Fédération Française du Lyceum Club International

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RENCONTRES CULTURELLESde BERLIN

Date : 22 mai 2015

A Berlin, capitale de la RFA, située dans le Land de Berlin, Dorothea Schuppert, Präsidentin et 52 membres des ILC Berlin accueillaient 222 lycéennes du monde entier (et 49 époux) : allemandes venues d’autres Länder, autrichienne, Suédoises dont Ingrid von Rosen, notre Présidente Internationale, Suissesses très nombreuses, australiennes, néerlandaises, finnoises, écossaises, américaine, italienne, néo zélandaise et françaises entourant Muriel Hannart, notre Présidente Nationale. Chaleureuse réception dans les “plâtres”, du nouveau Kunsthaus Dahlem, futur lieu d’exposition et de recherche sur l’art moderniste de l’après-guerre allemand (Est et Ouest). Le conservateur, Dorothea Schöne (fille de lycéenne) présenta le bâtiment historique, construit en lisière de la forêt pour abriter le plus grand atelier d’Arno Breker(1900-1991), sculpteur formé en Allemagne, élève de Maillol à Paris où il partagea l’atelier de Calder, fréquenta Cocteau, Foujita, Brancusi. Le IIIe Reich considérait l’Art comme moyen essentiel de propagande, favorisant l’adhésion du peuple au nazisme. Tous les artistes devaient y adhérer pour travailler. Dès 1935 Breker, Prix de Rome de Prusse, reçut commande d’oeuvres à la gloire de l’idéologie nazie, par Goebbels, Ministre de l’Éducation du peuple et de la Propagande, créateur du Reichskulturkammer (Chambre de Culture du Reich). Très apprécié d’Hitler pour son art et ses idées nationalistes, il fit durement oeuvrer des travailleurs forcés italiens et français dans ses 3 ateliers (pour Germania, ensemble monumental imaginé par Albert Speer). Dans le jardin, oeuvres de Bernhard Heiliger (1915-1995).
Premier jour
Le guide nous résuma les 800 ans d’histoire d’une ville dynamique de 3,5 M d’hbs, née au XIIIe s. de la fusion de 2 bourgades dans un environnement marécageux : Berlin (nom d’origine slave :“place sèche dans le marais”) et Cölln (lieu de garnison romain) dans la vallée glacière de la Spree.
Au XVIe, le prince Hohenzollern, protestant, l’enrichit en sécularisant les biens du clergé, et confisquant ceux des juifs. Au XVIIe, le Grand Electeur Frédéric-Guillaume de Brandebourg relança l’économie de sa ville dépeuplée et ruinée par la Guerre de Trente Ans (1618-1648), en accueillant 6000 Huguenots chassés de France par la Révocation de l’Edit de Nantes (1685) ; il leur fait construire un lieu de culte, et les exempte d’impôts.
Au XVIIIe Frédéric I, 1er roi de Prusse, amateur d’art et fondateur d’académies, en fit sa capitale. Il fit agrandir le château, édifier l’Arsenal, construire Charlottenburg pour son épouse Sophie–Charlotte. Frédéric II, Le Grand (1712–1786), despote éclairé fou d’architecture et d’urbanisme, continua. Le long de la promenade d’Unter den Linden (“sous les tilleuls”) aménagée au XVIIe sur le chemin de terre reliant au XVIe le Château à la réserve de chasse royale de Tiergarten, il fit élever le Forum Fredericianum (Bebelplatz). L’architecte Georg Wenzeslaus von Knobelsdorff y créa l’opéra et la cathédrale catholique Ste Hedwige ; Georg Christian Unger la bibliothèque royale ; Johann Boumann l’Ancien le palais du jeune prince Henri sur les dessins du roi (Université Humboldt). La ville devint pôle d’attraction des beaux esprits et des affaires mais Potsdam resta son lieu de prédilection, surtout le petit palais rococo “Sanssouci” de Georg Wenzeslaus von Knobelsdorff. En 1806, après Iéna et Auersted, Napoléon entra à Berlin et saisit le Quadrige de la Porte de Brandebourg. En 1814, les prussiens entrèrent dans Paris et le rapportent triomphalement, Guillaume 1er (1797–1888), proclamé empereur dans la galerie des Glaces de Versailles, fit de Berlin sa capitale. L’économie s’envola, la ville d’art devint grand centre industriel. Après 1918, les indemnités de guerre dues par l’Allemagne puis la crise de 1929 poussèrent les Nazis au pouvoir. Le 27 février 1933 le Reichstag fut incendié, Hitler mena une campagne de constructions monumentales dans la capitale du IIIe Reich. De 1941 à 1945, 363 bombardements alliés, l’assaut final de l’Armée Rouge, la capitulation du 7 mai 1945, en firent un champ de ruines. La conférence de Potsdam la divisa en 4 secteurs, américain-anglais-français à l’Ouest, russe à l’Est (le plus grand), où les tensions amenèrent ses 3M d’hbs à le quitter pour l’ouest. La construction du Mur, le 13 août 1961, stoppa l’hémorragie. Sa chute, la nuit du 9 novembre 1989, permit à Berlin, en 1991, de devenir la nouvelle capitale d’Allemagne réunifiée.
