Fédération Française du Lyceum Club International

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REGARDS SUR LE LIBAN

Date : 20 février 2020

GEOGRAPHIE
Le LIBAN est un petit pays encerclé par la Syrie et Israël. 230 km du nord au sud ; 80km d’est en ouest ; 6 millions d’habitants ; 27% de chiites ; 27% de sunnites ; 21% de maronites ; 5% d’arméniens ; 5% de druzes ; 8% de grecs orthodoxes ; 6,5% coptes etc ....sont inclus dans ces chiffres 1 300 000 réfugiés Syriens qui fuient la guerre. C’est le pays du miel et du lait, associé à la richesse et à la profusion. De nombreuses sources font de la montagne libanaise le château d’eau du levant. Le Mont Liban, cette grande arête parallèle au littoral, c’est de là que prennent naissance de nombreux cours d’eau. L’eau est partout. Mais la guerre, la reconstruction, l’urbanisation, le rejet des eaux usées, les pesticides et le non-respect des individus qui jettent leurs déchets dans la nature, ont accéléré l’altération des cours d’eau dépotoirs.
La plaine de la BEKAA, un don du ciel, longue de 120 km sur 10 à 15 km. C’est le grenier du LIBAN .On y cultive blé, vigne, légumes, l’eau est partout ; depuis 1970 on y cultive aussi pavot et hachich .....Mais un programme gouvernemental tend à éliminer cette culture. La très belle lumière qui inonde le pays a sans doute amorti la violence des conflits successifs. Difficile à croire au danger sous un ciel aussi bleu et dans une telle douceur de vivre !

HISTOIRE DU LIBAN
Le LIBAN est inclus dans ce que l’on nomme « le croissant fertile ». C’est dans ce croissant que sont nées les premières civilisations ; celles de la domestication, de la vie en société et de l’écriture vers -3200 ans. Byblos est considérée comme la plus ancienne ville bâtie en pierre Les Libanais sont des Phéniciens descendants des Cananéens. L’originalité de ce peuple réside dans leur dynamisme. Ils égrenèrent la côte de cités marchandes autonomes. Ces cités étaient dirigées par 1 roi, toutes indépendantes les unes des autres comme Batroum, Byblos, Beyrouth , Sidon ou Saïda, Tyr, Arados, Ugarit en Syrie, Sebaste en Turquie etc... Ces Phénitiens se sont illustrés par la diffusion de l’alphabet ; ce système de 22 signes ; il convient de rappeler ici que ce sont les Syriens les initiateurs de cette graphie, reprise et diffusée par les phénitiens de Byblos -1300/1200 ans A V J C. Puis les ils subissent la domination des Assyriens, et des Babyloniens au 7 siècle avant Jésus Christ, avec le siège de TYR pendant 13 ans par Nabuchodonosor.
De - 555 à - 332 : domination Perse par Cyrius, Darius .....puis en -332 Alexandre le Grand envahit la Perse. La ville de TYR résiste 7 mois, elle payera sa résistance par le massacre de sa population. -323 mort : d’Alexandre le Grand : ses disciples se partagent le territoire. Le LIBAN tombe dans les mains des Séleucides Au premier siècle après Jésus Christ le LIBAN tombe dans les mains des romains
L’empire romain est alors partagé en pars occidentalis avec Rome comme capitale, et en pars orientalis avec Byzance comme capitale
De 395 à 63 : domination Byzantine. C’est l’époque ou le christianisme se propage mais où apparaissent également des dissensions entre chrétiens, maronites, Melkites, Nestoriens....
La région se couvrit d’églises, de monastères. Mais comme il fallait s’y attendre les persécutés chrétiens devinrent des persécuteurs ; les idoles païennes furent abandonnées et renversées comme BAALBECK et Héliopolis. Les vieilles croyances bédouines furent ridiculisées comme le culte de la pierre noire. Ce culte a perduré en ARABIE comme en témoigne « la pierre noire » de la Mecque respectée par les musulmans. En 551 un séisme ravage la côte méditerranéenne faisant de nombreuses victimes et détruisant la plupart des temples et constructions, et pendant que les chrétiens débattaient de la nature du Messie et s’épuisaient en querelles byzantines, un séisme idéologique couvait dans les sables du désert d’Arabie : l’ISLAM, cette nouvelle religion révélée à MAHOMET. Cette nouvelle religion se
voulait universelle, elle appela tous les chrétiens, les juifs, et tous les croyants à se réunir : « la Umma ». Mais l’osmose ne se réalisa pas. Les musulmans eurent recours au « JIHAD » guerre religieuse
660 - 750 : la conquête par les arabes fut foudroyante . Les Byzantins furent éprouvés par les razzias lancées par les cavaliers musulmans ; puis les musulmans durent affronter l’hérésie et les luttes intestine, la succession du prophète provoqua un schisme, la communauté musulmane se divisa en sunnites et chiites, les seconds persécutés par les premiers. 750 -977 les byzantins récupérèrent leurs anciennes possessions. Il récupèrent le littoral libanais mais ne parviennent pas à libérer le tombeau du Christ à Jérusalem. Ce sera la raison invoquée par l’église pour organiser les croisades.

