Fédération Française du Lyceum Club International

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Conférence sur Talleyrand

Lieu  : Mortemart

Date : 7 novembre 2015

Le samedi 7 novembre nous étions une quarantaine de Lycéennes et certains de leurs maris réunis chez Véronique et Dominique Désert pour écouter une conférence faite par Georges Lefaivre, qui a été pendant 3 ans Président de l’Association des Amis de Talleyrand. Conférencier passionné et passionnant.

« Charles Maurice de Talleyrand-Périgord, ou le parcours d’une enfance malheureuse jusqu’au plus célèbre diplomate du monde »

Né le 2 février 1754 à Paris, Charles Maurice de Talleyrand-Périgord, a eu une enfance malheureuse en raison d’une infirmité, un pied bot. Il est mis à l’écart par ses parents, ne peut faire la carrière militaire qu’il aurait dû avoir et est orienté par ses parents dans une vie religieuse sans en avoir la vocation. Il étudie pendant 5 ans au séminaire de Saint Sulpice et est ordonné prêtre à Reims. Malgré ça il plaisait aux dames et avaient de nombreuses liaisons.
Il bénéficiera de la protection de son oncle Alexandre Angélique de Talleyrand, ce qui lui assurera une carrière ecclésiastique brillante. De 1780 à 1785 il est Agent Général du Clergé, c’est-à-dire qu’il gère les finances de l’Eglise. Cette charge l’amène à défendre les biens de l’Église face aux besoins d’argent de Louis XVI. Pour remplir cette mission il s’initie à l’économie et à la Finance.
En 1789 Talleyrand est nommé évêque d’Autun grâce à l’intervention de ses parents. Là il est élu député du clergé d’Autun aux Etats généraux de 1789 et rédige les cahiers de doléances. Il ne reste à Autun que 2 mois car il part à Paris pour l’ouverture des Etats Généraux.
Il participe à la Constituante, décrète la nationalisation des biens du clergé ce qui lui attire l’hostilité de la noblesse qui lui donne le surnom de « diable boiteux ». Il participe à la rédaction de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, en particulier l’article 6 : « La loi est l’expression de la volonté générale. […] Elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. »
Il est favorable à l’instruction publique pour tous y compris les femmes.
En 1792 il est envoyé en mission à Londres pour négocier la neutralité des britanniques dans les guerres menées par la France ; Puis il est déclaré interdit de séjour en Angleterre et part aux Etats-Unis où il vit de 1792 à 1794 à Philadelphie, New York et Boston. Il cherche à faire fortune, grâce à la spéculation sur les terrains, il arme même un navire pour commercer avec l’Inde, mais pense surtout à revenir en France. Après la chute de Robespierre et avec l’appui de Mme de Staël il obtient la levée du décret d’accusation à son encontre et peut rentrer en France. Il rencontre Barras avec qui il va s’allier et qui va lui obtenir la nomination de Ministre des Relations extérieures du Directoire.
Le 13 juillet 1799, en désaccord avec le Directoire il démissionne du ministère qu’il quitte le 20 juillet. Il se consacre à la préparation du coup d’État du 18 Brumaire (9 novembre 1799) en conspirant contre le Directoire avec Bonaparte et Sieyès. Bonaparte le nomme à nouveau Ministre des relations extérieures, il devient le bras droit de Bonaparte et prépare la campagne d’Egypte.
Rédacteur du concordat de 1801 qui restaure la paix religieuse en France Talleyrand obtient du pape Pie VII la levée de l’excommunication et le retour à la vie séculière. Ceci lui permet d’épouser la belle Madame Grand, de petite vertu, dont il était tombé amoureux.
En 1803, avec l’aide financière de Napoléon il acquiert le Château de Valençay où il séjourne régulièrement et s’attire la sympathie des paysans et du personnel.