D’abord le Kurfürstendamm, “Ku’damm” de 3,5 km/53m, ”Champs-Elysées de Berlin”, “digue des vaches” des berlinois, “allée des Princes Electeurs” construite sur le remblais reliant le château de Cölln au pavillon de chasse du prince Joachim. Puis Eglise du Souvenir construite en néo-roman Rhénan de 1890/95, consacrée au 1er empereur d’Allemagne et à la victoire de Sedan en 1870, touchée par un raid aérien de novembre1943 et par les combats d’avril-mai 1945 entre la Wehrmacht et l’Armée rouge, elle nous avait impressionnées la veille. Ses ruines, Mémorial de la guerre, symbolisent la volonté de reconstruire des Berlinois. Près du clocher éventré (« la dent creuse »), tour octogonale (chiffre de vie) haute de 53 m, réalisée en 1962 par Egon Eiermann et le maître-verrier français Gabriel Loire, créateur des 21570 pavés de verre en “bleu de Chartres”. Après le KaDeWe (Kaufhaus des Westens) érigé en 1906 par Johann Emil Schaudt et plus important grand magasin d’Europe après Harrod’s, sobre petite gare de métro 1902, néoclassique. Depuis 1987, 7 œuvres ornent le Bd des sculptures. Celle du plasticien français Bernar Venet, L’Arc de 124.5° (36 m x 20 m de h), grand arc de fer donné par Paris en 1987 pour le 750ème anniversaire de Berlin, symbolise la latitude partagée par les 2 villes et leur union. Sur le Landwehrkanal, le Ministère fédéral de la Défense était le siège de l’Etat-Major de la Wehrmacht en 1939, cadre du complot du 20 juillet 1944 contre Hitler. Ses principaux instigateurs furent fusillés dans la cour. Aujourd’hui, par “Tradition des officiers du 20 juillet”, les jeunes officiers y prêtent serment devant le Mémorial à la résistance de l’Armée Allemande.
L’immense ancien domaine de chasse du Tiergarten “grand jardin aux animaux” (3x1 km), abrite animaux en liberté et en zoo, lacs et espaces de détente. Les parcs sont les poumons verts voulus par les théories hygiènistes du début du XXe s. Après 1945 la vie fut aussi organisée par zones dans Berlin-ouest : celles des loisirs, du travail et de la vie, de la culture.
