Fédération Française du Lyceum Club International

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VISITE DE LA CITE INTERNATIONALE UNIVERSITAIRE DE PARIS

Date : 27 février 2017

Visite de la Cité Internationale universitaire de Paris.
Lyceum Club d’Orléans, le 9 février 2017.
Visite menée par Anne Amiot Defontaine

« A L’heure où blanchit la campagne », et bravant la froidure du jour, un groupe de lycéennes orléanaises s’était donné rendez-vous ce jeudi 9 février à la gare de Fleury-les-Aubrais.
Direction Paris pour une visite de la méconnue, et pourtant passionnante, Cité Internationale Universitaire de Paris.
Après un peu plus d’une heure de voyage qui permet à toutes d’échanger et renforcer des liens d’amitié, nous voilà 17 Boulevard Jourdan dans le 14ème arrondissement où nous retrouvons celle qui sera notre guide, Anne Amiot Defontaine.

Nous prenons tout d’abord conscience de la taille de cette cité, véritable oasis dans Paris, et ville dans la ville.
34 hectares accueillent 37 maisons ( il y a en sus, 3 maisons hors les murs, dont une sur l’île de Bréhat en Bretagne).
La Cité Internationale est gérée par une fondation de droit privé, reconnue d’Utilité Publique depuis 1925.
Elle accueille environ 10 000 étudiants dont 6000 résidents, et est caractérisée par un éclectisme architectural, et articule la vie de ses résidents autour de la Maison Internationale, créée en 1936 pour abriter piscine, bibliothèque, salle de bals, théâtre, restaurant…

Cette cité est la concrétisation d’un projet de résidence pour les étudiants du monde entier et a vu le jour dans les années 20.

Elle correspond tout d’abord à une préoccupation hygiéniste. Il s’agit d’offrir des conditions de vie décentes aux étudiants ( c’est également le même souci qui guidera la construction des HBM -habitations bon marché-ancêtres des HLM d’aujourd’hui, le long des boulevards des maréchaux), et cela s’inscrit dans une période de grave crise du logement.
Elle répond aussi à une préoccupation pacifiste en vogue après la guerre 1914/1918, on imagine après le traumatisme provoqué par le conflit, de faire vivre ensemble des étudiants du monde entier, dans un cadre de vie qui favorisera les échanges culturels et ainsi une meilleure compréhension et entente des peuples.
Le projet profite aussi d’une période où l’embellissement de Paris est un objectif des autorités.

Ses fondateurs, le ministre de l’Instruction publique André Honnorat et le recteur de l’université de Paris Paul Appele, bénéficient du déclassement de la ceinture de fortifications de Paris, construite par Thiers.
Le terrain choisi est donc au sud de Paris, il s’agit d’un grand espace, face au parc Monsouris.
Ce terrain, très insalubre, est à l’époque appelé « la zone » et n’est ni plus ni moins, qu’une sorte d’immense bidon ville où se côtoient roulottes, cabanes et masures des plus déshérités.

La cité sera dessinée par L Bechman, architecte et JCN Forestier, paysagiste.

La réalisation de cette cité se fera grâce à l’apport de mécènes, d’industriels, de fondations, y compris étrangères et même de gouvernements étrangers. Il est à noter qu’aucun lieu de culte ne peut être érigé sur le site.

Nous découvrons tout d’abord la première maison qui voit le jour dès 1925, la résidence Deutsch de la Meurthe.
Emile Deutsch de la Meurthe est un industriel, sans enfant, homme d’affaires lorrain et philanthrope, il avait manifesté sa volonté de construire des « hameaux jardins » en s’inspirant du style de cité jardin à l’anglaise.
Nous nous retrouvons au cœur d’un village digne des plus beaux campus britanniques. Le dépaysement et l’éblouissement sont au rendez-vous !

En continuant notre balade entre les différentes maisons notre route croise notamment la maison du Canada, la magnifique maison de Cuba, financée par une donatrice, la maison hellénique qui reprend les codes architecturaux de l antiquité grecque, et nous nous arrêtons quelques instants devant la très grande et imposante maison des Provinces de France .
Celle-ci est de même facture que les HBM des boulevards des Maréchaux, privilégiant la briquette rouge.
Nous continuons et découvrons la maison du Japon et celle des étudiants de l’Asie du Est (anciennement maison d’Indochine).
Notre parcours nous permet de mieux appréhender cette architecture métissée, volontairement éclectique.
En effet, le cahier des charges de la Fondation impose des chambres et des sanitaires individuels et un certain nombre de lieux de vie et de partage communautaire, tel des cuisines, salons, salles des fêtes...mais laisse carte blanche aux architectes et maîtres d’œuvre pour le choix du style qu’ils adopteront pour leur maison.

