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Meurtres et assassinats dans le Marais

Date : 30 novembre 2017

C’est à travers ses ruelles, hôtels particuliers et vestiges historiques, que Pierre-André Hélène nous a présenté le Marais sous un aspect particulier : Les crimes et morts violentes de personnalités historiques qui s’y sont déroulés.

Tout d’abord le quartier : Ancienne zone marécageuse – d’où son nom – formant un triangle entre les places de la Bastille, de la République et de l’Hôtel de Ville, le Marais se développe à partir du XII° siècle : jusque-là, quartier périphérique inclus dans l’enceinte fortifiée édifiée par Philippe Auguste, il est successivement occupé par les ordres religieux au Moyen-Age (l’ordre du Temple notamment), par la noblesse à la Renaissance d’où le développement des nombreux hôtels particuliers, enfin, après la révolution, par les artisans dont les ateliers seront installés dans les cours intérieures de ces hôtels particuliers.

C’est au XVI° et XVII° siècles période où le Marais est particulièrement fréquenté par la noblesse parisienne, que vont se dissimuler, derrière cette opulence, débauches, occultisme et crimes étouffés.

L’hôtel d’Aumont à la façade superbe, occupé par le Duc d’Aumont, Maréchal de France, pendant cinq générations.

L’hôtel de Sens, l’une des cinq maisons les plus anciennes de Paris (1470), où Marguerite de Valois séjournera de 1605 à 1606 avant de partir rive gauche, rue Bonaparte, où elle échappera à la mort. Pour la petite histoire, elle prendra un jeune amant, Vincent, le futur Saint-Vincent de Paul. En 1622, devenu Archevêché, c’est l’hôtel des archevêques de Sens. Très bien restaurée en 1950, dans le style des châteaux de la Loire, sa façade, rue du Figuier, fait penser à Azay-le-Rideau. On y voit un boulet de canon encore fiché depuis 1830.

- Nos pas nous conduisent ensuite vers le village Saint-Paul, très pittoresque, qui regroupe un ensemble de cours réunies les unes aux autres sans passer par aucune rue, où l’on trouve de nombreux commerces de luxe.

Là commence, au XVII° siècle, vers 1650, époque de Mazarin, la période des assassinats, notamment par empoisonnement.

Marie-Madeleine de Dreux d’Aubray, Marquise de Brinvilliers, l’une des plus célèbres empoisonneuses de Paris, utilisera une formule qui fera ses preuves : 1/3 d’arsenic, 1/3 de vitriol, 1/3 de bave de crapaud – puisqu’elle empoisonnera ainsi son Père et ses trois frères. Son amant, Godin de Sainte-Croix, ayant été emprisonné à la Bastille pendant un an sur ordre de son Père qui désapprouvait cette liaison, y fait la connaissance d’un chimiste particulièrement expert dans l’art de confectionner des poisons : il le fera sortir de la Bastille peu après sa propre libération et le prendra à son service pour se protéger de sa femme dont il connaissait les talents…
Madame de Brinvilliers sera finalement, soumise à la question et brûlée en Place de Grève à la suite de la découverte de lettres et de fioles, lors de l’inventaire effectué à la mort naturelle de Godin de Sainte-Croix, où elle reconnaissait ses crimes.

Ceci nous conduit directement à l’affaire des poisons, histoire de femmes, panacée de l’époque, série de scandales d’empoisonnements survenus entre 1679 et 1682, sous le règne de Louis XIV, et impliquant plusieurs personnalités éminentes de l’aristocratie.

Son origine réside dans l’enquête ouverte après la découverte des lettres de la Marquise de Brinvilliers à la suite de laquelle Marie Brosse, réputée devineresse, est inquiétée et révèle avoir fourni des poisons à certaines épouses de membres du Parlement afin d’empoisonner leurs maris. Par ailleurs, elle dénonce une autre empoisonneuse qui n’est autre que « la Voisin » arrêtée en 1679.

Les révélations des inculpées portant sur des personnes de qualité, surtout des femmes, Madame de Montespan, entre autres, qui aurait eu des relations avec la Voisin et participé à des messes noires.
Louis XIV crée un tribunal spécial, « la Chambre Ardente », chargée de juger de l’affaire des dames du Marais. Ce tribunal sera fermé quelques années plus tard.

Marie-Françoise Le Guillou

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