Fédération Française du Lyceum Club International

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DU DÉCHET À LA RESSOURCE

Lieu par Vincent Le Blan

Date : 6 décembre 2018

Avant d’entrer dans le vif du sujet, Vincent Le Blan reconnaît avoir eu une vie professionnelle passionnante dans le secteur d’activité du traitement des déchets.

Concernant ESTERRA il apporte des précisons sur cette entreprise privée :
- 45% des parts à Veolia Environnement – 45% à Suez et 10% à M. Pierre Ouvrie, le fondateur, ayant conservé ces parts faute de repreneurs.
Veolia et Suez sont les deux plus gros « mastodontes » dans ce secteur au plan national et international.
D’autre part, il définit le rôle de la FNADE qui est de défendre les intérêts des membres de la Fédération dans l’élaboration des textes législatifs (Assemblée Nationale et Sénat) ou réglementaires (Ministère de
l’Environnement) mais également au niveau européen.

Film humoristique tourné à l’Hospice Comtesse en costumes du XVIIIème siècle mettant en scène le Gouverneur de Lille, le médecin Ducrocq récemment arrivé en ville et deux fabricants-commerçants, l’un tanneur, l’autre boucher : M. Crépy et M. Prouvost. Le docteur Ducrocq déplore l’insalubrité du ruisseau s’écoulant derrière sa propriété, insalubrité due aux rejets par la tannerie et la boucherie, l’accumulation des immondices dans les rues et flottant sur les canaux et rivières, tout ceci source de maladies (peste, choléra) et d’odeurs nauséabondes. Le tanneur et le boucher se défendent arguant qu’ils servent les intérêts économiques de la Cité contre le médecin défendant les intérêts sanitaires de ses concitoyens et le sien propre. Le jugement du Gouverneur ne satisfait personne car il ordonne aux tanneur et boucher de construire à leurs frais un petit muret le long de la propriété du médecin ce qui ne répond pas à la demande de celui-ci.
Ce petit film nous fait toucher « des yeux » un problème persistant de nos jours entre enjeux économiques et le NIMBY (Not In My Back Yard) autrement dit : « Pas dans mon jardin »
Exemple de nos jours : le problème de Notre Dame des Landes.
Il en ressort qu’il est très difficile d’implanter des centres d’incinération ou de compostage dans les communes qui n’en veulent pas.

Historique de la collecte des déchets :
Dans un tour d’horizon très bien fait, par les photos des différentes évolutions de la « benne à ordures »
nous pouvons apprécier les progrès réalisés au cours des années, tant sur le plan sanitaire que sur celui
des éboueurs.

Quatre thèmes composent la logistique de ce secteur du déchets : traction, équipements, conteneurs, lève-conteneurs. De l’hippomobile à la benne en usage de nos jours, quelle révolution !

- Hippomobile de 1875 à 1920. Les ordures, dans un travail épuisant et insalubre, sont ramassées et déversées par des hommes costauds dans des tombereaux à l’air et odeurs en toute liberté !...
- De 1920 à 1975, arrivent les automobiles à moteur thermique. On passe de l’essence au diésel
en 1952 et aux roues pneumatiques remplaçant celles à bandages pleins. Les tombereaux s’amélioreront au fil du temps. Au début, pas de cabine pour le chauffeur (progressivement la conduite se fera à l’intérieur d’une cabine), pas non plus de gilet de sécurité pour les ouvriers qui ramassent dans les 700kg par jour et par personne. En 1940, mise en place d’un lève-conteneur à ressort qui deviendra hydraulique dans les années 30 et les bennes seront également équipées d’écoutilles coulissantes limitant odeurs et envols.
Ces progrès seront poursuivis grâce à la benne à compaction inventée par l’ingénieur Rey faisant passer de 3,2 tonnes (tombereaux) à 5,3 tonnes le ramassage des déchets.
- A partir de 1975, les bennes seront à compression hydraulique.
- En 1990, les lève-conteneurs deviennent automatiques et les bennes sont compartimentées.