Le quartier des ambassades longe le Tiergarten ; celle d’Autriche, trèfle vert, a été construite par Hans Hollein en 2001, face au Musée de la ville. Les tuyaux qui passent au-dessus des rues apportent l’eau aux chantiers innombrables occupant les terrains du no man’s land qui entourait le Mur et créant une rocade de nouveaux immeubles et de places. En 1990 la PotsdamerPlatz, près du Mur, était un vaste désert à la jonction des secteurs britannique, américain et soviétique. Dévastée en 1945, rasée par les autorités de l’Est, elle avait été le carrefour le plus encombré d’Europe. Près de la Porte de Potsdam le trafic était tel (voitures, trams, trains de 2 gares) qu’en 1927 il fallut créer le 1er feu de circulation d’Europe. Sa réplique, petite tourelle noire à guérite et 4 horloges, trône à l’emplacement de la 1ère gare construite en Prusse, devant un segment de Mur encore dressé, une double rangée de pavés ponctuée de plaques de bronze avec “Berliner Mauer 1961-1989” le matérialisant là où il n’existe plus. Reconstruite selon un strict plan défini en 2000, les architectes y ont mêlé bureaux (50%), appartements de standing (20%), hôtels, restaurants de luxe, lieux de divertissement et galerie marchande (30%) : Le quartier DaimlerChrysler (1998) où Renzo Piano a réalisé une tour de 90 m. Le Sony Center (2000) où l’Américain Helmut Jahn a créé un ensemble à façade-écran surmonté d’un immense chapiteau de toile et métal de 70 m de haut, silhouette du mont Fuji lumineuse la nuit. Le Beisheim Center (2004) d’Albers, Chipperfield, Gerkan, et Kleihues. Déjeuner au Lindenbräu sur la piazzetta du Sony Center. Pour préserver les restes du Grandhotel Esplanade, palace le plus réputé de la ville, de style éclectique wilhelmien 1907, on a déplacé de 75 m son Salon de l’Empereur classé au Patrimoine qui pesait…1300 t. Nous partons pour nous perdre, silencieuses, dans l’impressionnant Mémorial aux Juifs assassinés d’Europe de Peter Eisenman, “Champ de Stèles” de 2711 blocs de béton gris aux tailles différentes, disposés en vagues sur un sol ondulé, hommage aux 6 millions de victimes de l’Holocauste.
Visite du quartier où verre, béton et acier dominent des architectures à touches de marbre, ou de brique rouge (5 édifices de Giorgio Grassi). Le Mémorial aux victimes de l’euthanasie (2014), paroi de verre bleu clair sur socle noir (L=30m), rappelle l’élimination de 70 000 inadaptés et handicapés décidée là, par le “programme T4”, de janvier 1940 à août 1941, préparant l’Holocauste. Sur le Kulturforum, Philharmonie de Berlin (1960 par Hans Scharoun, au podium central révolutionnaire et à l’esthétique inspirée par les bateaux), Nouvelle Bibliothèque d’Etat (aux mêmes murs extérieurs de zinc teinté en jaune), Musée des Instruments de musique, Gemäldegalerie (1998, une des plus belles collections de peintures du monde), Cabinet des estampes, Bibliothèque d’Art, Musée des Arts décoratifs et Neue Nationalgalerie (1968, de Ludwig Mies van der Rohe), ensemble culturel d’excellence, créé près du Mur pour compenser la perte de lieux prestigieux situés de l’autre côté. La vaste église St Matthaeus était la paroisse d’un quartier résidentiel rasé pour la réalisation du vaste projet d’Hitler et d’Albert Speer : la pharaonique “Germania. Capitale du monde”.
Des allées de platanes en ornant les abords il ne reste qu’un pauvre témoin du mariage du futur Frédéric-Guillaume IV.
Les 2 silhouettes rouge et bleue des Boxeurs du sculpteur américain du “Steet Art” Keith Haring, venu taguer le mur en 1987, s’interpénètrent au bout d’un petit canal de brique qui alimente un bassin sur la MarlèneDietrichPlatz. Tout diffère. Entre les façades de terre cuite, Renzo Piano a recréé des rues sur le réseau d’autrefois et conservé les arbres.
En bus nous quittons Berlin ouest pour l’ex-Berlin Est ou l’architecture régulière et “colossale” est ponctuée par des immeubles construits depuis la réunification. Le Martin Gropius Bau, ancien musée des Arts décoratifs dont les fenêtres avaient été murées car il touchait presque le Mur, jouxte la “topographie des terrors” où la Gestapo torturait, près du bunker d’Hitler, disparu. A Checkpoint Charlie, seul ancien poste-frontière réservé aux étrangers, la foule rode autour des boutiques de souvenirs ; les Trabans sont nombreuses, hissées sur les murs ou décorées de façon inattendue. Les autorités du secteur décidèrent de restaurer à l’identique les bâtiments les plus fameux du centre historique de Berlin mais rasèrent beaucoup ailleurs, pour reconstruire dans le style soviétique. Sur Bebelplatz, devant la Bibliothèque Royale devenue Université de Droit Wilhelm von Humbold, la plaque de verre du Mémorial de l’Autodafé recouvre des étagères vides. L’israélien Micha Ullman rappelle ainsi le 1er autodafé nazi : plus de 20 000 livres de penseurs allemands jetés au feu par des étudiants fanatisés, sous les yeux de Goebbels. Après la catholique Ste Hedwige, très belle place du Gendarmenmarkt où l’église protestante française, néoclassique, fait face à sa jumelle allemande ; l’ancien théâtre du grand architecte Schinkel les sépare. Un bon gâteau, un café, nous repartons vers Unter den Linden (“sous les tilleuls”) et les bâtiments qui la bordent jusqu’à la Porte de Brandebourg.
