Fédération Française du Lyceum Club International

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SORTIE EN BAIE DE SOMME

Lieu 10 et 11 mai 2017

Date : 10 mai 2017

Nous étions 14 : 9 Lycéennes, 3 conjoints et 2 invitées à profiter de deux journées magnifiques de partage dans la chaleur de l’amitié, de découvertes pour certains, d’émotion sereine dans une luminosité faisant chanter les panoramas.
- Le Massif dunaire du Marquenterre : Ce site sauvage s’étend d’un seul tenant de la Baie de Somme à la Baie d’Authie.
En 1923, Henri Jeanson, industriel parisien, acheta ce domaine de 1000 hectares de dunes et de garennes pour y pratiquer la chasse. Afin de fixer les dunes instables, il planta une forêt de pins Laricio aux très longues racines ancrant dans le sol.
Le lapin pullulait faisant le bonheur des chasseurs. La myxomatose survenant,
M. Jeanson consacra de vastes étendues à la bulbiculture (tulipes, jacinthes, ) pour en faire le commerce. Mais la Hollande prenant la main sur le marché de latulipe, il changea l’orientation de la mise en valeur de sa propriété qu’il scinda en deux parties : le Parc et le Domaine privé où l’homme et la nature se rencontrent dans la diversité des sites et leur beauté
Entre temps, avait eu lieu la guerre de 40. Les Allemands investirent tout le site donnant sur la mer pour y construire plus d’une centaine de blockhaus faisant partie du Mur de l’Atlantique. La paix revenue, la famille Jeanson mit tout en oeuvre pour créer :

* Le Parc du Marquenterre, Réserve Naturelle protégée en aménageant le territoire avec des plans d’eau douce où s’épanouissent flore, insectes, batraciens, chevaux, vaches et... les OISEAUX : échassiers de toutes sortes, oiseaux d’eau, passereaux, rapaces, vanneaux, cigognes et tant d’autres.
Aujourd’hui, le Conservatoire du Littoral en assure la gestion pérenne.
* Le Domaine privé du Marquenterre façonné par sa forêt, les diverses espèces animales et végétales, l’élevage de chevaux en font un site remarquable.
Aujourd’hui sa gestion est assurée par l’un des fils de M. Jeanson.

Pour notre première journée :
- Visite guidée du Parc du Marquenterre : Pendant deux bonnes heures, nous avons suivi Séverine, notre jeune guide passionnée et passionnante. La faune, les plantes, les fleurs, les roselières et leur entretien, les oiseaux et leur cris, leurs habitudes n’ont pas de secret pour elle. Séverine reconnaît, explique d’une façon claire et simple . Ce fut un grand moment de plénitude hors du temps. Nous progressions doucement sur les sentiers, les yeux et les oreilles emplis de beauté car nous étions en pleine saison de la reproduction, des amours, de la construction des nids, des naissances, des poussins. Par dizaines et dizaines d’oiseaux, échassiers ou d’eau, vivant leur vie, évoluaient dans des vols planés ;Les cigognes allaient chercher des branchages qu’elles emportaient dans leur long bec pour terminer leurs nids. Les élégantes avocettes au bec incurvé nichaient sur de petits îlots, les spatules blanches dans leurs nids perchés dans les pins nourrissaient leurs petits.

- Heureux et émerveillés, nous reprenons les voitures pour nous rendre à proximité auDomaine privé du Marquenterre où nous avons très bien déjeuné à la Garinière dans le beau cadre forestier du site. Gaîté et amitié complétaient le menu.
Nos voiturettes électriques attendaient sagement pour nous emmener visiter le Domaine sous la houlette de ...... notre jeune guide lui aussi passionné et passionnant.
A bord de nos trois voiturettes, nous voici parcourant ce magnifique domaine laissé dans le « jus » d’une nature sauvegardée mais très bien entretenue pour préserver la diversité de biotopes.. On s’y sent merveilleusement bien, en accord avec cette nature que l’homme ne détruit pas. C’est le calme où règne les appels des oiseaux.

La faune y vit une vie préservée. Nous n’avons pas vu d’animaux car nous étions en milieu d’après-midi qui est leur temps de repos :
- Mouflons, se nourrissant exclusivement de plantes herbacées, de jeunes pousses, rameaux, feuilles et baies.
- Sangliers qui trouvent refuge dans les fourrés impénétrables du bord de la mer.
- Chevreuils très discrets car le milieu dunaire ne leur conviennent que modérément pour leur alimentation de feuilles tendres, de ronces, de glands, de lierre.
- Chevaux Henson en élevage sur le site Ils avaient été transférés dans d’autres pâtures. Cette race est relativement nouvelle créée dans les années 1980 par
croisement entre chevaux de selle français et poneys de fjord norvégiens. Ils sont très beaux, relativement petits, d’une grande docilité et très résistants au froid vivant dehors par tous les temps. Leur robe est couleur mirabelle rehaussée d’une raie brune sur l’échine. Leur crinière est superbe, blonde et brune en mèches régulières que l’on croirait faites par un très bon coiffeur... Ils sont des compagnons de choix pour toutes sorties dans les dunes.