En 1913, Paris produisait 800.000 tonnes de déchets à l’année, soit 2.200 tonnes/jour évacuées par 750 tombereaux tirés par 1.500 chevaux à l’aide de 3.000 ouvriers.
Les déchets par habitant évolue comme suit :
1872 > 170 kg / 1892 > 195 kg / 1912 > 225 kg / 1934 > 290 kg / 1955 > 280 kg / 1968 > 388 kg.

Dans les années 80, pour faire face à la production croissante d’emballages en carton et en plastique,
la technique de chargement doit évoluer. De la benne à griffes on passera à la benne à queue de carpe pour généraliser progressivement la technique de la benne à plaque permettant d’améliorer nettement le taux de compaction.

- Description de l’évolution des poubelles de 1875 à nos jours.
Tout d’abord paniers, elles seront en plastique et caoutchouc en 1945. L’inconvénient de celles-ci étant de fondre au contact des cendres chaudes, de nouvelles poubelles seront produites en acier (35 à 100 litres), mais seront plus lourdes. Elles deviendront hermétiques ultérieurement puis bacs roulants (120 litres) et bacs compartimentés de nos jours. Les lève-conteneurs seront adaptés en conséquence apportant réponse au poids de plus en plus importants des récipients à soulever.
Grâce soit rendue au Préfet de la Seine, Eugène Poubelle qui, lassé par la saleté extrême des rues à Paris,
signa en 1884 un arrêté préfectoral imposant à tous les propriétaires d’immeubles de mettre à disposition des locataires des récipients communs pour y verser les déchets ménagers.

Dans les pays nordiques une collecte pneumatique est mise en pratique.


Une trilogie de « vide-ordures » à tri sélectif est mise en place. Aspirés selon leur sélection, les déchets rejoignent un point de compactage pour être emportés par des camions bennes.

Composition des déchets municipaux  :

Faits marquants :

* Allongement de la durée de vie des produits
* Programme de prévention (entre 2010 et 2020 baisse de 7% des déchets ménagers et assimilés)
* Interdiction des sacs en plastique à usage unique en caisse
* Renforcement amplifié des filières de responsabilité du producteur (huiles, papiers graphiques, D3E,
meubles, piles, lampes etc...)
* Tarification incitative (factures en fonction du poids, du volume présenté - puces électroniques
installées sur les poubelles)
* Découplage entre l’évolution de la démographie et la production des déchets
* Recul du stockage

Responsabilité élargie du producteur  :
- En France, le principe de la responsabilité élargie des producteurs (REP) existe dans la loi
depuis 1975 et est codifié dans le code de l’environnement : « Il peut être fait obligation aux
producteurs, importateurs et distributeurs de ces produits ou des éléments et matériaux entrant
dans leur fabrication de pourvoir ou de contribuer à l’élimination des déchets qui en proviennent. »
- Objectif : développer le recyclage, décharger les collectivités locales du coût de la gestion de ces déchets, internaliser dans le prix de vente du produit neuf le coût de la gestion de la
fin de vie.
- Graphique de la responsabilité élargie du producteur  :


Hiérarchie des modes de traitement
 :
La directive cadre Déchets Européens, dans sa transposition en Droit Français, introduit le
concept de hiérarchie des modes de gestion des déchets qui doit prévaloir par défaut dans
toute décision relative à cette gestion. Sont classés par ordre de priorité :
* la prévention
* la préparation en vue du réemploi
* le recyclage
* les autres formes de valorisation, notamment énergétique
* l’élimination

Interdiction d’importation en Chine de certains déchets à recycler :
La Chine vient d’interdire l’importation de certains déchets de l’étranger notamment de plastique usagé qui était recyclé dans de mauvaises conditions sur le sol chinois (25 millions de tonnes). La disparition de ce débouché inquiètent en Europe les entreprises de collecte qui croulent sous les déchets qu’elles ne peuvent absorber pour le moment. « Ces tonnes-là qui partaient jusqu’à aujourd’hui vers la Chine vont venir engorger les usines de recyclage qui sont déjà bien fournies en matières recyclées et ne peuvent donc aujourd’hui en prendre beaucoup plus. »


LOUISE BRABANT ,ANOUCHE THÉODORE