Fédération Française du Lyceum Club International

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L’hypnose médicale

Date : 3 décembre 2019

Conférence par le Dr Schweitzer , médecin anesthésiste
réanimateur et hypno-thérapeute exerçant à la clinique mutualiste.
Le mot hypnose vient du grec Hypnos sommeil. On peut définir l’hypnose comme un état de conscience particulier entre veille et sommeil provoqué par la suggestion.
Cette pratique est très ancienne, le chamanisme l’utilise.

Mesmer (1734-1815) le premier a pratiqué la technique de l’hypnose en utilisant un baquet : un fluide magnétique apportait une amélioration nette aux malades qui s’y trempaient !!
Jules Cloquet l’utilise en chirurgie dans les années 1840.
L’écossais James Esdaile fait des amputations sous hypnose au 19ème siècle.
Puis l’hypnose est abandonnée pendant un certain nombre d’années pour de multiples raisons. L’hypnose de spectacle lui fera beaucoup de torts.
Le professeur Charcot neurologue pensait que c’était une pathologie liée à l’hystérie, Freud n’a pas su l’utiliser et s’est tourné vers la psychanalyse.

Un médecin américain Milton Erickson (1901-1980) se fera connaître avec succès en développant une nouvelle pratique de l’hypnose, encore utilisée aujourd’hui.
Puis un médecin belge l’utilisera dans le service des grands brûlés pour remplacer l’anesthésie et apporter moins d’anxiété et plus de bienfait.
Comment fonctionne l’hypnose ? Le cerveau oscille entre deux états de conscience :
- un état de conscience critique, très actif où tous les sens sont en éveil, qui mettra en jeu analyse de la situation, sécurité, interaction. Exemple un enfant traverse la rue, il sera attentif aux voitures, sera prêt à courir…
- Un état de conscience absorbée, état où l’imaginaire, la créativité, l’indifférence à l’extérieur, la suggestibilité interviennent. Exemple un enfant s’ennuie en classe et s’évade en pensée (il est dans la lune) en faisant abstraction de tout ce qui l’entoure.
La conscience est un mélange permanent entre ces deux états.
L’hypnose va provoquer ce deuxième état de conscience absorbée. En créant une transe hypnotique par focalisation sur un souvenir, une émotion, une odeur, un bruit, un pendule… pour se détourner d’une douleur, une phobie et trouver une amélioration. Différentes techniques sont utilisées comme la catalepsie, le gant de protection. Il s’agit d’une thérapie active avec un objectif précis qui entraîne une interaction entre thérapeute et patient.
Sur le plan scientifique des études on montré que l’hypnose suppose un
fonctionnement cérébral particulier et entraîne des modifications de flux sanguins, des modifications métaboliques de régions corticales du sujet hypnotisé.
Certaines structures cérébrales sont inhibées ou activées entraînant protection, simulation ou évasion.
L’hypnose médicale
Quand est-elle pratiquée ?
Elle est pratiquée en chirurgie et dans de nombreuses maladies, phobies, examens et addictions.
La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle. Elle a plusieurs composantes : émotionnelle, cognitive, sensori-discriminatives et comportementale
En clair elle est liée à une lésion mais aussi à des facteurs émotionnels et humains liés à la vie.

Il existe deux types de douleurs :
- Une douleur aigüe, le critère de choix de l’hypnose sera l’intensité de la douleur.
Par exemple pour une opération dont on sait que l’intensité de la douleur sera
très forte l’hypnose n’apportera pas grand chose car il faudra avoir recours à
l’anesthésie générale. Dans une opération moins douloureuse l’hypnose
remplacera l’anesthésie, elle permet d’oublier la douleur en pensant à une émotion positive et apportera un confort et un bienfait postopératoire très net.
Il est toujours possible, et la préparation du patient le prévoit, d’avoir recours à
l’anesthésie en cas de besoin, mais elle sera plus légère.
- Une douleur chronique qui enferme le patient dans un cercle de dépression, angoisse et troubles du sommeil. L’hypnose sera très efficace, elle travaillera sur ce qui est à côté de la douleur, le sommeil par exemple. L’arrêt de ce trouble améliorera le confort du patient et agira sur la douleur. L’auto hypnose sera aussi utile, elle nécessite un apprentissage individuel ou en groupe (6 séances d’une heure 1/2) et un entraînement, elle est pratiquée dans certaines maladies cancéreuses, lutte contre une addiction…
l’hypnose médicale et quel hypnotiseur choisir ?
En 2011 la société française d’anesthésie et réanimation (SFAR) l’a reconnue et validée en anesthésie.
La confédération française d’hypnose et thérapie brève (CFHTB) a créé une
formation validée par un diplôme.
Pour choisir un hypnotiseur de confiance il faudra :
- qu’il exerce une profession médicale
- qu’il exerce dans un cade professionnel
- Qu’il soit certifié CFHTB.
Pour plus d’information, consultez le site Emergences qui propose notamment un annuaire des praticiens par régions.
Il me semblait utile, vu l’intérêt que cette conférence a suscité, de faire un
Compte-rendu un peu plus exhaustif, mais à ne pas prendre à la lettre, car il n’est que le fruit de ce que j’en ai retenu ou compris !!
Ce moment s’est terminé par un dîner à la table ronde toujours chaleureux où
certaines ont pu continuer à échanger avec le Dr Schweitzer, très ouvert et passionné par son sujet.
DD 03.12.2019