Nous avons terminé la visite en grimpant sur le seul blockhaus préservé. Dominant le site, il avait un point de vue à 180°. Aujourd’hui le littoral est ensablé et impénétrable : royaume des sangliers.

Nous quittâmes le Marquenterrre en passant par Le Crotoy pour admirer la vue magnifique sur la Baie de Somme depuis le point de vue de la terrasse devant l’hôtel réputé des Tourelles. Le soleil irisait l’eau de la mer descendante ; au loin une ou deux têtes de phoques et de l’autre côté de la Baie,
Saint Valéry-s/Somme.

- En longeant le port du Crotoy, nous voici donc sur la route de Saint Valéry-s/Somme, ville basse moderne, ville haute aux vestiges médiévaux. Mais dès le 5ème siècle avant J.C. les Gaulois occupaient déjà la ville.
Nous avons visité à pied une partie de la vieille ville dominant la Baie dont l’Eglise St Martin aux deux nefs, typique construction gothique anglo-normande en silex et pierre posés en damier. Guillaume le Conquérant venait y faire ses dévotions en attendant que les vents en grande tempête se calment et le laissent prendre la mer avec son armée pour aller conquérir l’Angleterre où il bat Harold à Hasting. Guillaume sera couronné roi d’Angleterre. Depuis les remparts, panorama splendide dominant la Baie de Somme et les maisons alentour en contre-bas ; vieilles rues étroites aux maisons à colombages, la Porte Guillaume, les deux tours flanquant la seule entrée dans la St Valéry du Moyen-Âge. Jeanne d’Arc prisonnière passa entre elles lors de son chemin vers Rouen..

. Au 11ème siècle, St Valéry avait pris de l’importance : construction de son château, ses murailles, son abbaye. Richard Cœur de Lion pillera la région et dévastera St Valéry. Pendant la guerre de 100 ans, la ville passa de mains en mains : Français, Anglais, Bourguignons. Plus tard, Louis XI ferat incendier la ville ne voulant pas la voir tomber entre les mains de Charles le Téméraire allié aux Anglais. Les guerres de religion fin du 16ème siècle apportèrent ruine et désolation. Ultérieurement la prospérité revint et même à la période de la Révolution, les passions sanglantes épargnèrent St Valéry.

- Il se faisait tard. Nous reprîmes les voitures pour le Cap Hornu, belle avancée de calcaire dans la Baie où se niche dans les arbres notre hôtel restaurant à la sortie de St Valéry.
Après une bonne nuit dans le calme absolu, réveil au son des oiseaux et petit-déjeuner copieux.

- Nous abordons notre deuxième journée par une visite complémentaire de St Valéry :
Nous sommes sous le charme de la ravissante Chapelle St Valéry dite des Marins dominant la Baie. Lieu de pèlerinage car St Valéry y est enterré selon sa volonté.
Nous descendons dans la ville basse pérégriner dans les ruelles du quartier des marins aux coquettes maisons simples et fleuries
A 11H, nous embarquons sur le « Commandant Charcot » pour un tour complet de la Baie par mer haute. Remontant le chenal vers la pleine mer, nous longeons St Valéry et avons une vue différente et superbe sur tous les bâtiments de la ville basse et de la ville haute vus la veille. Sur l’eau, de longues franges de mousse jaunâtre peu appétissante ondulent sous nos yeux. Ce n’est pas pollution mais un phénomène naturel qui revient chaque printemps. Les appareils crépitent pour prendre les meilleures photos : phoques à bâbord, phoques à tribord qui se prélassent la tête au soleil pour digérer, repus qu’ils sont de s’être gavés à profusion en mer pleine.
Nous virons de bord et nous voici voguant vers Le Crotoy, face à St Valéry de l’autre côté de la Baie. Comme toujours, sont bien visibles les tours rouges de l’hôtel des Tourelles dominant la ville.
Nous apercevons quelques jolies maisons avant d’arriver au Port.

Après un déjeuner au Crotoy ,nous partons vers la Gare pour prendre le train à vapeur de notre jeunesse. La loco siffle et crache sa fumée noire. Les wagons d’époque ont les sièges en lattes de bois ; tout le confort de notre enfance. Nous voici partis vers à St Valéry en passant par les villages en fond de baie avec les moutons en prés salants, les ruisseaux, les champs, les roselières, les passages à niveaux d’antan.
Ce furent deux journées privilégiées, hors du temps. Soucis et problèmes de certains sont laissés de côté, pour mettre à profit ce Carpe Diem dans une nature préservée et la chaleur de l’amitié de notre Club.
LOUISE BRABANT