Fédération Française du Lyceum Club International

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La COMTESSE de SEGUR

Date : 8 avril 2016

par Alain LANAVERE
Nous croyons tous connaître Mme de Ségur. Mais nous devrions nous défier des légendes diffusées sur elle par ses propres enfants. Elle n’écrivit point ses livres pour divertir ses petites-filles Camille et Madeleine, mais parce qu’elle était liée à quantité de catholiques militants, dont deux de ses fils, voulant rechristianiser l’aristocratie française. D’où ses livres pieux ! Livre premier, un Missel pour les petits enfants, et ses derniers, trois gros volumes d’adaptation de l’Écriture sainte. Ses vingt autres livres se veulent tous plus ou moins édifiants. Écrits très vite, ils témoignent de la hardiesse de son imagination : elle flétrit les mauvais parents, condamne les châtiments corporels, dénonce la stupidité de certains adultes, invente des personnages fort extravagants, parle de la maladie et de la mort. Ainsi ses petits lecteurs, devenus grands, pouvaient indéfiniment la relire avec profit, d’autant que ses derniers romans parlaient volontiers d’histoires d’amour.
Autre trait original de son œuvre, l’emploi qu’elle faisait sans cesse (et sans toujours le dire), car elle écrit dans la hâte, des livres de ses devanciers ; très cultivée, elle n’hésitait pas à puiser, parfois littéralement, chez Rousseau, Bernardin de Saint-Pierre (Paul et Virginie), Dumas (Le comte de Monte-Cristo), George Sand (Marquis de Villemer), Lesage (Le diable boiteux, Gil Blas), Jean de La Varende (Nez de cuir), David Wyss (Le Robinson suisse), Labiche, Madame d’Aulnoy (Les contes de fées) et bien d’autres. Sans doute est-ce pour cela que ses livres, portant comme des reflets de quantité de chefs-d’œuvre, méritent d’être tenus pour de la grande littérature, qu’adultes nous pouvons lire et relire. Alain LANAVERE- ChG