Fédération Française du Lyceum Club International

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Visite du château de Virieu

Date : 14 octobre 2020

La devise des Virieu : LA BLESSURE STIMULE LE COURAGE

Nous étions une vingtaine, ce matin-là, pour visiter le château de Virieu, avec Alexandre, notre guide passionné.
Au départ dans les années 1010, ce n’est guère qu’une motte castrale, destinée à défendre la vallée contre les voisins malintentionnés. Puis, au XIe et XIIe, avec l’adjonction d’un rempart, de meurtrières et mâchicoulis, un château-fort doté à la fin du XIIe siècle d’un donjon.
A la fin du XVe, un architecte originaire de Florence perce dans les nouveaux bâtiments des ouvertures plus grandes, et au XVIIe la porte aménagée dans le rempart, en belle pierre de Montalieu, donne accès à la cour actuelle.
Vendu fin XVIe à la famille Prunier de St-André, il sera racheté dans les années 1880...par les Virieu ! Petit clin d’oeil : Monica nous raconte que l’arrière-grand-père de son mari s’en serait porté acquéreur, mais se serait élégamment désisté en faveur des Virieu.
Dans la cour, sous les arcades, cinq canons, cadeau de Louis XIII lors de son passage, en 1622 sur la route de Vizille. Sans doute a-t-il apprécié sa nuit dans sa belle chambre tapissée de damas écarlate, qui n’a plus jamais servi ?
La chapelle a un magnifique plafond en bois peint bleu pâle parsemé d’étoiles en carène de bateau, une copie du Titien représentant la Pentecôte, et deux tableaux qui viennent du monastère des chartreux de la Sylve Bénite, pillé à la Révolution. Sur les murs, une reproduction d’un chemin de croix sculpté pour l’église de Poudenas (Lot-et-Garonne) par Stéphanie de Virieu l’artiste de la famille (active fin XVIIIe-début XIXe).
Nous passons ensuite dans l’ancienne cuisine : son immense cheminée abrite une grande taque forgée par les chartreux et un tournebroche équipé d’un extraordinaire mécanisme à poids et roues dentée que remontait le marmiton assis sur sa petite chaise de bois.
De belles tapisseries d’Aubusson réchauffaient les murs ; nous apprenons qu’on les reconnaît au petit lapin, caché dans la bordure.
Une grande pièce, à la suite, où des souvenirs de famille rappellent le passage de Lamartine, qui y aurait écrit « Le vallon »... et la participation des Virieu à la Résistance ; ils cachèrent une grande quantité d’armes, et surtout trois enfants juifs, dont la marquise de Virieu garda le souci jusqu’en 1946. Les Virieu ont ainsi le titre de Justes parmi les Nations, et leur arbre à Yad Vashem.
Dans le salon, un peu plus intime, un coin pour les hommes, devant la cheminée, avec des fauteuils confortables, alors que les dames, avec leurs buscs, se contentaient de chaises bien droites. ..
Enfin la fameuse chambre du roi, où rien n’aurait changé depuis son passage, et la chambre du marquis, ou chambre blanche aménagée dans un ancien oratoire, avec ses magnifiques meubles marquetés Hache !
Après cette belle visite, nous avons apprécié un délicieux déjeuner au St-Hubert à Burcin, qui nous a bien réchauffées.

Après ce déjeuner revigorant, nous avons repris la route en direction d’Apprieu, où nous avons visité l’atelier de tissage d’une délicieuse jeune femme nommée Clothilde (avec ou sans h ?).Elle nous a conté la naissance de cette deuxième vocation, après celle de danseuse : un hasard la fait hériter d’un métier à tisser, devant lequel elle est d’abord restée un peu perplexe, et qu’elle a fini par apprivoiser avant de lui donner quelques compagnons !
Elle s’est formée toute seule, avec juste le précieux petit cahier donné en même temps que le premier métier.
Elle aime beaucoup travailler le mohair, pour sa finesse et sa légèreté, le lin, le chanvre, le ramie et d’autres matières naturelles, comme ce fil de rose, filé avec les fibres des tiges de rosier, d’une finesse et d’une douceur féeriques.
Elle aime tellement travailler ces fils arachnéens que, le soir, après sa journée de tisserande, elle tricote ou crochète de petits châles tout fins, toujours avec ce mohair aux teintes sourdes qu’elle affectionne.
PM.