Nous faisons une halte au collège néerlandais que notre conférencière nous a fait ouvrir. Ce bâtiment de 1938, est à l’époque résolument moderne. IL est réalisé par l’architecte hollandais Dudok dont c’est la seule réalisation en France,
Il se présente comme une construction rectiligne qui veut reprendre les codes de l’esthétique des usines, et simultanément ceux plus traditionnels, tels le beffroi et les jardinières intégrées.
Nous pénétrons dans le bâtiment pour voir qu’il s’articule autour d’un patio et nous faisons une halte dans la salle des fêtes dont des fresques monumentales rappelle la gloire et le rayonnement des Pays-bas.

Nous nous dirigeons maintenant vers l’ancienne maison de la France d’Outre-Mer, terminée en 1949.
Cette maison est appelée aujourd’hui maison Lucien Paye, du nom de cet ancien ministre de l’éducation nationale, ancien ambassadeur, et haut représentant de la France au Sénégal qui a beaucoup œuvré pour la création d’universités africaines.
Elle a pour origine le souhait de permettre aux étudiants de la France d’Outre-Mer de poursuivre leurs études en métropole dans de bonnes conditions.
Son architecte Albert Laprade, inscrit son bâtiment dans un esprit résolument moderne mais qu’il agrémente d’exotisme, en reprenant les codes utilisés lors de la construction du Palais de la Porte Dorée.
Ainsi la façade s’orne d’un décor de fresques sculptées dans la pierre, sculptures à visées pédagogiques voulant montrer la richesse et la diversité des peuples, de la faune, de la flore des régions d’Outre-Mer.
Notre guide nous a également obtenu l’ouverture de cette maison, à l’intérieur de laquelle nous découvrons, bouches bées, une fastueuse salle des fêtes.
Le plancher est composé d’une marqueterie de 3 bois exotiques dont l’ébène, et les plafonds reprennent des motifs de l’esthétique Art déco, tandis que les murs sont recouverts de flamboyantes tapisseries d’Aubusson. Celles-ci ont été commandées spécialement, d’une part pour chanter la gloire et la richesse de cette autre France, et d’autre part pour relancer les ateliers d’Aubusson.

Nous reprenons notre marche très instructive, pendant laquelle nous croiserons la maison de Suède, la maison du Danemark, la maison des élèves ingénieurs des Arts et Métiers, la maison de l’Iran, la maison de la Corée du sud, et celle de l’Île de France, toutes deux actuellement en construction.

Nous nous arrêtons à la maison de la Fondation Suisse, construite par Le Corbusier en 1930.
C’est un bâtiment au parti pris résolument moderne et avant-gardiste, composé de volumes simples répondant chacun à une fonction (un bloc pour les lieux de vie communautaire, un autre pour les chambres…).
C’est un lieu où Le Corbusier a voulu mettre en œuvre son principe de « la machine à habiter » et en faire une application de ce concept urbain qui était le sien.
On y retrouve toujours l’omniprésence picturale avec des couleurs très vives en opposition avec le béton brut.
Le mobilier des chambres a été quant à lui dessiné par Charlotte Perriand.

Nous terminons à regret notre « déambulation éclairée » et abandonnons notre guide, pour nous diriger, après 2h30 de visite, vers la Maison Internationale qui marque l’entrée du site de la cité internationale.
Cette maison, immense et très imposante, regroupe des logements étudiants, mais surtout abrite les services administratifs, et tous les services communs comme le restaurant universitaire, la cafétéria, la salle de bal, le théâtre, la piscine, la bibliothèque, des salons, des locaux sportifs.
Elle a été bâtie en 1936 par l’architecte JF Larson grâce au mécénat généreux de John D Rockefeller junior.
Ce dernier, après avoir consacré une partie de sa fortune à la restauration des châteaux de Versailles et Fontainebleau s’intéresse à la Cité internationale et souhaite y faire bâtir une maison qui regrouperait les espaces communs à l’ensemble des maisons et permettrait ainsi un meilleur brassage.
Il souhaite une architecture du plus « pur style français », la maison internationale sera donc une mini réplique du château de Fontainebleau.
De style néo Louis XIII, c’est un ensemble architectural monumental, composé de 22 000 m² !
Il comprend 2 pavillons d’entrée, symétriques, 1 cour d’honneur et 1 corps central flanqué de 2 ailes.

Nous y pénétrons, et mues par l’éternel esprit de jeunesse qui nous caractérise (!), retrouvons notre esprit estudiantin pour déjeuner parmi les résidents, au restaurant universitaire.
Ne négligeant pas les nourritures terrestres et ayant recouvré nos forces, nous nous acheminons vers la gare d’Austerlitz, où après une petite pause café pour les unes, chocolat pour les autres, nous reprenons le train qui nous ramène dans notre bonne vieille ville d’Orléans, après cette belle et riche journée passée ensemble.