Fédération Française du Lyceum Club International

Fédération Française du Lyceum Club International

Accueil > Clubs > PARIS > The Constance’s Mirror
Version imprimable de cet article

The Constance’s Mirror

Date : 10 juin 2015

CONSTANCE’S MIRROR
Rédactrice en chef : Véronique Mattéoli
HORS SERIE AVRIL 2015

2015 : l’ANNÉE SMEDLEY

Constance Smedley, une personnalité exceptionnelle, une femme visionnaire.
Sa vie en quelques dates :
1876 : elle naît à Birmingham dans une famille de trois enfants. Son père est un industriel florissant, sa mère une femme très cultivée et ouverte à l’Europe.
Constance est frappée d’un léger handicap et son fort caractère (elle est combative, dominatrice, fantaisiste, provocante et incroyablement travailleuse) la pousse cependant à se faire connaître à travers ses dons artistiques.
À partir de 1895, elle devient rapidement célèbre, comme dessinatrice dès 16 ans, comme auteur de théâtre à 20 ans, comme romancière (Princesse d’Avril), puis comme journaliste défendant la cause des femmes dans la Gazette de St James.
Elle côtoie G.B. Shaw, H.G. Wells et bien d’autres.
1903 : elle fonde le Lyceum Club International à Londres - 128 Picadilly - club exclusivement réservé aux femmes et leur permettant de s’exprimer à travers leurs talents.
1905 : son instinct précurseur l’incite aussitôt à créer les Lyceum de Berlin, de Paris, d’Amsterdam, de Florence.
1908 : elle épouse Max Armfield, artiste peintre improbable, et abandonne le Lyceum à sa vie propre.
Ils habitent dans le Gloucestershire jusqu’en 1914, organisant des manifestations culturelles.
À la fin de la guerre, ils s’installent dans les Costswolds, où elle crée le Costswold Theater puis s’embarquent pour les USA, où ils séjourneront jusqu’en 1922, Max vendant ses toiles et Constance renouvelant l’expérience du Costswold en mettant sur pied le Greenleaf Theatre.
1922 : retour en Grande-Bretagne, où ils se partageront entre Londres et le Hampshire.
1929 : Publication de Crusaders, autobiographie de Constance Armfield-Smedley
1941 : Constance décède à West Wycombe. Max vivra jusqu’en 1972.

  

RETOUR À WEST WYCOMBE

Au tout début du mois d’avril 2015, un petit groupe de Lycéennes venant du Vieux Continent se sont retrouvées à West Wycombe autour de la tombe de la fondatrice de Constance Smedley, la fondatrice de leur association, Le Lyceum Club International.
Sous la houlette d’Helen Wilson, historienne amateur éclairée et passionnée par le personnage de Constance, elles ont découvert le ravissant village du XVIIIè siècle, niché au creux de l’immense domaine de la famille Dashwood*, où Constance a terminé une vie foisonnante d’activité et de créativité.
Dans un cadre tout droit sorti d’un roman de Jane Austen, mis en scène par James Ivory, elles ont gravi la colline surplombée par l’église Saint-Lawrence** (voir encadré) et ont traversé d’un pas ému le paisible petit cimetière joliment ombragé qui l’entoure.
Autour de la tombe, malheureusement fort dégradée, on pouvait reconnaître parmi les personnalités présentes, Ingrid Von Rosen (Présidente de l’AILC), Eltje Brill-Meyer (Past Présidente), Muriel Hannart (Présidente de la FFILC), Jacqueline Suttin (membre d’honneur du Club d’Orléans), ainsi que les présidentes des Clubs de Bretagne (organisateur du voyage), de Paris et des lycéennes venues de Suède et de France.
Respect, recueillement, émotion, tous ces sentiments s’exprimaient à livre ouvert sur les visages de ces femmes, venues (certaines de loin) pour rendre hommage à celle qui, au début du siècle dernier, avec une audace étonnante et un instinct précurseur, avait mis toute son énergie dans la création d’un « Club ouvert aux intérêts des femmes et de la Culture, où elles puissent partager les mêmes aspirations dans l’amitié et rayonner à travers le monde ».

En 2015, cette association regroupe plus de 74 clubs dans le monde comprenant environ 14000 adhérentes.
À la suite de cette visite, une campagne de restauration est envisagée et la pierre gravée « très simple » réalisée en 1941 par Max Armfield, époux de Constance, sera nettoyée de manière à en faire ressortir les symboles et les inscriptions fort intéressantes y figurant, ainsi que la citation de Robert Browning : « On the earth the broken arcs, in the heaven a perfect round. » (tiré de son poème intitulé "Abt Vogler" )
Souhaitons que ce projet aboutisse rapidement afin d’honorer la mémoire de cette grande Dame visionnaire, défendant des valeurs tout à la fois fondamentales dans notre société et porteuses d’avenir et d’espoir pour les temps qui se préparent.

*La famille Dashwood. :

Très ancienne famille de la haute noblesse anglaise, et de grands propriétaires terriens, le fameux Lord Francis Dashwood "le Despencer" a été au XVIIIe siècle, à l’origine d’une société secrète à vocation "ésotérique", les "Hell Fire" (aussi appelé Ordre des Chevalier de West Wycombe dont les membres se réunissaient sous la colline, dans les nombreuses galeries creusées pour exploiter la craie.
Nombre de personnalités en ont fait partie, comme William Hoggarth, John Wilkes, Lord Sandwich et probablement Benjamin Franklin, très proche de Lord Dashwood. Les Hell’s Fire ont été dissous en 1766.

**L’Eglise St Lawrence.

Ravissante église datant du XIVe siècle, surmontée d’un large dôme doré d’ou l’on peut apercevoir, les vertes ondulations des collines du Buckhingamshire..
Elle abrite un petit baptistère tripode, en porphyre, porté par des pieds en bois orné de bronzes d’une hauteur d’environ 1m50 et probablement d’origine italienne.

  

AU THÉÂTRE CE SOIR

The Amazing and Preposterous Constance Smedley

Cette pièce de Frank Hatt se situe entre les années 1903 (Création du Lyceum) et 1915 ( départ des Armfield pour les USA ). Elle a eté interprétée par la compagnie des Cotswolds Players. A l’origine ce groupe théâtral avait été fondé en 1911 par Constance Smedley alors qu’elle avait déjà lancé son club Lyceum et qu’elle s’était engagée dans l’écriture de pièces de théâtre.
Écrite en 2009, la pièce de Frank Hatt a été représentée une première fois à Cheltenham en 2010.
La pièce ayant été très bien accueillie par le public, la direction des Cotswolds Players (comptant 150 membres) a décidé de la programmer pour 15 représentations au mois de mars 2015.
Par des dialogues enlevés, une mise en scène dynamique, admirablement interprétée et particulièrement bien servie par les décors et les costumes, le réalisateur brosse un portrait de Constance et sa famille aux moments-clés de la vie de notre héroïne, dont on peut apprécier le caractère fort, dominateur, fantaisiste (voire un brin capricieux) et surtout extraordinairement inventive et travailleuse.

Compte tenu de son succès et des valeurs qu’elle défend, souhaitons que cette pièce soit traduite, adaptée et représentée dans les pays où le Lyceum est présent, comme dans ceux où son implantation répondrait aux attentes profondes des Femmes.

  