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Sacrebleu au musée d’Arras, la carrière Wellington

Date : 2 février 2017

Sacrebleu, le bleu dans les Arts du Moyen Age à nos jours.
visite guidée passionnante avec tout d’abord explication des techniques et matériaux inédits mis au point par les artistes pour créer en bleu : l’émail champlevé peint, le pastel, les plumes d’oiseau (martin pécheur) le bic bleu, le néon. Exploration de la couleur bleue : azur, indigo, outremer, cobalt, turquoise, lapis-lazuli qui se retrouvent dans les différentes oeuvres : peintures, dessins, sculptures manuscrits, objets d’art et tapisseries.

Voyage dans le temps : à partir du 12ème siècle, le bleu est assimilé à la lumière céleste, symbole du divin et notamment de la vierge Marie.

Au siècle suivant, l’emblème royal au fond d’azur, fait du bleu une couleur noble.
Après la Révolution le bleu devient le symbole de la nation française en intégrant le drapeau tricolore.
Au 18 ème siècle, les productions de céramiques occidentales s’inspirent des motifs d’importation d’Extrême Orient. Le “Bleu d’Arras”utilise du bleu de cobalt sur les porcelaines blanches qui se retrouve aussi dans les manufactures de Tournai, Delft et Sèvres.

Au 19ème siècle, l’usage du bleu en tant que couleur froide suggère la mélancolie qui se transcrit musicalement par la complainte du “blues”
A partir du 20ème siècle, le bleu est lié au paysage, au rêve et à l’infini. La marine permet aux peintres de figurer une aspiration vers un ailleurs

Après la seconde guerre mondiale l’art abstrait s’affirme à travers les formes géométriques ou le monochrome. Le bleu est assimilé à la pureté, à l’immatériel, à l’infini.

Yves Klein invente lui-même sa couleur : le “bleu Klein”, qu’il fait breveter : IKB

Les oeuvres présentées étaient de qualité : celles du Musée d’Arras, puis prêts du Louvre, du musée de Cluny, d’Orsay, des peintres de la Cote d’Opale et une très belle toile d’Hemery déclinant toutes les nuances du bleu contrastées avec une ligne blanche comme une vague qui déferle.

l’après-midi, nous sommes allées visiter la “Carrière Wellington”  : Il s’agit d’impressionnantes carrières d’extraction de pierre calcaire creusées depuis le Moyen-Age sous la ville d’Arras. Durant la 1ère guerre mondiale, Arras est détruite en 1914. A partir de novembre 1916 les Alliés préparent une opération de diversion avant l’attaque du chemin des Dames.
Leur idée de génie est de faire relier les carrières par les tunneliers Néo-Zélandais pour créer un véritable réseau souterrain capable d’accueillir 24.000 soldats dans l’attente de l’offensive.

Nous sommes donc descendues à 20 m de profondeur par un ascenseur et une charmante guide nous a fait parcourir 300 m de galeries où nous avons pu nous rendre compte de la vie souterraine de ces jeunes hommes en attente de l’assaut final. C’était très émouvant, il y avait quelques dessins ou sculptures sur les parois

Ensuite projection d’un film retraçant la bataille d’Arras pour honorer la mémoire des régiments britanniques engagés au prix de leur vie.
Dominique Clinck et Jacqueline Hoffman