Fédération Française du Lyceum Club International

Fédération Française du Lyceum Club International

Accueil > Clubs > GRENOBLE > Dans les pas de Jongkind
Version imprimable de cet article

Dans les pas de Jongkind

Date : 12 septembre 2018

A Grenoble, de Jongkind, on connaît surtout le quai éponyme qui borde l’Isère.
C’est à la découverte de ce peintre néerlandais, l’un des précurseurs de l’Impressionnisme, que nous convie notre amie Jacqueline Franco, dans la vallée de la Bourbre
. Au rendez-vous : 17 Lycéennes émerveillées par les tourelles aux tuiles vernissées du château de Pupetières, restauré par Viollet-le-Duc, qu’elles auraient bien aimé visiter.
Mais l’objectif est tout autre. Nous sommes attendues par les arrière-petits-enfants de la compagne du peintre, Joséphine Fesser. Ils ont fait le projet d’apposer une plaque commémorative sur la petite maison du hameau de Mallien à Virieu. Jongkind y passa plusieurs étés entre1873 et 1878, en compagnie de son « bon ange », sillonnant la campagne dauphinoise avec son chevalet.

Dominique Fesser-Anjot et Henry Fesser les descendants de Joséphine, évoquent le passé et l’histoire de cet homme bon et généreux, accueilli dans cette famille comme un des leurs. Louis Fournier, historien régional, spécialiste de Jongkind, nous guidera avec passion tout au long de cette journée. Le cocktail à base de Chartreuse nous met en appétit pour de belles découvertes.
Un joyeux pique-nique, installé dans le parc de Sabine Paliard (la fille de Jacqueline,) sous les arbres séculaires, constitue une pause bienvenue, avant d’entamer la grande aventure !

Première étape : la gare de Châbons. C’est à partir de là que Joséphine et Johan découvrent la vallée. En fait, ils viennent retrouver Jules Fesser, le fils de Joséphine, cuisinier au château. Le peintre est séduit et il parcourt la région, carnet de croquis à la main, multipliant les aquarelles et les dessins, assortis de commentaires circonstanciés.

Nous faisons halte sur la place de l’église, puis dans le cimetière de Blandin où nous nous attardons devant la tombe des Fesser. Ces lieux constituent une source d’inspiration pour l’artiste. Formé à l’école des maîtres hollandais, il aime à peindre des paysages bucoliques, où il glisse des figures de gens au travail ou des silhouettes d’animaux.

Sur la place du Trêve, nous avons la chance de profiter des connaissances d’un critique d’art néerlandais, Jan van Seggelen qui s’est joint à notre groupe en compagnie de son épouse. Il nous expose, dans un français choisi et irréprochable, la différence entre l’aquarelle et l’huile.

L’approche est rapide pour l’aquarelle, lente pour l’huile. L’une pourrait être qualifiée d’ « œuvre finie », l’autre d’ « œuvre faite ». Louis Fournier nous raconte malicieusement qu’il a détenu (pendant une demi-heure) une aquarelle de Jongkind représentant cette place. Très généreusement, il a choisi d’en faire don à la ville. Il serait intéressant, nous dit-il, de pouvoir comparer une aquarelle et une huile représentant le même sujet. Une grande exposition consacrée à Jongkind nous offrira peut-être un jour cette chance…
Nous terminons notre périple devant le château de Virieu que nous laissons à regret, sans y pénétrer.
Ce sera l’objet d’une autre escapade !
Revenues à notre point de départ, devant la petite maison qui surplombe Pupetières, nous devisons amicalement sur la complicité et la complémentarité de Jongkind et de son « bon ange » Joséphine.
Originaires tous deux des Pays-Bas, passionnés de voyages et de peinture, ils sont nés et morts la même année. S’agit-il vraiment d’un hasard ?
Il lui témoignait confiance et respect, la faisant sa légataire universelle pour toutes ses « bontés » !
Elle le protégeait de ses démons, et en particulier de l’alcool, admirant sa générosité, sa fidélité aux siens et à ses amis. « Le père Jonquille », comme le surnommaient les petits, se plaisait en effet dans la compagnie des gens simples, des enfants et des animaux.

Ce grand peintre, trop peu connu encore, a pour fidèle défenseur Louis Fournier qui nous a offert une bien jolie évocation : l’histoire d’une vie, racontée en mots et en images.
12/09/2018 - D.VDB