LES CROISADES
1098 -1291 : Le pape URBAIN II en 1095 lance un appel à la chrétienté afin de venir en aide aux frères d’Orient. Ce fut le début d’une grande aventure qui dura 2 siècles. L’empreinte des croisés est partout au LIBAN : l’église St JEAN à Beyrouth transformée en mosquée ; le château ST GILLES à TRIPOLI. Chaque port du Liban a son château ou sa citadelle construite par les croisés.
Les croisés comptaient de petites centaines de chevaliers qui tout au long de leur aventure hasardeuse devaient conduire, encadrer, nourrir, protéger une multitude de « pèlerin » hommes , femmes, enfants. Chaque année plusieurs flottes de grosses galères et de navires d’Italie , de Provence, de Catalogne amenaient des centaines de pèlerins qui, bien souvent, se battaient aux côtés des chevaliers et des hommes de pieds ou aidaient à la construction des châteaux . Anglais , Flamands, Allemands, Scandinaves ont armé des flottes pour la guerre et apporter leur aide aux Francs de terre sainte. Cette entreprise fut un échec. Les pertes en homme et en argent furent considérables !

LES MAMELOUKS et LES TURCS
En se libérant des Francs les Arabes ne pensaient pas tomber sur un ennemi redoutable : les Mamelouks : milice composée d’esclaves des turcs, des slaves, des tcherkesses originaires du Caucase. Ils ne remirent pas en question le commerce des ports du Liban. Au contraire ils le favorisèrent, en leur permettant de construire des entrepôts où l’on pouvait trouver tout ce dont l’Orient était demandeur : fer, bois, laine, poix ; et inversement on expédiait vers l’Occident : or, épices, porcelaines, soieries, gaze de GAZA , mousseline de Mossoul, le damas de Damas , le baldaquin de Bagdad ......

LES OTTOMANS
En 1516 sous le règne de SELIM I le LIBAN est annexé à l’empire OTTOMAN. 1590 – 1630 : l’émir FAKR ed DINE unifie la montagne libanaise. Reprise par les Turcs 1788 -1840 : l’émir Béchir II allié avec l’Egypte parvient à son tour à unifier le Liban. Mais la fin de son règne est marquée par des affrontements communautaires entre Druzes et Chrétiens. 1860 : nouveaux affrontements et massacres de Chrétiens. La FRANCE décide d’intervenir en tant que protecteur autoproclamée des Maronites, sous Napoléon III La première guerre mondiale met fin à l’empire OTTOMAN En 1920 : les alliés se partagent les dépouilles de l’empire Ottoman Les Anglais s’installent en Mésopotamie, Irak, Palestine Les Français reçoivent l’administration de la Syrie et du LIBAN

LE MANDAT FRANCAIS
L’administration coloniale s’employa à tracer les frontières et à créer un état communautaire. En 1926 la constitution libanaise stipulait que les communautés seraient équitablement représentées dans les emplois publics et dans les ministères. En 1946 la FRANCE se retire.
En 1943 : proclamation de l’indépendance. Béchara el Khoury et SOLH posent les grandes lignes du pacte national qui établissent l’égalité entre les communautés : à savoir : chiites, sunnites, maronites. 1958 : guerre civile et intervention Américaine sur demande du président Camille CHAMOUN Il faut reconnaître au pays des cèdres le mérite d’avoir accueilli tout ce que la région comptait comme réfugiés ou exilés : Arméniens (1916) Palestiniens (1948 ) à la création de l’état d’ISRAEL , Syriens, Kurdes etc ...

