Fédération Française du Lyceum Club International

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Julia DAUDET

Date : 5 avril 2012

Julia Allard naît en 1844 à Paris dans une famille aisée, d’un père ébéniste dans le Marais et d’une mère aristocrate, poétesse, amie entre autres de Marceline Desbordes-Valmore. Elle est élevée dans une ambiance artistique et intellectuelle et écrit elle-même, très tôt, des poèmes qu’elle publie sous le nom de sa grand-mère. Elle rencontre Alphonse Daudet au théâtre alors que ce dernier occupe la loge voisine de la sienne. Ces rencontres sont organisées par les amis et la famille. Elles aboutissent à des fiançailles en 1866 suivies d’un mariage auquel assistent de nombreuses personnes des milieux intellectuels de l’époque (ex. Frédéric Mistral).Le voyage de noces se fait en Provence (Alphonse Daudet est né à Nîmes) mais Julia s’ennuie car elle n’adhère pas à la mentalité et au comportement des méditerranéens. Le couple revient donc à Paris, à l’hôtel de Lamoignon où Julia met leur premier enfant au monde : Léon.
Alphonse Daudet vit dans un grand confort grâce à la richesse de sa femme. Il laisse de côté son métier de chroniqueur et mémorialiste et se consacre uniquement à sa carrière littéraire. Julia, de son côté, renonce à la sienne et travaille en parfaite collaboration avec son mari, participant à la mise en forme des textes dans lesquels on pourra retrouver son propre style.
Le père de Julia ayant remboursé toutes les dettes d’Alphonse (contractées avant le mariage) ce dernier, libéré des contraintes de la pauvreté, commence de son côté à bien vivre de la publication de ses romans et s’enrichit après une période de vaches maigres.
Julia se lance à nouveau dans une vie mondaine, organise des dîners fréquentés par des gens connus. C’est une véritable ascension sociale : ils vivent désormais place des Vosges où naît un deuxième garçon, Lucien, vont au théâtre presque tous les jours. Julia, adulée et entourée d’hommes dans ses salons littéraires, s’habille chez les grands couturiers.
En 1886 naît une fille, Edmée.
Léon, le fils aîné épouse, en 1891, la petite-fille de Victor Hugo.
Mais tout n’est pas parfait dans cette vie bien réglée en apparence. Julia surprend Alphonse en flagrant délit d’adultère et devient dépressive. Elle surmonte ses problèmes pour soigner son mari de plus en plus malade des suites d’une syphilis contractée dans sa jeunesse. Leur grand ami Edmond de Goncourt vit à Champrosay une longue agonie auprès d’eux et il cèdera sa fortune aux enfants Daudet.
Après le décès de son mari, Julia va voyager beaucoup, puis essayer de retrouver le cadre de sa jeunesse : le château de Pray qu’elle loue, puis achète en 1912. Elle s’y consacrera à la promotion de l’œuvre de son mari, écrira elle-même des poèmes mélancoliques, y vivra en harmonie avec les habitants de Changé où elle fera du bien aux pauvres. En réalité, elle ne se consolera jamais de son veuvage.
Son fils aîné, séparé de Jeanne, se remariera avec Marthe, une cousine doublement germaine (le frère de sa mère ayant épousé la sœur de son père) avec laquelle il aura 3 enfants.
Son fils Julien aura une liaison avec un ami proche : Marcel Proust.
Sa fille se mariera et aura 5 enfants. Elle décédera en 1937, à Changé.
Quant à Julia, elle s’éteindra “comme une chandelle” à 96 ans, le 23 avril 1940 et sera enterrée à côté d’Alphonse, au Père Lachaise.
Ses contemporains, la trouvant trop pieuse et trop bourgeoise, n’ont pas toujours été tendres avec elle, mais n’oublions pas qu’elle a été une des fondatrices, en 1904, du Prix Fémina. Et quelle carrière littéraire aurait-elle menée si elle n’avait pas choisi de vivre dans l’ombre du grand écrivain Daudet ?? M-F. J.