Fédération Française du Lyceum Club International

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« L’épopée Alluaud »

Lieu  : Musée du Four des Casseaux

Date : 5 janvier 2017

Le jeudi 5 janvier nous nous sommes retrouvées au Four des Casseaux pour visiter l’exposition " L’épopée Alluaud" , commentée par Thomas Hirat, historien spécialiste de la porcelaine de Limoges, en charge de la promotion du musée du Four des Casseaux.

Ce musée appartient à l’Association Espace Porcelaine / Musée du Four des Casseaux.

François I Alluaud et son fils François II Alluaud sont "les bâtisseurs de la porcelaine de Limoges" (T. Hirat). François I Alluaud (1739-1799) etait ingénieur géographe du roi, charge qui lui a permis de faire rapidement fortune. La découverte du kaolin en 1768 à Marcognac près de Saint Yrieix l’incite à délaisser cette activité pour se lancer dans l’industrie de la porcelaine, il achète la carrière de kaolin de Marcognac, puis les carrières alentour.

Dans la première vitrine sont exposées trois pièces de porcelaine de Bordeaux. François Alluaud fournissait du kaolin à cette manufacture de Bordeaux qui maîtrisait déjà la cuisson à 1400°. Il va s’associer à la direction de cette manufacture en 1788, puis la même année il est nommé directeur de la manufacture de Limoges.

Il s’agit donc, à droite de cette vitrine, d’un sucrier, d’une assiette et d’une tasse et sa soucoupe fabriqués à Bordeaux, difficile à reconnaître car les pièces de porcelaine avant 1850 ne sont jamais signées. A gauche une assiette de Limoges montre la grande ressemblance entre ces deux réalisations.
Une photo des carrières de Marcognac montre la difficulté de ce travail d’extraction qui pourtant attirait les ouvriers car, là, ils étaient sûrs d’être payés.

François I Alluaud meurt en 1799, son fils François II Alluaud (1778-1866), parti faire ses études à Paris avec son frère cadet, Jean-Baptiste Clémént, revient à Limoges. Passionné de minéralogie il découvre des cailloux qui vont permettre l’essor de la porcelaine de Limoges, en particulier l’amphibolite qui produit une couverte sombre et lumineuse, deux vases exposés dans la deuxième vitrine en sont le témoignage.

Le flottage du bois pratiqué depuis très longtemps déjà, justifie la création de la première industrie de porcelaine près du port du Naveix, aux Casseaux en 1816.
La manufacture de Limoges se forge une réputation d’excellence pour la pureté de ses blancs. Mais elle n’égale pas les manufactures parisiennes pour les décors. Une école de peinture sur porcelaine est créée en 1820.

Jean-Baptiste Clément Alluaud peintre devient décorateur sur porcelaine. Dans la troisième vitrine se trouve son autoportrait ainsi que des éléments d’un service à café brun généreusement décoré à l’or et une assiette finement décorée (1820).

La vitrine centrale, dite des mariés, contient une coupe réalisée à l’occasion du mariage de Louise Alluaud avec Michel-Fabien Malavergne. Cette coupe témoigne de l’évolution de la fabrication de la porcelaine et de la grande maitrise des formes. Deux vases créés à l’occasion du mariage de Victor, fils de François II Alluaud avec Camille Broussaud (1845) témoignent de la maitrise du décor sur porcelaine. Enfin on peut admirer un délicieux portrait, réalisé par Jean-Baptiste Clément Alluaud, de Marie-Louise Malavergne, petite-fille de François II Alluaud, qui épousera Charles Field Haviland.

La quatrième vitrine contient un service à café et un service à thé monogrammés datant de 1860 environ, d’un blanc très pur.

La cinquième vitrine contient deux ouvrages de François I Alluaud, l’un relatif au reboisement, l’autre au mercure. Ces ouvrages sont à la fois scientifiques et philosophiques.

Un service à café monogrammé et une soupière décorée de fleurs datant tous les deux de 1860 environ.
A gauche, l’assiette décorée par Charles Donzel est intéressante car elle possède un décor de grand feu sous émail. Elle est signée et datée octobre 1865.

Dans la dernière vitrine se trouvent des portraits sur plaques de porcelaine qui seraient ceux de Marie-Louise Malavergne et Charles Field Haviland peint en 1870 d’après des photographies des années 1850.

En 1881 la fabrique des Casseaux devient la société G.D.M. établie entre les familles Alluaud et Gérard, Dufraisseix et Morel. En 1900 elle devient la société G.D.A. (Gérard, Dufraisseix et Abott) et en 1989 Royal Limoges.