Fédération Française du Lyceum Club International

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TOUTES AU CINE

Date : 24 avril 2017

The young lady
Film britannique proposé par Christine Corbin au cinéma Lux
Synopsis et détails
1865, Angleterre rurale. Katherine mène une vie malheureuse d’un mariage sans amour avec un Lord qui a deux fois son âge. Un jour, elle tombe amoureuse d’un jeune palefrenier qui travaille sur les terres de son époux et découvre la passion. Habitée par ce puissant sentiment, Katherine est prête aux plus hautes trahisons pour vivre son amour impossible.
Une adaptation de Lady Macbeth tournée dans le Northumberland par William Oldroyd, jeune réalisateur de Best (2013) et de Christ’s Dog (2011), avec Florence Pugh, Christopher Fairbank et Cosmo Jarvis.
Le film a reçu :
- le Prix de la meilleure interprétation féminine : Florence Pugh
- le Prix de la critique - Longs métrages
- le Prix des Etudiants - Longs-métrages
Macbeth l’une des plus célèbres pièces de William Shakespeare, écrite en 1606
Lady Macbeth est un des personnages féminins les plus célèbres de l’œuvre de Shakespeare. Sa détermination, son absence de pitié en font un personnage effrayant. Ambitieuse, assoiffée de pouvoir, telle est l’épouse de Macbeth. C’est elle qui pousse son mari à tuer le roi Duncan ; elle est plus ambitieuse que lui et dès que Macbeth hésite ou fait montre de faiblesse, elle le pousse à agir. Elle regrette amèrement ce corps de femme qui l’empêche de tuer elle-même ses victimes : comme elle aimerait abandonner sa féminité pour devenir un homme ! En effet, le pouvoir appartient aux hommes, et Lady Macbeth est un être de pouvoir. Le fait d’être une femme l’empêche d’accéder au trône ; aussi renie-t-elle sa féminité et règne-t-elle à travers son mari qu’elle influence et manipule. Elle n’use jamais de violence directe : elle manipule, ainsi que le font les sorcières. L’image du pouvoir tel qu’on le représentait dans le théâtre jacobéen – basé sur la masculinité et éventuellement sur la violence physique – est ici mise en question par Shakespeare : Lady Macbeth est la vraie souveraine
Le film vu par les lycéennes  :
Impressionnés par la beauté, la sobriété implacable des images, les lycéennes ont été surprises par la dureté de ce film réalisé par un jeune metteur en scène, qui ne laisse aucune place à de vrais sentiments de compassion ou même d’amour sauf, peut-être, de la part de l’héroïne un moment saisie d’une affection très forte pour un petit garçon et de la part de son amant pour elle-même.
La manière de filmer a tout de suite rappelé à l’une des nôtres le peintre danois Vilhelm Hammershøi, (1864-1916), resté très longtemps dans l’oubli, dont les œuvres mettent souvent en scène des femmes dans des intérieurs très symétriques, très sobres. On retrouve en effet cette symétrie, cette posture figée, énigmatique de l’héroïne tout au long du film qui nous plonge dans un univers à la fois glaçant et magnifique.
Pas une fausse note du début à la fin.