au moyen de croquis, tableaux ou caricatures qui prouvent à quel point elle a fasciné ses contemporains. Les photos nous la montrent d’une étonnante modernité, gracieuse et séduisante, provocatrice aussi.
Son premier mari, Willy, qu’elle épouse à 20 ans, l’incite à développer son talent d’écriture. Et c’est dans la terre de Saint-Sauveur-en-Puisaye qu’elle puise la force de son inspiration. Profondément enracinée dans cette terre, elle s’y sent reine.
« Ne cessant d’éclore pendant trois quarts de siècle », elle se libère en 1906 du joug conjugal pour se lancer dans le music-hall et dans la pantomime. Peaufinant son corps comme une œuvre d’art, elle fait scandale par les longs voiles dans lesquels elle se drape, seins nus, et par une relation homosexuelle sulfureuse avec Missy, Marquise de Belbeuf. Mais cette liberté se paie du prix de la solitude ; c’est tout à la fois un vin grisant, un tonique amer et un poison !
Elle épouse en 1912 le journaliste Henry de Jouvenel dont elle aura une fille : Bel-Gazou. Elle entretient, par ailleurs, avec son beau-fils Bertrand de Jouvenel, de 30 ans son cadet, une liaison secrète (de 1920 à 1925) qui a sans doute nourri l’un de ses chefs d’œuvre : Le Blé en Herbe publié en 1924.
Un troisième époux, -on n’arrive pas à s’en passer- dit-elle, Maurice Goudeket, l’accompagne dès 1935. Arrêté par la Gestapo, il est libéré grâce à l’intervention de Colette. De 16 ans son cadet, il partage désormais avec elle voyages et séjours jusqu’à la Treille Muscate. Est-ce ma dernière maison, se demande-t-elle ?
Les extraits choisis et lus par nos amies, illustrent le talent de Colette et son art de l’évocation.
Les textes sont regroupés autour de thèmes dominants.
- Ce qui la caractérise, c’est sa sensibilité à la nature. Elle évoque avec poésie et délicatesse l’arrivée du printemps ou son émerveillement devant l’apparition des violettes.
- Profondément marquée par la personnalité de sa mère, elle brosse un portrait sensible et tendre de Sido.
- Passionnée par les animaux, elle entretient avec les chats, omniprésents dans sa vie (plus de 50 compagnons) une relation privilégiée. La Chatte restera à tout jamais sans nom. Ce sera sa préférée, parce qu’unique dans sa singularité anonyme.
- Colette cultive l’art de vivre et le repas constitue pour elle une « fête des papilles et de l’esprit ».
- L’amour sous toutes ses formes tient une très grande place dans sa vie et dans son œuvre, elle en connaît toutes les joies, tous les méandres et toutes les affres aussi.

Les croquis, peintures ou caricatures patiemment rassemblées par Lucile et MaO montrent, s’il en était besoin, à quel point elle a été reconnue par ses pairs.
On peut citer parmi les plus célèbres : Matisse, Cocteau, Toulouse-Lautrec et bien d’autres … 
Il faut savoir que son œuvre lui valut d’être reçue à l’Académie royale de Belgique, à l’Académie Goncourt, d’être promue au grade de grand-officier de la Légion d’Honneur et qu’elle eut droit à des funérailles nationales.
Lucile et de MaO, nous donnent avec brio, à travers l’œuvre de Colette, une belle leçon.
Elles nous incitent à rester comme elle, en cette période troublée, au cœur du vivant !
D.VDB