Nommé grand chambellan le 11 juillet 1804, Talleyrand assiste le 2 décembre au sacre de Napoléon Ier. Il suit l’empereur dans toutes ses campagnes. En 1805 après la reddition de l’Autriche à Ulm Talleyrand conseille à Napoléon la modération vis-à-vis de l’Autriche, il propose de lui donner la Valachie, la Moldavie et la Transylvanie pour qu’elle ne se sente pas humiliée et devienne une alliée contre la Russie. Mais Bonaparte refuse de suivre ses conseils. Après la victoire d’Austerlitz Talleyrand signe à contrecœur le traité de Presbourg (26 décembre 1805), annonçant la création de la Confédération du Rhin, qu’il rédige sur ordre de l’empereur. Mais comme il adoucit les conditions imposées à l’Autriche, Napoléon le suspecte d’avoir été corrompu.
En 1806 Bonaparte donne à Talleyrand la principauté de Bénévent, état confisqué au Pape, dans lequel il n’ira jamais se contentant d’y envoyer un gouverneur. Toutefois il en tire des ressources qu’il réinvestit dans la principauté en faisant construire des écoles et des hôpitaux.
Talleyrand est déçu par Bonaparte, en particulier lorsqu’il doit, à la suite de la campagne de Prusse, rédiger le projet de Blocus Continental qui affaiblit l’Angleterre. Il assiste à la tragique bataille d’Eylau, rédige et signe le traité de Tilsit et se déclare « indigné » par le traitement réservé aux vaincus, en particulier la reine de Prusse. Il décide alors de démissionner du Ministère des Relations Extérieures. C’est ce qu’on appelle le début de la trahison qui se concrétisera lors de l’entrevue d’Erfurt avec le Tsar de Russie, le 27 septembre 1808 au cours de laquelle Talleyrand va déconseiller à Alexandre de s’allier avec Napoléon.
En 1809 alors que Napoléon est engagé dans la guerre d’Espagne meurtrière et sans intérêt, Talleyrand s’allie à Fouché pour évincer Napoléon qui apprend la conjuration et accourt à Paris à cheval. Il convoque Talleyrand aux Tuileries et l’abreuve d’injures. Il lui retire son poste de grand chambellan, mais le gardera toujours comme conseiller. En 1811 il le tirera même de ses ennuis financiers en lui achetant l’hôtel Matignon.
En 1814 les Alliés arrivent à Paris et imposent l’abdication de Napoléon.
Le 1er avril 1814, le Sénat conservateur élit Talleyrand à la tête d’un « gouvernement provisoire ».
Le gouvernement provisoire ne dure qu’un mois. Le 1er mai, Talleyrand rejoint Louis XVIII à Compiègne. Le 13 mai, Talleyrand, déçu dans son ambition de présider le ministère, est nommé ministre des Affaires étrangères. Il signe le traité de Paris qu’il a négocié : la paix entre la France et les Alliés, le retour aux frontières de 1792 et l’annonce du Congrès de Vienne, dont les bases sont posées. Le roi le fait enfin « prince de Talleyrand ».
En 1815 au Congrès de Vienne, Talleyrand qui était seulement invité à y participer va retourner la situation et éviter la division de la France. La France vaincue va retrouver une place prépondérante en Europe.
Lors des « Cent jours » les Alliés deviennent très durs avec la France, Talleyrand a une position difficile à tenir car on lui reproche de ne pas avoir assez éloigné Napoléon.
Après la bataille de Waterloo Talleyrand rejoint le roi à Mons. Talleyrand conserve son poste, et, le lendemain de l’arrivée du roi aux Tuileries, le 9 juillet 1815, il est nommé de surcroît président du Conseil des ministres, malgré l’opposition des ultras.
Talleyrand présente le 19 septembre sa démission afin d’obtenir un refus et le soutien du roi. Mais ce dernier, sous la pression des ultras et du tsar Alexandre, accepte le 23 septembre et change de ministère, appelant un gouvernement mené par le duc de Richelieu.
Talleyrand ne revint aux affaires qu’avec l’avènement de Louis-Philippe ; une fois roi, celui-ci , après avoir souhaité faire de Talleyrand son ministre des Affaires étrangères, le nomme rapidement, à sa demande, ambassadeur extraordinaire à Londres, afin de garantir la neutralité du Royaume-Uni vis-à-vis du nouveau régime. Talleyrand obtiendra le rétablissement des relations entre les deux pays.

Talleyrand meurt à 85 ans à Valençay après avoir négocié son retour à la religion.
En conclusion on peut retenir de lui sa grande compétence diplomatique, son rôle dans la reconnaissance des droits des hommes et des femmes, son action sur l’élargissement de l’instruction publique, la déclaration de l’égalité de tous devant la loi et devant l’impôt.