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Marie-Antoinette, dernière reine de France

Date : 13 mars 2020

De Vienne à Versailles, de l’archiduchesse à la reine

Marie Antoinette est l’un des personnages les plus emblématiques de l’histoire de Versailles et la dernière reine à y avoir habité. Elle a imposé un style de vie à travers le monde. Des millions de visiteurs viennent chaque année retrouver à Versailles l’esprit de Marie Antoinette. Elle naît le 2 novembre 1755. Fille de François Ier de Lorraine, empereur du Saint Empire et de Marie-Thérèse de Habsbourg, Marie-Antoinette partage son enfance entre le palais de la Hofburg à Vienne et le château de Schönbrunn. Elle jouit d’une grande liberté dans une cour peu rigide. C’est une enfant enjouée, joueuse, insouciante. Marie-Thérèse est une mère aimante mais autoritaire, exigeante. Le mariage de ses très nombreux enfants est utilisé comme arme diplomatique pour nouer des alliances aux quatre coins des cours européennes. Aussi accueille-t-elle avec grande satisfaction la demande en mariage de Marie-Antoinette par Louis XV pour le futur Louis XVI.
Le mariage est célébré le 16 mai 1770, en grande pompe à Versailles donnant lieu à de fastueuses festivités. Le dauphin est alors âgé de 16 ans, Marie-Antoinette de 14 ans. La jeune dauphine parle mal le français, méconnaît ou néglige les convenances et l’étiquette. Elle est jugée trop frivole par sa mère qui lui adresse de nombreuses lettres de remontrances et lui prodigue ses conseils. Marie-Thérèse s’inquiète d’autant plus que le mariage n’est pas consommé durant 7 ans. De nombreux pamphlets très hostiles à la Dauphine circulent déjà. On appelle Marie-Antoinette « l’Autrichienne » ou « l’Etrangère », d’autant plus qu’il existe un lourd passif historique entre la France et l’Autriche.
Louis XV meurt en 1774. Louis XVI et sa jeune reine sont en pleurs et terrifiés : « Mon Dieu, guidez nous, protégez nous, nous régnons trop jeunes ».
Un premier enfant naît enfin en 1778 puis trois autres, dont deux garçons. La succession est assurée. Cette maternité rétablit quelque peu le statut de la jeune reine. De très beaux tableaux exécutés par Mme Vigée Le Brun mettent en scène Marie-Antoinette entourée de ses enfants. Le roi aime à se retrouver en famille et le couple est soudé par une solide affection.
La reine organise de nombreuses fêtes, des spectacles, des concerts. Elle joue beaucoup, notamment au jeu de pharaon, très en vogue, où elle perd beaucoup d’argent. Dotée d’un goût exquis, elle se fait habiller par Rose Bertin. Son coiffeur Léonard échafaude pour elle les coiffures les plus extravagantes et sophistiquées. Toutes les cours européennes veulent imiter celle de France. De nombreux meubles, vaisselles et objets sont commandés pour Versailles, notamment à l’ébéniste Riesener au menuisier Jacob, à la manufacture de Sèvres. Ces commandes participent grandement au rayonnement de la France. Cependant la reine subit d’acerbes critiques pour ces dépenses somptuaires alors que l’État est appauvri.

Celle qu’on appelle déjà « Madame Déficit » lance à partir de 1775, de grands travaux d’aménagements du Petit Trianon construit par Louis XV. Elle y séjourne de plus en plus, désertant la cour et ses contraintes, entourée de ses favoris, notamment la princesse de Lamballe et la comtesse de Polignac, ce qui n’est pas sans créer un grand ressentiment chez les autres courtisans délaissés. Puis elle fait construire le
« Hameau de la Reine » où elle mène avec ses enfants, une vie bucolique. Le roi se prête avec grande indulgence à toutes ces fantaisies. Les critiques se font de plus en plus vives. Un flot de pamphlets circule, déversant contre la reine haine et rancoeur, l’accusant même des débauches les plus odieuses. La propre tante et les frères du roi ne sont pas en reste dans ce domaine !
L’année 1789 met fin au bonheur de la famille royale. En juin le dauphin meurt. C’est donc le deuxième fils du couple royal qui devient dauphin, le futur Louis XVII. Le chagrin est immense : « Je ne cesse de dévorer mes larmes » écrit Marie-Antoinette.
En octobre c’est le départ de Versailles pour les Tuileries où la famille royale est gardée sous haute surveillance par La Fayette. Cette épreuve resserre les liens familiaux.
En juin 1791, le danger croissant, c’est la tentative de fuite à l’étranger, avec la complicité notamment d’Axel de Fersen, du couple royal, de leurs enfants et de Madame Elisabeth, sœur du roi. Arrêtée à Varennes, la famille royale regagne Paris. Les conséquences politiques de cette fuite sont majeures.
En août 1792 la monarchie est abolie et c’est la réclusion au Temple, très éprouvante.
En janvier 1793, le roi est séparé de sa famille, les adieux sont déchirants. Louis « Capet » est jugé puis exécuté le 21 janvier : « Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu’ils m’ont fait ». En Août, la reine est elle-même séparée de ses enfants pour séjourner à la conciergerie. La souffrance morale est atroce : « Mes yeux n’ont plus de larmes pour pleurer pour vous, mes pauvres enfants ». Mais elle fait preuve d’une grande dignité et d’un admirable courage face à l’adversité. Celle qu’on appelle « Madame veto » passe devant un expéditif simulacre de jugement, au tribunal révolutionnaire. Accusée de haute trahison et de nombreuses turpitudes, la « veuve Capet » est guillotinée le 16 octobre, après avoir refusé de se confesser à un prêtre assermenté. Sa dépouille est enterrée au cimetière de la Madeleine et sera transférée en 1815 à Saint Denis. II a été retrouvé une lettre de la reine écrite avant sa mort à Madame Elisabeth : « Je suis calme comme on l’est quand on a la conscience tranquille ». Marie-Antoinette est de nos jours une figure emblématique. Sa vie à la brillante cour de France et son triste destin ont inspiré de nombreux livres et films. Le prix des objets lui ayant appartenu atteint des sommets faramineux en salle des ventes !
Un grand merci à Michelle Brieuc pour cette belle évocation !