Fédération Française du Lyceum Club International

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VISITE DU MUSEE DE LA LYS ET DU LIN

Lieu COURTRAI

Date : 11 janvier 2018

TEXTURE, MUSEE DE LA LYS ET DU LIN A COURTRAI

Mme Béatrice Ramboux, guide passionnée, nous pilote dans le musée, situé au bord de la Lys, près d’un majestueux pont moderne. Le bâtiment était autrefois un dépôt de lin, il a été aménagé en préservant l’ossature et le sol du bâtiment ancien, de nombreux panneaux et cloisons sont en copeaux de lin aggloméré, les rideaux et tentures en lin.

Toute la plante est utilisée : les graines en huile comestible, l’huile dans les peintures, l’écorce en tourteaux, les fibres, qu’on libère de la tige par le teillage, très résistantes, servent pour l’isolation si elles sont courtes et pour le tissu si elles sont longues. Linceuls, vêtements, filets, sacs, linge de maison, … mêlé à de la résine et de la poudre de liège il devient du linoleum… on en fait encore des biscuits, des produits de nettoyage, de la farine, de la toile pour tableaux, des vernis, des cordages, du papier à cigarettes… des éléments de carrosserie de voiture… nous avons vu aussi un adorable couffin pour bébé, fait d’une coque très rigide à base de lin. Compressé il servira bientôt dans la fabrication de vélos, de semelles, de revêtements de sol, et même d’instruments de musique…

De nombreuses familles travaillaient le lin d’un bout à l’autre : du semis de la plante jusqu’à la commercialisation du produit fini, ceci jusqu’à l’industrialisation vers 1850. Après cette période vint la spécialisation dans le traitement du lin : à Yseghem on faisait des chaussures, à Brugges de la dentelle, à Courtrai on pratiquait surtout le rouissage : les tiges de lin en bottes sont immergées dans l’eau (ici la Lys) pendant un certain temps pour pouvoir ensuite les débarrasser de leur écorce et ainsi libérer la fibre.

La Lys fut appelée « Golden River » par les anglais : le rouissage lui donnait une teinte dorée. Plus tard le rouissage fut pratiqué dans de grandes cuves en béton, qui raccourcirent considérablement la durée de cette opération. Grande prospérité pendant les guerres, le krack de 1929 inaugura quelques années noires, mais la filière lin sut rebondir et inventa des machines électriques et bientôt se créa un réseau mondial de l’industrie du lin.

De nombreux pigeons en lin ornent un mur du musée : Mme Ramboux nous explique que les Allemands pendant la guerre avaient réquisitionné le bâtiment pour y enfermer les pigeons qu’ils avaient capturés pour les empêcher de porter les messages qui leur étaient confiés. C’était une prison pour pigeons, un hommage leur est ainsi rendu…

Le dernier étage, moderne, expose de magnifiques réalisations en Damas et en dentelle.

CÉCILE LEURENT et MARTINE COILLIOT]