Circuit-dînatoire sur la Spree, très reposant. Elle serpente le long du Tiergarten et des jardins du château Bellevue, résidence du Président Fédéral. La voûte de la Maison des Cultures du Monde (“l’huître pleine”) et le haut de la tour du Carillon apparaissent. La rivière passe sous l’extrèmité de l’aile du « Band des Bundes », quartier d’architecture contemporaine où la politique se fait ; Chancellerie aux énormes baies rondes (“la machine à laver”), où Angela Merkel travaille, Hauptbahnhof (2006, gare de verre et d’acier à 7 niveaux, gigantesque), édifices parlementaires reliés par des ponts couverts : le Jakob-Kaiser-Haus, le Paul-Löbe-Haus, et le Marie-Elisabeth-Lüders-Haus. Sur la rive opposée, centre historique avec l’Ile des musées dont le Bode Museum est la proue, le dôme, le vieux quartier St Nicolas. Au retour, le mémorial des Croix blanches est visible près du Reichstag ; il rend hommage aux victimes abattues par les Vopos lors de leur tentative de franchissement du Mur par la Spree.
Deuxième jour
Après l’hôtel de ville rouge et la Tour de télévision (1965), fierté du régime est-allemand avec ses 368 m, vieux cœur historique de Mitte délaissé par les autorités de l’Est et ainsi préservé. Dans l’église néoclassique Sainte Elisabeth, de K.F. Schinkel, aux briques mutilées laissées apparentes pour rappeler “le poids de l’Histoire”, réception officielle mais sans chichis de notre Club par Madame Schadt, compagne du Président de la République. Dans son allocution elle rappela que le club fut fondé en 1905, à une époque où les femmes commençaient à s’émanciper, à s’exprimer courageusement. Le droit de vote fut obtenu en 1918 et plusieurs membres du Club apportèrent leur contribution à la vie culturelle. Käthe Kollwitz, l’une des plus importantes artistes du 20ème siècle, était Lycéenne ! Pour Madame Schadt, “Les 73 Clubs du Lyceum, répartis dans 17 pays, ont une mission importante. Comme d’autres Clubs internationaux, ils peuvent former un contrepoids très précieux aux conflits militaires, aux catastrophes qui frappent de nombreux peuples et aux crises économiques. Vos rencontres et votre solidarité amicale sont le fondement de la paix entre les peuples. Vous n’êtes pas uniquement des femmes qui s’intéressent à la culture, mais vous êtes aussi les représentantes de votre pays. Ce ne sont pas seulement les discours et les activités des chefs d’État, ou les conventions entre Etats, qui peuvent apporter la paix au monde et contribuer à l’amitié des Nations, mais ce sont aussi les liens réguliers et cordiaux comme les vôtres”.
Dorothea Schuppert, fit l’historique du BLC fondé 1 an après celui de Londres grâce à une artiste berlinoise qui en rapporta le modèle. Il regroupait l’élite de la société berlinoise et se battait pour obtenir son indépendance. Ingrid von Rosen prit ensuite la parole pour faire celui du Lyceum International. Un cocktail nous attendait dans le jardin, devant la colonnade du “temple”, au son d’un concert répété dans des bâtiments annexes. Puis nous avons gagné Bernauer Strasse et son Ensemble mémorial du Mur de Berlin. Face au vieux cimetière romantique, la vision en hauteur permit de bien comprendre que le “Berliner Mauer” de 155 km était double. Avec 302 miradors, des projecteurs et des rondes dans son no man’s land, il fut “couloir de la mort” pendant 30 ans. La nuit du 12/13 août 1961 un mur de fils de fer barbelés fut élevé, remplacé très vite, par des parpaings hauts de 4 m, surmontés de barbelés. La nuit des 9 et 10 novembre 1989 tout changea. Des images imprimées sur les façades, des photos et des textes évoquent les étapes de sa construction, rappellent ses constructeurs, les familles séparées, l’inhumanité du régime de la RDA, les victimes et tireurs, ceux qui ont réussi à franchir l’obstacle (tunnel 57, par exemple). Des fragments de 64 m alternent avec des piliers de fer marquant sa place.
