Fédération Française du Lyceum Club International

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VOYAGE en ANTARCTIQUE

Date : 16 novembre 2017

par Dominique Sohier
En janvier 2014, Dominique Sohier a fait une croisière en Antarctique, elle nous fait découvrir ces lointaines contrées en nous projetant le film qu’elle a rapporté de son voyage.
Historique L’Antarctique est un continent inhabité de 14 millions de km2. Les conditions de vie y sont très hostiles. C’est le continent le plus froid de la planète, les températures en hiver oscillent entre – 40° et – 70° C, descendues à -90° C en 2012 ! En été les températures oscillent entre 0 et 10° C, la meilleure période pour visiter se situant entre novembre et mars.
Ce continent a été découvert au XVIIIe siècle. Entre 1772 et 1775, le britannique James Cook mène une expédition qui en fait le tour sans y débarquer. En 1840 le français Dumont d’Urville, premier à l’aborder, lui donne le prénom de sa femme : terre Adélie. Le 14 décembre 1911 le norvégien Amundsen atteint le pôle sud pour la première fois, 4 semaines avant l’anglais Scott, qui décèdera avec ses hommes à 180 kms du camp de base, bloqué par une tempête. En 1914 l’explorateur irlandais Ernest Shackleton monte une nouvelle expédition. Tout près du but, il est contraint d’abandonner, bateau broyé par les glaces, en mer de Weddell, en octobre 1915. Les 25 explorateurs qui l’accompagnent, réfugiés sur l’île de l’Eléphant, construisent un abri. Shackleton part avec quelques hommes chercher du secours, parvient à rejoindre le 10 mai 1916 la Géorgie du sud, après avoir parcouru 1300 kms à la rame ; munis d’une corde et de quelques vivres, ils traversent les montagnes de l’île en 36 heures pour atteindre le village des baleiniers et obtenir de l’aide. Le reste des hommes ne sera secouru que 4 mois plus tard.
Le continent Antarctique a un statut particulier depuis la signature du traité de l’Antarctique en 1959 par 12 Etats décidés à s’unir pour sa préservation ; le traité est désormais ratifié par 52 Etats, il n’appartient à aucune nation, toute activité militaire ou d’exploitation y est interdite, mais une soixantaine de bases scientifiques internationales, qui abritent 1000 à 5000 chercheurs, y sont installées. En octobre 1991 le protocole de Madrid a été signé par 32 Etats, il établit une protection globale de l’environnement en Antarctique qui est “une réserve naturelle consacrée à la paix et à la science”. Le débarquement de touristes est autorisé mais en nombre limité, ces derniers ne peuvent pas s’approcher des animaux à moins de 5 mètres et doivent désinfecter leurs bottes avant la descente à terre.
La croisière Après un vol Paris/Buenos Aires, Dominique rejoint par avion Ushuaïa, capitale de la Terre de Feu, lieu d’embarquement pour la croisière. 190 passagers montent à bord. Nicolas Dubreuil (explorateur rescapé par miracle de deux chutes dans l’eau glacée du Groënland en 2001) est le chef d’expédition. Il est accompagné d’une dizaine de naturalistes responsables de conférences données chaque jour à bord et de sorties à terre, en canots par petits groupes. Le bateau se dirige ensuite vers les îles Malouines, la Géorgie du sud, les îles Orcades du sud pour atteindre enfin la péninsule Antarctique. De là le retour s’effectue à travers le passage de Drake vers le cap Horn et Ushuaïa.
Sur les îles Malouines, l’élevage des moutons est très développé ; le groupe rencontre une Française qui élève 5000 bêtes. La Géorgie du sud est une île montagneuse qui compte 11 sommets à plus de 2000 m d’altitude. C’est le britannique James Cook qui l’explore en 1775 et lui donne son nom actuel. Tout au long du XIXe siècle, l’île connaît des périodes intenses de chasse à la baleine et aux phoques. Le capitaine norvégien Larsen obtient, après 10 ans de négociations avec les Britanniques, le droit d’établir une station baleinière à Grytviken avec 60 Norvégiens. En 1908 on y compte 17 maisons et 160 travailleurs. D’autres stations seront installées sur l’île et la production d’huile de baleine sera importante. Les dernières fermeront en 1965. Le groupe découvre les vestiges d’anciens baleiniers et d’ateliers de fabrication d’huile, ainsi qu’une petite église luthérienne érigée par des chasseurs de baleines norvégiens vers 1912/1913 à Grytviken. En 1922 un service funéraire est conduit dans l’église pour Ernest Shackleton avant qu’il ne soit enterré dans le cimetière aux côtés de 64 autres baleiniers. Les îles Orcades du sud furent découvertes en 1821 par James Weddell, navigateur britannique. Une station Scientifique a été construite. Actuellement 11 bâtiments abritent 14 personnes par an.
La Péninsule Antarctique est la région la plus au nord du continent, la seule partie s’étendant au-delà du cercle polaire. Elle mesure 1300 km de long, est très escarpée, ses plus hauts sommets atteignent 3600 m d’altitude et les côtes sont longées par d’impressionnants icebergs tabulaires, dont la partie immergée est 5 à 10 fois plus volumineuse que la partie visible. A 120 kms de la péninsule l’île de la Déception est formée par un volcan toujours actif. Au centre de l’île une grande caldeira (grand trou résultant d’un effondrement d’origine volcanique) ouverte sur la mer et remplie d’eau est navigable.
Flore
Elle est très pauvre, composée principalement de lichens, mousses et algues.
Faune
Le voyageur qui découvre ces lointaines contrées est fasciné par la richesse de sa faune. Comme le montre le film, les manchots sont omniprésents, c’est l’oiseau de l’hémisphère sud, incapable de voler à la différence du pingouin, oiseau de l’hémisphère nord. Ils vivent en colonies, dorment debout, sont d’excellents nageurs et se nourrissent de poissons et de krill (petites crevettes des eaux froides). Ils se reproduisent une fois par an. Durant 54 jours le mâle couve l’œuf pendant que la femelle part pêcher. Les petits naissent avec un duvet gris puis muent, des plumes replacent le duvet.
Les images de colonies de manchots royaux, avec leurs taches jaunes et ocres sur la tête, sont particulièrement belles. Les manchots papous sont reconnaissables à leur tache blanche triangulaire au niveau de chaque tempe, les manchots jugulaires se caractérisent par la fine bande de plumes noires qui passe sous le bec et va d’une joue à l’autre. En Antarctique, les voyageurs découvrent aussi des phoques, des otaries et des éléphants de mer, des colonies de pétrels (le pétrel géant est un prédateur et s’attaque aux manchots), des albatros à sourcils noirs et des albatros fuligineux au corps gris cendré.
Les baleines qui viennent frôler les canots et sortent leurs queues de l’eau, les orques aux ventres blancs et aux dos noirs qui bondissent hors de l’eau, sont un spectacle magnifique.
Le film nous révèle des paysages grandioses et vierges, reliefs enneigés et mer semée d’icebergs colorés pars les algues emprisonnées dans la glace …. Un monde magique dont la beauté nous coupe le souffle ! M.S