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Littérature et psychanalyse : Le testament Français (3)

Date : 7 décembre 2020

La fin de la Première partie chap. VI et Deuxième Partie chap. I (p. 100 à 127)

Nous retrouvons Charlotte et son petit-fils, le narrateur comme deux figures centrales mais aussi les parents du narrateur, fille et gendre de Charlotte => des fonctions différentes : Charlotte, c’est la grand-mère pas comme les autres, la conteuse qui enjolive - peut-être et sûrement - la réalité mais surtout qui dit et voit les choses « avec son fameux regard français » et « sa vision insolite du corps, de l’amour, des rapports entre l’homme et la femme » (p.113) …ce qui ne peut que fasciner l’adolescent qu’est notre narrateur.

I/ chap VI « Pourquoi aimaient-ils tant parler de Charlotte ? » p 101

- Les soirées chez les parents : que représentent-elles pour le narrateur, témoin extérieur et exclu de ces soirées ? l’exotisme et la liberté de Charlotte permettent d’éviter les sujets qui fâchent, notamment politiques et idéologiques. Quand la division devient importante dans le milieu social, les relations sont vite conflictuelles… « un sujet de conversation idéal ». « La vie de Charlotte les réconciliait, offrant un terrain neutre » p.102
- « je les écoutais. Et je découvrais moi aussi le destin russe de Charlotte, mais à ma façon » p102
- « C’est avec l’âge que je me mis à distinguer une toute autre raison… p 102. De quelle réconciliation s’agit-il ?
- Un jeune garçon qui va peu à peu comprendre les sous-entendus : « Tout un monde nouveau déferla sur moi » p 111
// le rôle de la conteuse : elle fait surgir des images ce qui est le travail spécifique du conteur, les descriptions précises, elle raconte plutôt des légendes qui se fondent sur des faits réels ( ex les légendes urbaines ) alors que le conte merveilleux ( « il était une fois ») nous plonge dans un autre monde avec une situation initiale, des rebondissements, un héros qui va résoudre le problème initial à la fin. Or se pose la question du vrai … une réponse pour chacun…- p.105-106 par rapport à Boukhara
- => Une grand-mère qui l’initie au rapport amoureux, au sexuel : Félix Faure « il est mort dans les bras de sa maîtresse = le glas de mon enfance // crise d’adolescence dans sa violence. Dans l’imagination du jeune garçon, une image récurrente qui le hante. : « je me mis à traduire inconsciemment cette scène en russe ».
La mort de Félix Faure, un récit qui fait entrer dans la dimension du désir sexuel
- sa traduction amoureuse franco-russe p112
- « J’avais 13 ans, je devinais …
- fabuleuse mutation apportée dans ma vie
- revue en russe.. la scène impossible à dire … censurée, raturée
Félix Faure s’oppose à l’amour violent et aux rapports de force chez les dirigeants russes // un accès à l’imaginaire ( et non à un cours d’anatomie dans les écoles, ou à la pornographie) : le narrateur va « rêver seul » p.113
- // les romans français du XIXème siècle, gage du romanesque et non de la violence russe. « Les amants de l’Elysée m’aidèrent à comprendre Madame Bovary « p 115
- La pulsion de la jeune servante , la scène de la baignoire // le désir p. 114-115 désir sexuel qui déferle…
- Des romans que l’allusion à Félix Faure permet de révéler… au sens fort du terme.

