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SITE ARCHEOLOGIQUE de VIEUX-la-ROMAINE

Date : 28 septembre 2017

Ce musée constitue une base archéologique permanente et un lieu d’exposition de mobilier archéologique qui provient à 80 % d’une maison romaine dont les fouilles ont été présentées pour la 1ère fois au public en 1993. Nous n’étions malheureusement qu’un petit groupe, mais très motivé. Beaucoup avaient déjà effectué cette visite pendant les vacances scolaires. Créée au 1er siècle comme capitale des Viducasses, un des peuples de la Gaule lyonnaise, AREGENUA (nom gaulois signifiant “au-dessus de l’embouchure” de la Guigne, affluent de l’Orne) connut son apogée aux IIe et IIIe siècles après JC. La ville, romanisée en 40 sous l’empereur Claude, comptait 6 000 habitants et était structurée en damier. Elle n’était pas fortifiée, comportait un théâtre de 5 600 places et un forum colossal de 103 m de long sur 53 m de large, doté probablement d’un temple central. Elle bénéficiait alors de la “Pax Romana”, période paisible et prospère qui explique pourquoi les Gaulois avaient très fortement adhéré au système romain. Très touchée par les invasions Barbares de la fin du IIIe siècle qui firent fuir une partie des habitants, la ville gallo-romaine ne fut pas choisie comme siège épiscopal durant la Christianisation de la région. Malgré quelques découvertes qui révèlent la continuation d’une activité commerciale de longue distance et artisanale, elle fut abandonnée vers le milieu du Moyen-Âge et les habitants, qui élevèrent de nouveaux lieux de résidence un peu plus au nord du site, utilisèrent ses ruines pour construire ces demeures. Augustodurum (Bayeux), défendue par une enceinte, prit le pas sur Aregenua.
Dès 1697 les fouilles archéologiques commencent sur le site dès 1697, les vestiges n’ayant pas été recouverts par une ville moderne ; très vite plusieurs constructions prouvant son importance sont dégagées : un Aqueduc, un Théâtre et des Thermes romains, un sanctuaire dédié à Venus et Mars (sous l’église Notre-Dame). L’intendant de Normandie Foucault entame des recherches, le grand orientaliste Antoine Galland vient à Vieux spécialement, Arcisse de Caumont et la Société des Antiquaires de Normandie exploitent les comptes rendus de trouvailles déjà effectuées. De nombreux objets et documents d’archives sont malheureusement détruits par les bombardements de Caen, en 1944. Au début des années 1970 des archéologues s’intéressent à nouveau au site et dégagent un exceptionnel ensemble appelé “Maison au grand péristyle”, fouillé depuis 1988 et s’étendant sur environ 1500 m2, une basilique civile, une autre villa et un bâtiment abritant la Curie actuellement en cours de fouilles. Apparaît aussi un quartier artisanal avec ateliers de bronziers, fours de verriers, boucherie … La Maison au grand péristyle a été construite à la manière méditerranéenne mais dotée d’un hypocauste permettant de chauffer efficacement certaines pièces, d’une salle de bain avec eau courante et tout-à-l’égout. Il est possible qu’elle ait appartenu à Titus Sennius Sollemnis qui, revenant d’Afrique, y a laissé de nombreuses références, cherchant par ailleurs à éblouir les visiteurs par une sophistication décorative exceptionnelle. Une statue en marbre découverte sur le forum présente ce prêtre du culte de Rome venant de Lyon. La maison accueillait le maître, la famille et toute une domesticité. Autour du péristyle grandiose il y avait un bassin avec des jeux de lumière reflétant le décor de poissons en mosaïque.
Au Musée, ouvert depuis 2002, on découvre une grande quantité d’objets de belle qualité. Le musée détaille aussi les méthodes de construction des Romains, civilisation urbaine, et montre l’importance d’un commerce déjà de grande ampleur grâce à des matériaux provenant du sud de la Gaule, du pourtour méditerranéen et même d’Egypte. La monnaie (le sesterce d’Astérix !) permettait ces échanges tout en diffusant le visage de l’empereur. Les Romains usaient du syncrétisme pour diffuser en douceur leurs idées et leur religion.
Le musée présente aussi les différentes méthodes de datation de ce genre de site, utilisant des procédés géologiques (stratigraphie, archéomagnétisme), botaniques (dendrochronologie, palynologie, carpologie) ou zoologique (archéozoologie).
Une nouvelle campagne de fouilles a débuté en 2007. La petite partie visible du forum ne sera bientôt plus accessible car le dégagement de ce grand ensemble encore enfoui dans “le champ des crêtes”, va reprendre.
Il est juste regrettable que ce qui est déjà dégagé du forum soit si peu connu, un guide est nécessaire pour y accéder ; l’accent, mis davantage sur les plages du Débarquement, détourne de ce passionnant musée les touristes … SB – CC