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L’Histoire commence en Mésopotamie par Catherine Legoff

Lieu musée Louvre -Lens

Date : 12 janvier 2017

"Que l’histoire commence à Sumer” est une vérité qui est restée longtemps bien cachée. Redécouverte au XIX ème siècle par des diplomates du corps consulaires ( Paul-Emile Botta) , passionnés d’archéologie et de civilisations disparues, la Mésopotamie a contribué à enchanter le monde par ses mythes et légendes qui ont subitement vieilli Noé avec l’histoire d’Um-Naphisti, premier récit du Déluge ; Gilgamesh précède Hercule…Ces merveilleuses connaissances ont été possible grâce à l’invention de l’écriture ( vers 3200 av J.C.). Ecriture devenue passion puisque cette civilisation aux multiples royaumes écrit tout, de l’organisation du monde, aux contrats de location de palmeraie en passant par les contrats de mariage , d’adoption…

Pour conférer aux évènements les plus importants une authenticité et surtout une sécurité, on en confie la garde aux dieux, si divers et présents , sous la forme de sceaux -cylindre ( vers 200 av : J. C).
Le premier des hommes à vénérer le dieu est bien sûr le roi, bâtisseur par définition ou contrainte. Privés de pierre par la décision des dieux, ce peuple est contraint de construire en argile, matériau fragile. Toutefois, pour les constructions les plus prestigieuses, la cuisson se pratique, rendant les briques beaucoup plus résistantes, la porte d’Ishtar( 605-562 av. J.C.) étant un des plus beaux exemples de décor somptuaire.

Ces palais sont le fruit d’influences complexes parmi lesquelles on trouve la crainte des dieux qui oblige autant à les vénérer qu’à les redouter. Ces relations sont encore mystérieuses sur de nombreux aspects.
La dévotion aux dieux s’illustre par des représentations qui figurent parmi les plus anciennes. Ainsi, cet attribut du dieu Marduk, le taureau (vers 2600-2340 av. J.C.) souligne la profonde observation de ce peuple et sa volonté de représenter les animaux avec un grand réalisme. L’orant Ebih-Il conserve à travers le temps sa capacité d’émotion avec son sourire bienveillant et ses yeux largement ouverts ( vers 2340 av J.C)

. Mais, c’est peut être le vase cultuel « d’Enmetena », voué au dieu Ningirsu et représentant son attribut, l’orage, sous forme de lion ailé qui s’attachera l’admiration intemporelle des hommes …et peut être des dieux.

Catherine Legoff , France Chevillotte et Bénédicte Wambergue