2. la question du temps p.116
- des images, des souvenirs qui restent présents // l’inconscient cf Freud, il n’y a ni temps ni logique de contradictions, il n’y a que des contenus, notamment dans les scènes où le désir se révèle. Hors logique et hors morale « il ne coulait pas, il ondoyait » // le rêve voie royale de l’inconscient selon Freud // la thérapie analytique où le patient est allongé et n’est pas face au thérapeute
… Dites ce qui vous vient sans hiérarchiser, ni juger… D’où la question du désir du sujet… // l’écriture du narrateur adulte : le stylo fait office de divan…
Le secret, le non-dit, la révélation // des sujets qu’elle ne veut pas évoquer…Alors que cache Charlotte ? Le destin russe de Charlotte « certains détails à peine évoqués s’élargissaient dans ma tête en formant tout un univers secret »
p.102
- « J’appris ce qu’on me cachait de la vie de Charlotte » :
le viol de Boukhara p ;105-106 , p.130, p.265-267- 269, la naissance de l’oncle Serguiev p.269- p.105-106- p.130 double dimension violence et amour romanesque : « elle l’aimait » ? à rapprocher des questions sur la filiation…- Sujets à aborder : dimension de l’imaginaire, des images à partir de signifiants écrits en italiques En italique dans le texte : la Joconde, au Ratafia de Neuilly, Flocon de neige, Café Anglais, le Cid…..
Le conteur, le rêve que l’on raconte et qui correspond à une réalité vécue : jouer sur les souvenirs de rêve en écoutant les mots qui nous viennent => des révélations étonnantes // le conte qui fait naître des images : chacun se fabrique des images qui sont très personnelles et appartiennent en propre à chaque enfant, notamment.
Une filiation reconstituée temporelle et familiale : la quête d’une vérité implacable, cachée = celle de la famille du narrateur écho tragique de celle de la Russie soviétique
« D’ailleurs le courage et l’absence totale d’hypocrisie dans le récit de Charlotte démontrèrent ce que je savais déjà : elle n’était pas une grand-mère comme les autres » p.113
// la littérature et les mots qui créent des images // les neuro-sciences qui ne font pas fonctionner les mêmes zones du cerveau. // que va-t-il se passer dans notre époque qui ne lit plus… Dépressions majeures // le mot implique le lecteur qui est acteur et non l’image que l’on reçoit passivement. Addiction et enfermement face à l’image. Important pour le rapport à l’imaginaire. A la fois libre et cela nous échappe complètement
- La valise sibérienne, un objet qui plonge dans l’imaginaire, Charlotte raconte sur le balcon à partir des coupures de journaux ou des photos. Magie des mots « bartavelle et ortolans »
- « je rêvais comme on rêve d’un voyage lointain…de son Atlantide où je croyais avoir laissé, l’été dernier, une part de moi »

Fin de la première partie

Le mystère de cet étrange objet du désir, de ce qui cause le désir : Mystère de la jeune servante dans un roman de Maupassant p 114 cf le roman de Stefan Zweig 24H dans la vie d’une femme. Désir, sensualité, érotisme, pulsions… « l’amour fatal qui avait fait exploser le cœur du Président » p 115
III/ « Le temps qui coulait de l’Atlantide avait ses propres lois » p 116
- il ondoyait autour de chaque événement évoqué par Charlotte
- parfaitement accidentel, s’incrustait à jamais
- le choix des évènements était plus ou moins subjectif. Leur succession obéissait surtout à notre fiévreuse envie de savoir p 117
- Mais nous, peu nous importait la chronologie exacte p 118
- le temps de l’Atlantide ne connaissait que la merveilleuse simultanéité du présent
- Ce présent était bien sûr une illusion d’optique - Les gens de notre Atlantide pouvaient donc éprouver un attachement sentimental…p 119 …
Une dimension propre à l’inconscient, qui ne connaît ni le temps, ni la contradiction, mais des contenus qui se révèlent dans la parole dans le jeu équivoque des signifiants, des significations qui renvoient à d’autres signifiants, d’autres significations…etc
- une succession de découvertes progressives, parfois aléatoires assimilables à une analyse. Travail de l’inconscient, de l’impression de déjà-vu. Un jeu d’équilibriste : passé/ présent dans une quête de soi
Les relations complexes du narrateur et de sa grand-mère : de l’amour inconditionnel et fasciné pour la France Atlantide à la révolte « J’en voulais à Charlotte d’avoir survécu à mes parents » p. 249. De l’amour fou au ressentiment et à l’acceptation finale.