Fédération Française du Lyceum Club International

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LES SUIVEURS DU CARAVAGE par Catherine Le Goff

Lieu MUSEE DES BEAUX-ARTS DE LILLE

Date : 14 janvier 2016

Promenade autour du CARAVAGE .avec Catherine LE GOFF
Nous avons commencé avec le NAUFRAGE DE JONAS de Paul BRILL : images ourlées , tons ténébristes , on est loin de la réalité !

Puis la RESURRECTION DE LAZARE de Joachim ANTHONISZ DE WTEWAEL : on est encore dans une certaine opposition au naturel . C’est une œuvre complexe avec cette volonté de maniérisme s’inspirant de la mythologie et de l’histoire .
Quelques mots sur le CARAVAGE ( 1571-1610 ) :
Fils d’architecte , il fait ses études à Milan puis va à Rome . Il est traumatisé par la décapitation de la Reine .
Dans cette Rome ville de pèlerinage , il peint des scènes de jeux , puis la série des TRICHEURS .
C’est un homme violent , qui se sert volontiers de son épée ; il tue un homme et doit se sauver à Naples ; ce sera ensuite Malte et la Sicile .
On pense qu’il est mort de la peste .
Après sa mort , de nombreux artistes s’emparent de ses thèmes préférés ; on les appellera les SUIVEURS .
Le premier d’entr’eux est Jusepe RIBERA ( 1591-1652 ) . Né à Valence , il vient à Rome . Il peint d’après ce qu’il voit , retenant les visages qui l’intéressent . Son SAINT JEROME est travaillé dans l’épaisseur pour accentuer les reliefs ; on sent le personnage absorbé dans la méditation du crâne qu’il tient en mains .
Ce peintre catholique est plongé dans l’obscurité et il lui faut passer par la mort pour quitter l’enveloppe charnelle et atteindre l’essentiel .
Chez les Suiveurs , la lumière peut paraître artificielle ; elle peut aussi cacher une grande profondeur . Il y a la volonté de cadrer l’instantané ; on est dans l’action comme dans le tableau de JOSEPH ET LA FEMME DE PUTIPHAR .

Artus WOLLFORT : première moitié du XVII ème : SAINT JEROME EN PRIERE . la lumière est braquée sur son corps . Le thème de l’ermite est bien exprimé par une Bible , un crâne , un chapeau de cardinal .
LE CHRIST A LA COLONNE : attribué à Louis FINSONIUS . Il y a deux corps de personnage ; l’expression travaillée du Christ est très douce . le Christ est apollinien , ne montre aucune marque de souffrance ; son corps est trop parfait .
Hendrick TER BRUGGHEN : LA DERISION DU CHRIST ( 1615 ) : le regard exprime l’acceptation, la résignation avec sa couronne d’épines , son manteau royal rouge ; on est proche de la réalité

.merci à Catherine LE GOFF pour cette promenade passionnante
Nous avons poursuivi nos échanges au Domaine de Chavagnac
Et c’était le moment choisi pour accueillir une nouvelle Lycéenne : bienvenue à notre amie Cécile LEURENT intronisée selon les règles . ; un grand moment de convivialité qui exprime bien la vitalité de notre club .
France Chevillotte et Armelle Parquet