Fédération Française du Lyceum Club International

Fédération Française du Lyceum Club International

Accueil > Clubs > CAEN-NORMANDIE > L’AGE d’OR des RETABLES en NORMANDIE
Version imprimable de cet article

L’AGE d’OR des RETABLES en NORMANDIE

Date : 11 octobre 2018

Le circuit comprenait cinq églises à proximité de Cambremer et de la route du cidre : Saint Gorgon de Grandouet, saint Roch de Montreuil en Auge, saint Martin de la Roque Baignard, toutes trois blotties dans un délicieux paysage vallonné, Notre Dame de Livaye, dominant la route de Lisieux à Caen et le paysage de bocage du Pays d’Auge et enfin, Saint Germain de Biéville, l’aboutissement dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, de l’art des retables.
A midi, le restaurant "Les saisons" de Cambremer nous accueillait pour la pause déjeuner, point trop longue car nous avions une après midi chargée. A la fin du circuit, après avoir cédé à l’invitation de M. François de Gaalon et admiré le papier peint panoramique du XVIIIe siècle au presbytère de l’église Saint Germain de Biéville, les lycéennes se sont retrouvées chez Mariette Meunier, au manoir Les Roches, pour un rafraichissement et quelques douceurs normandes…
Revenons-en au circuit : pourquoi tant de beaux retables dans les petites églises du Pays d’Auge, aux XVIIe et XVIIIe siècles ?
A cette période, la Normandie est une province peuplée, relativement prospère, avec une classe bourgeoise cultivée et enrichie par un commerce actif, des laboureurs aisés, et une classe seigneuriale dispensant ses largesses aux paroisses situées sur ses terres. Les bras et les ressources semblent ne pas manquer pour construire ou reconstruire et embellir les petites églises qui couvrent le territoire.
Aux raisons d’ordre économique s’ajoutent des raisons d’ordre spirituel : avec la Contre-Réforme (Concile de Trente 1545-1563) et la réaffirmation du dogme de la transsubstantiation, l’autel et le tabernacle occupent une place primordiale dans l’espace liturgique et dans le déroulement des offices. L’Eglise encourage l’embellissement des sanctuaires, considérant que la richesse du décor constitue une incitation à la dévotion et un hommage à la grandeur divine.
A cela s’ajoute l’influence des deux grandes figures spirituelles du Pays d’Auge, au XVIIe siècle :
Dom Dominique Georges, qui restaure l’aura intellectuelle et spirituelle de l’abbaye cistercienne du Val Richer, en Pays d’Auge, dans la ligue des préceptes de la Contre-Réforme. Il crée les Conférences ecclésiastiques pour éduquer le peuple par l’exemple donné par le clergé.
Le père Jean Eudes (canonisé en 1925), qui fonde à Caen la Congrégation de Jésus et Marie et organise des missions paroissiales, véritables missions d’évangélisation dans les campagnes normandes. En effet, au sortir des guerres de religion en France, l´ignorance et le relâchement des mœurs sont extrêmes.
Dans ce contexte, le retable architecturé et polychrome, qui finira par être entièrement doré à l’or fin, orné de tableaux, de statues et de symboles eucharistiques, associé à l’autel adossé, s’impose au cours de cet âge d’or comme l’élément majeur du décor des églises en même temps qu’un instrument de propagation de la Foi. M.M.