Fédération Française du Lyceum Club International

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Conférence "A qui ce kimono"

Date : 14 mars 2019

Notre découverte du Japon se poursuit allègrement et intimement puisque jeudi, bien installées dans le salon de Catherine, nous sommes sous le charme de deux jeunes femmes japonaises.
L’une Satchiko, en kimono, chignon haut, petites socquettes blanches sur des tongs surélevés, ne s’exprimera qu’en japonais et représentera le Japon traditionnel. L’autre, Watiko, plus grande, en robe courte noire, représentera le Japon moderne et nous traduira au fur et à mesure les propos de Satchiko. Toutes deux nous initieront à l’art du kimono et transformeront Michèle en geisha de charme !
Ce kimono qui nous intrigue, qui embellit les femmes, mais au prix de quelques sacrifices de liberté, a bien sûr une histoire très ancienne.
On peut le dater vers 780

Fait d’une seule pièce, très long et composé de 12 couches, il était porté à Kyoto, la capitale de l’époque.
Ensuite tous s’en revêtiront : princes et princesses mais aussi paysans, commerçants, nobles. Il se distinguera bien sûr par les motifs et les matières.
Puis, raccourci, il sera porté avec des bottes mais aussi des pantalons. Parallèlement l’art de la coiffure évoluera pour tendre vers plus de simplicité.
Le kimono sera toujours porté pour une cérémonie, un événement marquant : rentrée des classes par exemple au collège, au lycée...
A chaque âge de la vie, son kimono ! Il est associé à des rites. A la naissance par exemple, les grands-parents maternels habillent le bébé, l’enveloppent dans un kimono et se rendent au sanctuaire.
A 3 ans, le premier kimono est en soie, coloré et possède la large ceinture : le obi.
A 5 ans, 7 ans, 20 ans le kimono sera différent. Ainsi les manches plus courtes seront la marque des femmes mariées. Le kimono, fait de bandes, respectera toujours les motifs, les couleurs pour qu’ils s’harmonisent avec le obi.
Les écoles de geishas apprendront aux jeunes femmes le maquillage, la danse et l’art de porter le kimono.

L’habillage, long et sophistiqué, est constitué de nombreuses étapes : sous-vêtement constitué d’un premier kimono, ceinture pour aplatir ventre et poitrine, le kimono lui-même, puis une bande pour le remonter et donner de l’aisance, un obi doublé d’un carton pour qu’il tienne bien droit, un petit coussin qui gonfle le nœud du dos et enfin, pour parfaire l’ensemble, une cordelière qui serre le tout !
Michèle se prête de bonne grâce à la lente transformation qui fera d’elle une geisha accomplie !

Quelle chance pour nous d’avoir rencontré Watiko et Satchiko, car nous savons bien qu’aujourd’hui les jeunes japonaises ne veulent plus du kimono. Ce sont les « étrangères : Coréennes ou Chinoises qui revêtent cette parure traditionnelle. Voilà donc un art ancestral qui risque de disparaître.
14.03.2019 A.O.