Fédération Française du Lyceum Club International

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« TABLES ET FESTINS » : un régal pour les yeux et l’esprit !

Date : 28 janvier 2016

C’est à un pur régal des yeux et de l’esprit que nous convie la Fondation Glénat, au couvent Sainte-Cécile, pour cette nouvelle exposition sur « l’hospitalité dans la peinture flamande et hollandaise et la bande dessinée ». Quarante « natures-tranquilles » plutôt que « mortes » nous invitent à une réflexion sur le sens et la symbolique donnés à la nourriture au 17ème siècle et à notre époque. Les peintres de « l’Age d’or » réalisaient de somptueux tableaux, accrochés dans l’entrée des demeures, comme autant d’offrandes préalables aux visiteurs. Ils annonçaient ainsi la richesse, les valeurs ou le mode de vie de leurs hôtes. Tables dressées ou tables défaites, repas austères ou plantureux, mets de carême ou de fête, tout nous invite à revisiter le sens donné à la nourriture. Entre les Flandres et la Hollande, Anvers et Amsterdam, l’Eglise catholique ou réformée, se jouent deux conceptions de la vie : l’épicurisme ou le stoïcisme, le plaisir ou la tempérance.
La réflexion sur la nature des plaisirs est ici omniprésente et la dualité inhérente à l’âme humaine transposée en images. S’opposent le temporel et le spirituel, l’éphémère et l’éternel, la ripaille et l’ascétisme. « Les gras et les maigres » de Francken parle de lui-même.
Au-delà de l’apparence se pose le problème de la Vanité, illustré par le tableau éponyme de van Son. Le luxe de l’orfèvrerie n’a d’égal que le raffinement des tissus ou des mets. « Là, tout n’est qu’ordre et… volupté »
Du 17ème au 21ème siècle, il n’y a qu’un pas, vite franchi par les auteurs de bande dessinée, qui revisitent, à leur manière, les thèmes universels illustrés avec tant de maîtrise par les peintres flamands. La dérision n’est jamais loin et « Le petit dîner entre amis autour d’un bocal » de Loustal, où les convives se délectent de poissons rouges juste sortis de l’eau, illustre cette volonté de pousser le trait jusqu’à l’absurde. Il fait écho, dans l’esprit, aux « Singes festoyant » de van Kessel.
Cela nous incite à nous poser la question de notre rapport à la nourriture et à reconsidérer la place qu’elle tient dans notre vie sociale et personnelle…
D. VDB