Fédération Française du Lyceum Club International

Fédération Française du Lyceum Club International

Accueil > Clubs > DIJON-BOURGOGNE > Le coin de l’archiviste numéro 6
Version imprimable de cet article

Le coin de l’archiviste numéro 6

Date : 17 février 2020

Le coin de l’archiviste n°6, janvier 2020

Pour ce nouvel article consacré à Jeannette LE LOUS, je vous donne lecture des propos qu’elle adressait aux lycéennes lors du déjeuner des vœux du 18 janvier 1988 à l’hôtel du Chapeau Rouge à Dijon, et publiés dans le bulletin de février suivant. Outre l’intérêt que présente ce discours pour la vie passée de notre club, son message reste, à plus de 30 ans de distance, d’une actualité surprenante.
Voici ce document, dont j’ai photographié le début et la fin pour vous donner le plaisir d’admirer l’écriture nette et ferme de cette belle personne.

Mes chères amies, Je remercie Françoise, notre Présidente, qui a bien voulu m’accorder la parole quelques instants. Je voudrais vous faire part d’un souci qui grandit au fur et à mesure que grossit son objet, qui, insidieusement, nous envahit, et qui finirait par empoisonner notre vie, si nous ne disions ’’stop’’. Je veux parler du pessimisme, qui se manifeste sans arrêt, sous de multiples facettes. Qu’on l’appelle ’’réalisme’’ – il faut être réaliste – combien de fois n’avez-vous pas entendu ces doctes paroles ? et, remarquez-le bien, toujours pour quelque chose de désagréable ! Ou alors, le propos commence par ’’si’’ et là aussi, le ton n’est pas dubitatif, mais tout à fait absolu, ignorant qu’avec un si, Paris serait mis en bouteille ! Et généralement ce sont nos chers ’’ils’’ qui attachent le grelot, n’importe quand, avec n’importe qui : n’y a-t-il pas, toujours, quelque part, sujet de plainte ? tout cela, accumulé pendant toute une journée, n’ouvre pas la porte sur des paroles exaltantes, sur un peu d’enthousiasme, sur une bouffée d’air qui revigore. Non. Paysage plat et morne…
Alors que l’antidote est dans nos mains. Il s’appelle l’Optimisme. Bien entendu, il ne s’agit pas du tout de coller des paillettes brillantes sur des faits attristants. Ce serait de la sottise pure, et je n’aurais jamais ouvert la bouche sur semblable insanité. Mais si les paroles de Jeannette Le Lous n’ont qu’une portée de dix mètres, celles d’Alain, notre philosophe français connu partout, dont les théories sont décortiquées dans toutes les langues, ont une autre audience quand il affirme : ’’Le pessimisme est d’humeur, l’optimisme est de volonté’’.
Je me sens donc confortée dans mon propos en m’appuyant sur ce penseur qui ne fut pas ’’un petit rigolo, marchant à côté de ses pompes’’ comme s’exprimeraient mes petits-fils avec vigueur !
Or donc, si l’optimisme est une question de volonté, ne pouvons-nous pas, nous les Femmes, remettre un peu d’air dans tout ce que nous entendons ? Non, tout n’est pas si mal ; les détracteurs ont rarement raison ; il faut, obstinément chercher si les choses n’ont pas, aussi, un bon côté. Et elles en ont. C’est l’histoire du verre à moitié vide, qui est, en même temps un verre à moitié plein. C’est le ’’si’’ que l’on refuse quand il est négatif, le ’’oui, mais…’’ débilitant, refusé de même.
Notre club est apolitique ; mais la politique envahit tout, et pointe son nez dans le moindre propos. Cependant, si le chômage a cessé d’augmenter, mais que, mieux que cela, six cent mille jeunes aient trouvé un emploi, n’est-ce pas réconfortant, non ? Alors, disons-le bien haut, politique ou pas.
Ce sera mon seul exemple, mais il en a bien des milliers d’autres.
Voilà ! C’est tout.
Alors "bonne année" parce qu’elle sera pour une grande part, ce que nous la ferons !

Jeannette Le Lous
Dijon le 18 janvier 1988