Fédération Française du Lyceum Club International

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Visite du musée de l’imprimerie

Date : 5 juin 2018

Jeudi 22 mars 2018 : Une journée insolite
C’est sous un soleil radieux, ce qui nous changeait, que nous nous sommes retrouvées six lycéennes et deux amies dans un tout petit bistrot au 1 quai Sainte Croix : « Le Taquin ».
Après un déjeuner animé et fort bon, c’est à pied, tranquillement, que nous nous sommes dirigées vers un lieu vraiment insolite : le musée de l’imprimerie, inauguré à Bordeaux au 6 rue du Fort Louis, dans une sorte de halle, en 1987.
Y sont présentées des machines du 19ème et du 20ème siècles venant d’imprimeries qui ont fermé et qui se situaient dans ce qui est aujourd’hui la Grande Aquitaine.

Nous étions attendues par trois passionnés de l’Association des Amis de l’Histoire et des Techniques de l’Imprimerie.

Nous avons découvert des presses à bras dont le 1er modèle (celui de Gutenberg) était inspiré du pressoir à raisin, ainsi que d’autres presses utilisées par les notaires pour dupliquer les actes au 19ème siècle, l’ancêtre des photocopieurs.

Nous avons tout appris sur les « casses », tiroirs rectangulaires contenant des petits casiers dans lesquels sont rangés les caractères. Dans le « haut de casse » sont placées les majuscules, appelées les Major et dans le « bas de casse » sont rangées les minuscules, les chiffres et les signes de ponctuation. Plus la lettre est souvent utilisée, plus la case qui la contient est grande. Les lettres sont placées de façon à ce que le typographe puisse les attraper le plus vite possible et sans les regarder. Le plus grand des casiers contient les « e » et se situe en plein milieu du tiroir.
Nous avons été surprises par le poids des lettres faites d’un alliage de plomb, d’étain et d’antimoine fondus.

Nous avons aussi découvert plusieurs presses à platine dont
« La Minerve de Berthier » actionnées avec une pédale puis un moteur électrique,
« La Simone », du nom de la petite fille du propriétaire, une presse pesant 35 tonnes, achetée en 1908, la seule de cette dimension existant encore, et dont la spécialité était les affiches en très grand format pour le Grand Théâtre de Bordeaux (le clou de la visite).

Autres presses remarquables, « Le Progrès », presse utilisée pour les travaux de ville, et « La Pedalette », presse typographique à grande vitesse.

Autre machine étonnante, la linotype, dont le premier exemplaire est arrivé en France en 1899. C’est une machine à composer avec un clavier de 10 touches. L’opérateur compose une ligne grâce au clavier et l’information est prise en charge par la machine, qui fabrique sans aucune intervention de l’opérateur une ligne bloc, en plomb, où tous les caractères de la ligne, lettres, espaces et ponctuations sont figés. Le plomb sera ensuite refondu pour être réutilisé dans la ligne bloc suivante. La linotype sera utilisée jusqu’à la fin des années 1970 pour imprimer les journaux.

Nous avons enfin été passionnées par la lithographie, technique d’impression qui permet la reproduction à de multiples exemplaires. L’artiste dessine, à l’encre ou au crayon sur une pierre calcaire, puis la pierre est mouillée à l’éponge, opération qui permettra à l’encre de se déposer uniquement sur le dessin, car grâce à une réaction naturelle, la pierre devient grasse sous l’effet de l’eau et rejette l’encre sauf là où le dessin existe. L’artiste devra réaliser une pierre différente pour chaque couleur et en plus il doit travailler à l’envers afin que le dessin se retrouve à l’endroit après l’impression. Quand le travail est fini, il est possible d’effacer la pierre en la couvrant de sable très fin et en la frottant contre une autre pierre.
Nous avons même admiré les esquisses sur les pierres calcaires qui ont servi à reproduire la dernière affiche du Club de Bordeaux-Bègles. Une pierre pour les motifs bleus, et une pierre pour les personnages. Cette lithographie sera tirée en 110 exemplaires pour fêter les 110 ans du Club.
Le Musée possède enfin une impressionnante « bibliothèque » de pierres calcaires numérotées dont une partie a malheureusement été détruite ou abîmée, récemment lors d’un incendie.
Notre guide nous a sorti des réserves la pierre originale avec le dessin de la tête de Marie Brizard à l’origine de toutes les étiquettes de la marque.

Merci à Nicole d’avoir été à l’initiative de cette passionnante visite, ainsi que pour ce compte rendu et les photos.