Fédération Française du Lyceum Club International

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VISITE LANDERNEAU ET CHAPELLE CHATELAUDREN

Date : 2 avril 2019

L’histoire de l’art est aussi faite d’histoires ... d’amour. Une soixantaine d’œuvres nous sont présentées dans cette exposition, célébrant un couple d’artistes emblématiques de la grande peinture abstraite de la 2ème moitié du XXe siècle.
C’est la première fois que le Fonds Hélène et Edouard Leclerc (FHEL) réunit une exposition en collaboration internationale. C’est également la première fois qu’elle expose autant de grands formats picturaux.

Joan Mitchell (1926-1992) est américaine, née à Chicago. Elle connaît une grande carrière internationale et se partage entre New York et Paris où elle se fixe définitivement en 1959.

Jean-Paul Riopelle (1923-2002) est canadien. Il s’installe à Paris en 1946 et se lie rapidement à des personnalités des lettres et des arts.

Les deux artistes se rencontrent à Paris en 1955. Leur liaison durera 25 ans, jusqu’en 1979. Leur vie commune est jalonnée d’expositions à travers le monde, surtout aux USA et au Canada. C’est cette période de leur union que couvre l’exposition du FHEL.
Les deux artistes vont aimer leur art respectif et s’en imprégner, tout en gardant farouchement chacun sa propre personnalité. Tous deux aiment le gigantisme des formats, souvent articulés en diptyques ou triptyques, où le geste engage tout le bras, tout le corps de l’artiste. Tous deux, particulièrement Riopelle, vont appliquer l’ « All Over », technique innovée par Pollock et qui consiste à répartir les éléments picturaux de manière à peu près équivalente sur toute la surface de la toile, donnant l’impression que le tableau déborde de son cadre.

Mais chaque artiste garde cependant sa singularité :
J. Mitchell capte en douceur l’intensité des émotions et le ruissellement de la lumière.
J P Riopelle traduit une forte énergie par l’accumulation de la matière (Il applique la peinture au couteau ou même directement avec le tube).
Nous déjeunons à l’auberge du Vieux Château de la Roche Maurice (La tarte Tatin y est délicieuse ...)

À Chatelaudren, nous retrouvons l’époux de notre amie Jacou, Alain Ledu, qui nous fait une très intéressante visite commentée de la chapelle Notre-Dame du Tertre, classée aux monuments historiques depuis 1907. Elle a été érigée au début du XIVe siècle puis remaniée dans la deuxième moitié du XVe siècle. Son retable et ses lambris peints la font considérer comme l’un des plus beaux ensembles du XVe siècle subsistant actuellement en France.

Les lambris du plafond sont magnifiquement peints de 132 panneaux. Ils ont été probablement peints entre 1460 et 1485, si on se réfère à la mode vestimentaire des personnages représentés. Ceux du chœur retracent l’ancien et le nouveau testament. Cerise sur le gâteau, nous pouvons même, aidées par les commentaires d’Alain, admirer ces panneaux et les déchiffrer allongées dans des transats mis à la disposition des visiteurs afin de leur éviter une cervicalgie ! (Mais pas le syndrome de Stendhal…)
- Les panneaux de La Chapelle sainte Marguerite relatent la vie de sainte Marguerite, saint Fiacre, sainte Marie-Madeleine.
- Le retable du maître - autel est considéré comme le plus beau de la région
- 7 panneaux en albâtre, polychromes ornent le maître autel. Les originaux ont été dérobés en 1969. Quatre ont été retrouvés et sont en attente d’une exposition sécurisée.

- La Vierge allaitante du début du XVIe siècle attire également toute notre attention.
Enfin, nous quittons la chapelle par le porche sud pour y admirer la charpente et ses sablières, ornées de très belles sculptures animalières. Les vitraux (Henri Larriere, 1997) diffusent une douce lumière.
Avant de nous séparer, nous sommes conviées par Jacou et Alain à une très agréable et amicale collation.
Béatrice Delafargue