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Notre-Dame de la Resurrection Un petit coin de Russie à Grenoble

Date : 13 novembre 2019

Notre-Dame de la Resurrection à Grenoble
Un petit coin de Russie à Grenoble

Une église dans une cave…
Bien étrange lieu que cette église de culte orthodoxe russe installée Boulevard de Vizille à Grenoble dans les années 1920. Notre guide Mme Dehays, ancien professeur de russe et Présidente de la récente association de « Sauvegarde de l’Eglise Orthodoxe" nous a introduites dans deux histoires totalement entremêlées.
La première vague d’immigration russe, entre 1920 et 1925, qui a apporté une importante main d’oeuvre aux différentes industries autour de Grenoble, fut suivie d’une autre vague liée à la deuxième guerre mondiale, puis d’une troisième
dans les années 60, issue des nombreux échanges commerciaux et industriels entre la Russie et notre région.
C’est ainsi que dès 1922 une association d’entraide aux émigrés loue une cave, destinée préalablement aux maraîchers du marché de l’Estacade.
Dès 1928, elle devient un lieu de culte modestement décoré d’humbles icônes données par les fidèles très attachés à leur foi. 1950 est une date important puisque c’est cette année là ,que des émigrés achètent ce lieu et le donnent à l’archevêché des églises russes en Occident. Au fil des années, les petites églises dispersées en Isère ont disparu : seule Notre-Dame de la Résurrection a survécu.
Depuis 2008, un prêtre lui est rattaché qui vient une fois par mois dire les vêpres le samedi soir et la messe le dimanche.
Si ce lieu témoigne d’environ un siècle de présence d’émigrés russes, souvent très cultivés, il est remarquable par ses peintures, ce qui lui permettra une inscription prochaine au répertoire des Monuments Historiques. Deux artistes donnent à cette modeste cave son caractère religieux et inspirant. L’iconostase peinte sur de simples planches de bois joue son rôle de clôture, entre le sanctuaire et la place des fidèles.
En 1938, le peintre Stelletski en reprend les codes par sa composition très structurée.
En 1970, Galina Makhroff, d’origine cosaque, arrivée à Grenoble à l’âge de 7 ans, a
représenté les grands événements de l’année liturgique sur 17 fresques, peintes "a fresco",aux couleurs claires qui contrastent avec les tonalités sombres de l’iconostase. Détails naïfs et images symboliques évoquent ces fêtes religieuses du rite orthodoxe.
Comme notre guide, qui nous a fait découvrir ce petit coin de Russie caché dans notre ville, nous souhaiterions que la beauté spirituelle de ce lieu continue longtemps à rayonner.
13-11-2019 L.B.