Fédération Française du Lyceum Club International

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Exposition du peintre Jongkind

Date : 26 septembre 2019

Sur les pas de Jongkind… De Pupetières au musée Hébert
Il y a tout juste un an, en septembre 2018, à Pupetières (commune de Châbons) et à Virieu nous suivions les traces de Jongkind dans le Dauphiné.
Nous le retrouvons, cette année, au musée Hébert qui lui consacre une importante rétrospective pour le bicentenaire de sa naissance. Seize musées et de nombreux particuliers ont accepté de prêter plus d’une centaine d’œuvres.
Etrange aventure (assez semblable à celle de Hébert) que celle de cet homme destiné au droit qui réussit, avec le soutien de sa mère et de son âme-sœur Joséphine, à s’imposer dans l’univers pictural.
Sa formation est solide. A La Haye et à Paris, il travaille avec des maîtres réputés, comme Schelfhout ou Isabey.

Ce grand diable aux yeux bleus, « gauche comme un marin à terre » (selon Signac) s’avère à la fois candide et méfiant. Doué pour le dessin et l’aquarelle il remplit de nombreux carnets de croquis qu’il utilise ensuite dans son atelier.
Situé entre l’école de Barbizon et les impressionnistes, il associe les traits épais du fusain et le jeu des transparences. Ses ciels, animés d’un mouvement perpétuel, sont à la fois légers et vaporeux. Le blanc de la neige, magnifié par le bleu phtalo, confère aux patineurs, à la fois, pittoresque et élan. Boudin se plait à dire que chez lui « le mouvement est travaillé comme un instantané ».
En homme de la mer il aime représenter tous les types d’embarcation, intégrant la modernité dans ses compositions.

Ses constructions rigoureuses respectent les lignes de fuite. On peut parler chez lui de perspective atmosphérique. On observe souvent des empâtements de blanc au cœur de l’œuvre.
Outre les paysages, il n’hésite pas à représenter des scènes populaires, comme la lessive ou l’intérieur de la brasserie Georges à Lyon.
« Plus on regarde ses aquarelles, plus on se demande comment c’est fait », tant se dégagent de ces petits dessins tout simples, charme et spontanéité, espièglerie parfois aussi. Son talent est protéiforme, son œuvre multiforme, soutenue par une technique solide.
Il excelle et s’illustre tant dans la gravure que dans l’aquarelle, l’huile ou à l’encre. Il associe la tradition des paysagistes hollandais et les innovations des artistes parisiens pour représenter la nature. Manet considère qu’il est « le père du paysage moderne ».
Cet homme attachant, cultivant l’amitié et la dive bouteille, suscite solidarité et générosité.
(Pas moins de 90 artistes proposent leurs propres œuvres aux enchères pour permettre à Jongkind d’échapper à ses créanciers !)
Monet dira de celui qu’on considère comme le précurseur de l’impressionnisme, qu’il lui doit « l’éducation définitive de son œil » !
26.09.2019 D.VDB