LES GUERRES AU LIBAN
Il est difficile de résumer la guerre qui éclata en 1975. Ses causes, ses manifestations sont multiples. Elle fut sûrement l’expression du rapport de force entre notamment la Syrie, Israël, le Liban et l’O L P et sur le plan interne, entre les communautés, partis, leaderships politiques avec toujours au centre la question palestinienne. Le problème palestinien se greffait sur un clivage communautaire interne à la société libanaise en crise. Le clientélisme et la corruption de la classe politique, mais aussi l’instabilité régionale achevaient de miner le terrain libanais. La triste guerre du LIBAN a constamment changé de forme, de protagonistes et d’enjeux. Il y a transposition de tous les conflits de la région sur le sol libanais et les différentes communautés sont appuyées par des pays extérieurs. Le HEZBOLLAH, chiite est soutenu par l’IRAN. L’ARABIE Saoudite soutient les SUNNITES.
La constitution libanaise ne favorise pas l’entente entre les différentes communautés :
- Le président doit être chrétien maronite il est élu pour 6 ans - Le chef des armées doit être maronite - Le premier ministre est sunnite - Le président de l’assemblée est chiite - Le vice-président du conseil des ministres est grec orthodoxe - Les députés sont au nombre de 124 répartis entre : sunnites, chiites , maronites, arméniens ,
druzes. Ils sont élus pour 4 ans.
Il faut savoir que votre appartenance à tel communauté et votre confession sont indiquées sur votre carte électorale. Ces notifications apparaissaient également sur votre pièce d’identité, mais cela a été supprimé il y a seulement quelques années.

LE LIBAN D’AUJOURD ’HUI
Fait face à une crise politique, économique et humanitaire. Le gouvernement est partisan d’une dissociation vis à vis du conflit Syrien. Il estime que le Liban ne doit pas prendre parti ni pour Bachar al Assad, ni pour l’opposition syrienne. C’est la participation active du Hezbollah au conflit syrien qui divise la population et la classe politique ; le parti chiite et les chrétiens sont convaincus que la présence du Hezbollah en Syrie permet de sécuriser les frontières du LIBAN, face aux tentatives d’entrée sur le territoire des combattants djiadistes. Les adversaires du Hezbollah, quant a eux, lui reproche d’exporter le conflit syrien sur le territoire libanais. Avec 1.300.000 syriens sur le territoire, le liban est confronté à une crise humanitaire et économique : 30% de chômage .Le pays est au bord de la faillite.

ART ET CULTURE AUX PAYS DES CEDRES
Situé aux portes de l’orient, le Liban a de tout temps été très visité. Son patrimoine historique est riche et abondant : Phéniciens, Perses, Grecs, Romains, Croisés, Ottomans, Français etc... autant de peuples ou d’armées, d’envahisseurs ou d’alliés, dont les libanais ont conservés la mémoire et dont les nombreux sites archéologiques témoignent. Mais le pays des Cèdres est aussi un Etat moderne. Par son « génie » allié à un esprit d’entreprise et un fort dynamisme, il a pu se relever des années sombres de son histoire Beyrouth a également su restaurer son pouvoir de séduction : lieux branchés ou alternatifs ont redonné aux nuits levantines leur éclat d’autrefois et les visiteurs du jour n’ont que l’embarras du choix entre musées galeries, parcours historiques et complexes touristiques ultramodernes.

En dehors des centres urbains de nombreux sites sont à découvrir :
- BYBLOS : avec ses vestiges romains, amphithéâtre, temple d’ADONIS et château fort et église construits par les croisés - TRIPOLI : château de SAINT-GILLES construit par le comte de Toulouse ; Mosquée de TAYNAL ; Bécharré : Musée GIBRAN
- VALLEE DE KADISHA : avec de nombreux monastères maronites - SAÏDA ou SIDON : château de la mer des croisés transformé en mosquée - TYR : avec 2 temples romains, voie romaine, amphithéâtre, arc de triomphe, arènes, thermes, nécropoles ..... - BAALBECK : le site le mieux conservé avec ses 3 temples fut construit par les romains.

LE LIBAN ET LA FRANCE
De nombreux poètes, romanciers, hommes de lettres, hommes politiques, présidents ont été fasciné par le LIBAN. On peut citer : LAMARTINE qui est venu au LIBAN pour sa fille atteinte de la tuberculose et qui pensait que le climat lui serait bénéfique, mais malheureusement elle est décédée 2 mois après son arrivé. Il a sillonné le LIBAN et nous a laissé de belles descriptions de BAALBECK....Gérard de Nerval... Françoise SAGAN ... Le président CHIRAC : pour son décès il a fait la une de l’Orient du jour « l’ami des jours difficiles » et une journée de deuil national a été décrétée.

Christiane André