Fédération Française du Lyceum Club International

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L’OSTEOPOROSE

Date : 28 février 2019

"L’ostéoporose, longtemps muette mais potentiellement grave" par Christian Marcelli, professeur des universités et chef du service de rhumatologie au CHU de Caen.
L’ostéoporose est une maladie dite "muette" ou "silencieuse", car elle ne présente pas de symptômes et ne se révèle que lorsque survient une fracture. C’est une affection généralisée du squelette caractérisée par une masse osseuse basse et une altération de la micro architecture du tissu osseux, responsables d’une augmentation de la fragilité osseuse et par conséquent du risque de fractures.
En France, sur 10,5 millions de femmes ménopausées, 1/3 sont ostéoporotiques et 1/7 de ce tiers ont déjà eu une fracture. En comparaison, seulement 1/8 des hommes de plus de 50 ans sont ostéoporotiques. Chez la femme, cette maladie est le plus souvent observée après la ménopause car celle-ci entraîne un déficit en œstrogènes, qui favorise l’ostéoporose. De nombreux facteurs accessibles à une prévention peuvent accélérer la perte de masse osseuse et augmenter le risque de développement de l’ostéoporose : une ménopause non traitée, une carence en vitamine D et en calcium, la consommation excessive de tabac et d’alcool, la sédentarité ou une immobilisation prolongée, la prise de corticoïdes pendant une longue durée, l’hypogonadisme (diminution des hormones sexuelles), l’hyperthyroïdie et l’hyperparathyroïdie. D’autres facteurs ne sont pas accessibles à une prévention : l’hérédité, une ménopause précoce, un indice de masse corporelle faible, l’appartenance à la race caucasienne (c’est la nôtre, les femmes noires et asiatiques sont peu concernées).
Quelle est l’évolution de la masse osseuse ? Pendant la croissance la masse osseuse se développe, avec un pic atteint vers l’âge de 20 ans. Dès l’âge de 40 ans on commence à perdre de cette masse osseuse et à partir de 50 ans elle diminue rapidement chez la femme ; toutefois cette perte est variable d’une femme à l’autre. La seule manifestation de l’ostéoporose est la douleur liée à la survenue de fractures consécutives à des traumatismes minimes, par exemple à la suite d’une simple chute de sa hauteur. Ce sont les vertèbres, le col du fémur, les os du poignet et de l’avant-bras, le col de l’humérus à l’épaule qui sont les plus fréquemment atteints lors des fractures. Les fractures vertébrales représentent 50% des fractures ostéoporotiques. Si plusieurs se sont constituées, ces dernières, parfois indolores, peuvent entraîner un tassement des vertèbres, une perte de taille, une cyphose (exagération de la convexité de la région dorsale donnant au dos une position trop arrondie). Après une fracture du col du fémur, 15 à 25 % des femmes sont admises en institutions, 25 à 35 % ont besoin d’une aide à domicile et 50% ne retrouvent pas une autonomie complète. 40% des femmes qui ont entre 50 et 85 ans font une fracture !
L’ostéoporose est une maladie dépistable, le diagnostic repose sur la mesure de la densité osseuse par densitométrie osseuse. La mesure s’effectue sur deux sites : le rachis lombaire et la région du col du fémur. Cet examen doit être réalisé dans le cas d’une fracture non traumatique, d’une ménopause précoce, de la mise en route d’une corticothérapie.
Comment prévenir l’ostéoporose ? Il faut investir dans un squelette plus robuste et, dans ce but, les moyens non médicamenteux sont essentiels ; il faut éliminer le tabac, réduire la consommation d’alcool, privilégier une alimentation riche en calcium (indispensable pour la croissance osseuse) et consommer 3 laitages par jour, les besoins calciques étant de 1 g à 1,5 g par jour (certaines eaux minérales sont riches en calcium : Hépar, Contrexéville …). Un apport en protéines (il faut consommer de la viande ou du poisson 2 à 3 fois par semaine), ainsi qu’un apport en vitamine D, sont recommandés. Il est également important de conserver une activité physique. L’ostéoporose, une fois diagnostiquée, doit être traitée par des médicaments, soit pour annuler l’effet des ostéoclastes, cellules mobiles détruisant l’os, soit pour accélérer la formation d’ostéoblastes et d’ostéocytes qui le renforcent ; les bisphosphonates comme le Denosumab, ou le Raloxifène par exemple. Ces traitements anti-ostéoporotiques peuvent parfois avoir des effets indésirables (comme l’ostéonécrose de la mâchoire), mais ce risque est faible. Comme l’efficacité des traitements n’est pas visible, les malades font souvent la grave erreur de l’interrompre ; c’est un problème majeur, 40 % ne respectent pas la prescription et l’arrêtent avant la fin de la 1ère année, seulement 30 % la poursuivent après deux ans… M.S

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Tissu osseux très
légèrement dégradé

T.O. gravement dégradé
proche de la rupture