Déjeuner au Musée d’Histoire Allemande, dans l’ancien Arsenal. A l’arrière, bâtiment annexe de Ioh Ming Pei.
Marche sur Unter de Linden vers la Porte de Brandebourg de Carl Gotthard Langhans, dernière des 18 portes existant au XVIIIe dans la muraille d’octroi, très inspirée par les Propylées d’Athènes. 5 passages, celui du centre étant réservé à l’Empereur. La douane occupait les 2 pavillons latéraux. Sur l’entablement à décor néoclassique porté par 2 fois 6 colonnes doriques cannelées engagées, le quadrige de la Victoire, de Schadow, a eu bien des déboires : de 1806 à 1815 à Paris, il fut détruit en 1945 et refondu grâce aux moules d’origine conservés à l’ouest. La Porte fut le symbole de la partition, située dans la zone Est qui le restaura mais éleva un haut mur de béton pour cacher la vue. Aujourd’hui elle est symbole de Berlin, avec la tour de télévision et le Reichstag que nous visitons ensuite. Il abrite le Bundestag depuis 1999, quand les institutions parlementaires sont revenues de Bonn. Le bâtiment, néoclassique colossal à colonnes corinthiennes fut construit en 1884 avec les indemnités de guerre versées par la France. Il porte, en lettres de bronze “Dem Deutschen Volke” (“Au Peuple Allemand”). Visite de la coupole du Reichstag et de son toit-terrasse.
De la rampe qui monte doucement à l’intérieur de la coupole de verre, on voit bien les 4 tours d’angle massives qui représentent Bavière, Prusse, Saxe et Wurtemberg. L’incendie du 28 février 1933 permit aux nazis de mettre hors circuit leurs opposants politiques. Très touché par la Bataille de Berlin, le 2 mai 1945, il fut restauré sans sa coupole de verre. Le mur passait à ses pieds mais il était à l’ouest. Sir Norman Foster gagna le concours pour sa réfection en 1999, les contraintes écologiques étaient importantes. Avant que les travaux ne commencent, Christo et Jeanne-Claude, sa femme “l’emballèrent”. La nouvelle coupole possède un vaste cylindre central qui capte la lumière naturelle, grâce au jeu des miroirs, et la reflète pour éclairer la salle des séances située dessous. La vue sur le Tiergarten et Berlin est magnifique, les explications données par l’audioguide sont détaillées ; intéressante galerie de photos du Reichtag .
Soirée très sympathique chez Dorette Schuppert, dans un appartement original et très réussi situé sous les toits. Tout y est agencé avec goût. Malgré sa fatigue notre hôtesse était très souriante, le dîner délicieux, l’ambiance sympathique.
Troisième jour,
Visites de l’île des musées. Le Bode Museum a été crée par Wilhelm von Bode, un des principaux conseillers du couple Jacquemart-André pour leurs achats, grand collectionneur lui même. Il a mis à disposition du public ses collections de sculpture. Nous avons été guidées dans les salles italiennes, mais la sculpture sur bois allemande nous a retenues, ensuite.
Déjeuner dans l’Humboldt Box placée devant les travaux de réfection du château, près du monumental Dom (protestant). Discussion avec une allemande qui ne souhaitait pas ce chantier, et avec une autre qui le trouvait nécessaire. La polémique n’est pas terminée. Au 1er niveau du “cube”, très intéressante maquette de la ville ancienne.
Au “Verborgene Museum” – “le musée caché” – découverte de l’exposition “Quo vadis Mater ? ” consacrée aux femmes artistes du Lyceum Club de Berlin entre 1905 et 1933. Les œuvres montrent l’évolution de l’expression artistique de la femme à cette époque. Devenue très nombreuses, plus de 1000, les lycéennes ont joué un rôle de 1er plan dans l’histoire de l’émancipation de la femme mais plusieurs étaient juives, leur destin fut tragique après 1933.
Obligées de rentrer très vite à Paris nous avons quitté ce groupe si sympathique, bien décidées à revenir explorer cette ville qui bouge et à garder contact avec nos amies allemandes. B.F.