Fédération Française du Lyceum Club International

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Le lyceum fête Noël avec "Piano cuit-Piano cru"

Date : 10 décembre 2018

Que peut donc bien receler comme trésors ce « panier cuit » ? Et qu’est-ce qui se cache derrière ce « piano cru » ? Déjà, allitérations et assonances résonnent dans nos têtes et le jeu de mots nous interpelle.
Tout cela n’est pas très conventionnel ; le Père Noël risque d’en perdre sa bonhomie !
La Compagnie des Tréteaux aux 4 vents nous offre, grâce au Lyceum, notre premier cadeau, avant d’autres agapes et festivités.
C’est Catherine qui nous reçoit, avec l’élégante simplicité et le raffinement qui la caractérisent.
Des sapins lumineux ont poussé à l’intérieur et à l’extérieur de sa belle demeure, des flocons de coton se sont accrochés aux vitres ; la féérie de Noël est au rendez-vous, sous la haute protection de l’église du village, redessinée par les rubans de lumière.

Le quart de queue électronique blanc, tout de plexiglas vêtu, gansé de scintillements qui varient au rythme des émotions, donne le ton. Et il résonne bien vite, par la magie des doigts de fée de Myriam Frinault, pianiste et musicologue. Son sourire rayonnant dit mieux qu’un long discours le plaisir et le bonheur qu’elle éprouve à nous enchanter ! Et ce sont trente-cinq petites filles éblouies qui sont prêtes à « craquer des allumettes » !
Le spectacle s’ouvre avec Carmina Burana et le piano qui résonne semble donner le la au conteur. Doué d’une mémoire prodigieuse, d’un phrasé précis et ponctuant d’un regard malicieux, très, très bleu, les extraits choisis, Jean-Jacques Durand nous tient en haleine pendant plus d’une heure et demie.

Nous revisitons nos classiques : Hugo, La Fontaine, Molière sont au rendez-vous, mais d’autres s’intercalent et s’insinuent avec leur humour ou leur causticité, comme Alphonse Allais, Maurice Baquet, Francis Blanche, Charles Cros, Roland Dubillard, Boris Vian et d’autres, connus ou inconnus.
La poésie et l’émotion ne sont pas en reste. Jacques Prévert ou Erik Satie trouvent leur juste place dans ce florilège. Quand l’atmosphère est un peu « plombée » par l’évocation de la mort d’un enfant, vite, vite, le comédien, par une habile pirouette, en revient à des textes plus facétieux comme La truite ou Le hareng saur. Le festin est suffisamment « cuit » pour être goûteux, suffisamment « cru » pour nous tenir en émoi !
Bach, Brahms, Chopin, Ravel, Schubert, Scott Joplin nous ramènent à la magie de Noël, alors qu’une Marseillaise revisitée ou des variations dont Myriam a le secret nous entraînent vers des horizons inconnus.
Les plaisirs et les découvertes sont multiples et dans ce « panier » bien garni on trouve aussi un somptueux buffet qui s’installe comme par magie. Catherine, notre bonne fée, orchestre comme si cela allait de soi, une réception digne des meilleures tables !
Le plaisir est partagé et la qualité des échanges est à la mesure du spectacle donné par une troupe qui se produira bientôt au festival d’Avignon.
Et si vous vous demandez encore « comment l’esprit vient aux filles », une réponse pourrait être :
En se nourrissant de belle musique, de mots puissants et de partages chaleureux !
D.VDB 10.12.2018