Fédération Française du Lyceum Club International

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VISITE d’un HYPERMARCHE

Date : 26 janvier 2017

Avec Guillaume Halley, Président-Directeur Général, et Jean-Baptiste Montès, Directeur.
Né en 1977, Guillaume représente la quatrième génération de grands épiciers. Il est le fils de Marie-Christine, notre amie Lycéenne, le petit-fils de Jean et le neveu de Paul-Auguste, un des fondateurs du Groupe Promodès, dont le père, Jean-Nicolas Halley, ouvrit à Cherbourg en 1898 un entrepôt de vins et spiritueux.
Après une formation spécifique à la grande distribution à l’ECAL (Ecole du commerce et de l’alimentation) de Rouen, Guillaume fait un master en Contrôle de Gestion à l’ESCP de Paris (Sup de Co). Il débute sa carrière au sein de Carrefour puis poursuit son cursus par la direction de supermarchés Champion puis la gestion de plusieurs magasins de Bordeaux et du vignoble “La Dauphine”.
Les 2 magasins Carrefour Market de Bordeaux et les 2 situés auprès de Caen sont en franchise.
Après un bref rappel de l’origine du groupe Promodès (Continent, Champion etc.), créé dans les années 50 par Paul-Auguste Halley, ses fils Paul-Louis et Robert et la famille Duval-Lemonnier, en s’inspirant du concept de supermarchés des USA mais souhaitant éviter aux petites épiceries la concurrence de la grande distribution naissante, Guillaume évoque le moment-clé de la fusion de Promodès et du groupe Carrefour en 2000 et le choix fait par lui et ses proches de reprendre en franchise 4 magasins pour un chiffre d’affaires annuel de 90 millions d’euros et l’emploi de 300 salariés. Ces magasins se sont ensuite fortement développés, à l’image du Carrefour Market d’Ouistreham dont la surface a doublé avec la création progressive d’une véritable galerie commerciale. Dans le même temps, le e-commerce était pris en charge par son frère, Frédéric Halley.
Pour situer le groupe Carrefour par rapport à la grande distribution dans notre pays, il est rappelé que Carrefour concentre 21% des parts de marché du secteur avec ses propres magasins et les franchises, constituant ainsi le 1er groupe français de la grande distribution alimentaire. Viennent ensuite, dans l’ordre, Leclerc (20,7%), Intermarché (14%), Casino (11,5%), Auchan-Simply (11%), Système U (10,3%), Lidl (5%) et Delhaize - Cora et Match- (3%). Notons à cet égard que le groupe Leclerc doit sa bonne tenue au développement spectaculaire de la formule “Drive”, suivi en cela par ses concurrents mais avec retard. D’autre part, Lidl n’est plus cantonné au hard-discount mais fait partie maintenant de la grande distribution classique.
Petite présentation des marges d’un magasin comme celui d’Ouistreham Globalement les marges représentent 20 % du CA avec de grandes variations selon le type de produits ; 9 % sur les liquides ; 28 % sur les poissons ; 30 % sur les fruits et légumes mais 40 % sur la charcuterie et la boulangerie traditionnelles alors que les produits en libre-service ne dépassent pas 20 % de marge. Le meilleur rapport est sur le frais (47 %) et l’épicerie-droguerie-hygiène (45 %), un peu plus faible sur le bazar (28 %) et sur le textile (26 %), à la moyenne pour l’électronique (20 %).
Les modes de consommation
Ces modes évoluent très rapidement avec une diminution des ventes de viandes tandis que celles du bio et des produits locaux ne cessent de croître. Malgré une démographie en hausse, on observe une consommation globalement en baisse en France, de 0,1 % en 2016. Notons que les prix baissent aussi en moyenne de 1,1 %.
Aperçu des coûts supportés par le magasin d’Ouistreham
Les frais de personnel représentent la moitié de la marge ; les ristournes accordées aux clients, 2,5 % ; les charges liées à des prestations extérieures, 2,4 % ; toutes les formes de publicité représentent 1,9 % de la marge ; la démarque due aux vols et à la casse atteint 0,5 %. S’ajoutent les frais financiers, les taxes et impôts. Au total, seulement 1,4 % de la marge constitue le bénéfice de l’exercice.
Il faut noter que les 80 salariés les moins rémunérés reçoivent un salaire un peu au-dessus du SMIC et sont, pour l’essentiel, employés à temps complet. Carrefour Market verse un treizième mois et une participation obligatoire qui représente à peu près un mois de salaire en 2016.
En France, l’urbanisme commercial évolue par rapport aux années 1980 où les implantations étaient très encadrées. Aujourd’hui l’accent est mis essentiellement sur l’aspect environnemental et les implantations sont libres avec le risque d’une concurrence entre magasins très proches géographiquement et une compétition sur les prix à la vente parfois défavorable aux salariés.
Le Drive qui représente 2 à 6 % du CA (5 % pour Leclerc, en avance) a pris sa place dans ce secteur et permet à la France de rester dans la course face à la concurrence sur Internet de géants comme Amazon.
L’avenir est aussi sur le bio et l’éthique, domaines où Carrefour a pris une longueur d’avance : exemple en est donné avec la marque “Reflets de France”, qui obéit à un cahier des charges strict et s’adresse à des artisans locaux pour une consommation de qualité. Si un magasin comme celui d’Ouistreham achète 94 % des produits auprès du groupe Carrefour lui-même c’est qu’il y trouve des avantages en termes de coûts, de logistique (moins de livreurs différents) et de simplicité administrative. Mais certains produits “incontournables” sont achetés en direct à des producteurs deproximité comme le cidre normand ou certains produits de la mer fournis par les pêcheurs locaux.
L’avenir de la grande distribution est déjà à l’œuvre et la visite du magasin illustre ce propos : nous découvrirons des rayons tenus par des prestataires extérieurs spécialisés (rayon cuisine japonaise), de la vente au détail pour les produits frais avec armoires de mûrissement pour la viande ou le fromage, des rayons très importants de produits bio où le lait et les œufs bio deviennent majoritaires, la cave à vins. C.C.