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La Résistance est-ce une affaire d’hommes ?

Date : 4 avril 2016

La Résistance est-ce une affaire d’hommes ?
Aux armes citoyennes ! et caetera …

En 1940 « elles n’étaient même pas citoyennes », puisque le droit de vote ne leur fut accordé qu’en 1944 et pourtant les femmes assumèrent toutes les tâches, ordinairement dévolues aux hommes, pendant les 5 années de guerre qui plongèrent la France dans le chaos.
C’est pour rétablir la vérité historique et aborder le problème de la Résistance sous un autre angle, que le Colonel Jean-Pierre Martin, historien militaire, membre de l’académie delphinale, retrace leur histoire et leur combat de 1940 à 1945.
Omniprésentes, les femmes anonymes portent témoignage comme elles ont résisté, « du seuil de la porte ». En retrait et souvent discrètes, elles ne furent que 10% à être honorées du titre de « Compagnon de la Libération » ou à obtenir la carte de « Combattant volontaire de la Résistance ». Pour mémoire, ce n’est qu’en 2015 que deux Résistantes eurent l’insigne privilège d’entrer au Panthéon : Germaine Tillon et Geneviève de Gaulle-Anthonioz (nièce du Général de Gaulle).
Leur rôle fut obscur mais essentiel ; elles se chargèrent de porter secours, protéger, soigner, renseigner, assurer des liaisons, détourner l’appareil d’état au profit de la Résistance et aussi… combattre ! Excusez du peu.
Entrer en Résistance constitue souvent pour elles une triple transgression : sociale, politique et ontologique.
Eternelles mineures, politiquement, socialement, juridiquement, elles ont pourtant joué un rôle majeur. « Nec domina, nec ancilla, sed socia ». (Ni maîtresse, ni servante, mais compagne)
On pourrait citer les noms de quantité de femmes admirables, engagées et souvent mortes en camp de concentration, mais c’est peut-être le personnage féminin de l’œuvre de Vercors : « Le silence de la mer » qui résume le mieux la volonté farouche et obstinée de celles qui ont tenu tête à l’envahisseur par les armes ou par le silence.
Je laisse à Malraux le soin de conclure : « Avec quoi ferait-on la noblesse d’un peuple, sinon avec celles qui la lui ont donnée ? »
D. VDB