Fédération Française du Lyceum Club International

Fédération Française du Lyceum Club International

Accueil > Clubs > CAEN-NORMANDIE > WHO is Mr POUTINE ?
Version imprimable de cet article

WHO is Mr POUTINE ?

Date : 30 janvier 2020

Par Marina André Khvatova, lycéenne du club de Saint-Brieuc.
Marina a connu Vladimir Poutine lorsqu’elle faisait partie du Comité des Relations extérieures de la mairie de Saint Pétersbourg, alors qu’il en était président et premier adjoint du maire Anatoly Sobtchak. Russo-lituanienne d’origine, diplômée de l’ENA, d’un diplôme en philologie langues et littérature et d’un doctorat de l’université de Saint Pétersbourg/Léningrad, elle a suivi des études de coaching professionnel à Paris, certifiée par l’ICF (International Coach Fédération) niveau PCC. Elle vit en France depuis une trentaine d’années, a créé en 1997 le cabinet de conseil Alest, qu’elle dirige ; créatrice de modules de formation, animatrice-facilitatrice, avec plus de 20 ans d’expérience elle propose à des entreprises françaises et étrangères des prestations de coaching classique mais aussi interculturel pour, par exemple, aider un manager à gérer une équipe internationale de collaborateurs.
Marina veut d’abord savoir quelle image nous nous faisons de Vladimir Poutine. Les réponses fusent : froid, glacial, mystérieux, impénétrable, maître du monde, autocrate. C’est notre vision de ce président dont les Russes ont une opinion largement favorable ! Marina nous explique pour quelles raisons : Poutine est pratiquant et défend l’église orthodoxe, il a deux filles nées de son mariage en 1983 avec une hôtesse de l’air dont il a divorcé en 2014 et protège farouchement son intimité pour des raisons de sécurité. Il est né le 7 octobre 1952 à Léningrad, Saint Pétersbourg aujourd’hui, et son prénom signifie qui possède le monde. Troisième enfant d’une famille ouvrière, il est élevé seul, ses deux frères aînés étant décédés en bas âge. Élève médiocre, il passe du temps dans la rue et fait beaucoup de sport : lutte, judo, tennis, natation. Très tôt, rêvant de devenir espion, métier noble aux yeux des Russes, il se rend au KGB pour demander la voie à suivre : des études de droit. Il s’inscrit donc à l’université de Léningrad, obtient son diplôme en 1975, entre au service territorial du KGB pour la ville de Léningrad et sa région, y sert comme officier opérationnel dans le service du contre-espionnage local. En 1984 il est envoyé à Moscou pour suivre un cours de formation à l’espionnage puis, en 1985, à Dresde, RDA, car il parle couramment l’Allemand. Après la réunification de l’Allemagne et le démantèlement du KGB en RDA, le Lieutenant Colonel Poutine revient à Léningrad pour reprendre son service dans la direction locale du KGB. En 1991 Anatoli Sobtchak (qui a été son professeur à la faculté de droit), élu à la tête de la mairie de la ville, l’invite à devenir son Conseiller aux Affaires Internationales, puis son premier adjoint en 1994. En 1996 Sobtchak perd les élections. Poutine, qui a démissionné, est appelé à Moscou par l’entourage de Boris Eltsine pour entrer dans l’administration présidentielle. En 1999 commence une fulgurante ascension qui va le porter, peu connu et d’apparence terne, au sommet du pouvoir : en août 1999 il est nommé Président du Gouvernement par Boris Eltsine, devenant 2ème personnage de l’État ; le 31 décembre 1999, il est Président par intérim après la démission d’Eltsine, puis élu officiellement Président le 26 mars 2000 dès le premier tour, avec 52,2 % des suffrages ; en mars 2004 il est réélu avec 71,2 % des votes. Pourquoi une telle popularité ? La reprise en main du pays par l’administration de Poutine, après la période de troubles et de laissez-faire qui a prévalu sous Eltsine, satisfait une grande partie de la population qui a aussi souffert de l’effondrement économique et social consécutif à la disparition de l’Union Soviétique en 1991. Dès le début de son mandat il a pour objectif de lutter contre la mafia et les fraudes fiscales des oligarques industriels et financiers, dont la mainmise sur l’économie russe devient une préoccupation majeure de la population. Plusieurs oligarques, accapareurs de ressources du patrimoine industriel, sont poursuivis par la justice. Par exemple, Khodorkovski, ex-patron du groupe pétrolier Loukos, condamné à huit ans de prison pour escroquerie et évasion fiscale. Il lui est reproché d’avoir acquis ce groupe dans les années 1990 pour une somme dérisoire, dans le cadre de privatisations douteuses. Les Russes sont aussi reconnaissants à Poutine d’avoir assaini les pratiques économiques, fait des réformes fiscales, assuré le paiement des salaires et retraites en temps et en heure, réprimé des pratiques de corruption au sein de l’État. En mars 2008, à l’approche du terme de son 2ème mandat, il déclare ne pas vouloir demander une modification de la Constitution afin de briguer un 3ème mandat consécutif et il prend la tête de la campagne électorale du parti Russie-Unie pour viser la charge de Chef de Gouvernement. Ce parti remporte 64 % des voix, ce qui lui offre un droit moral pour continuer à gouverner. Désigné par quatre partis, Medvedev devient candidat aux élections présidentielles, qu’il remporte en mars 2008. Poutine, à la demande de ce nouveau Président, occupe le poste de Président du Gouvernement. Une réforme de la Constitution fait passer la durée du mandat présidentiel de 4 à 6 ans et, en 2012, Poutine est élu avec 63,6 % des voix pour un mandat de 6 ans alors que Medvedev devient Chef du Gouvernement. Aujourd’hui Poutine en est à son 4ème mandat, mais sa popularité a atteint en 2018 l’un de ses plus faibles niveaux, en raison d’une réforme très impopulaire qui relève de 5 ans l’âge de départ à la retraite.
Marina aborde aussi la question de la position internationale de la Russie de Poutine. Les relations entre les Etats-Unis et la Russie se caractérisent par un climat de défiance concernant leurs politiques militaires. La Russie se tourne vers l’Asie et la Chine et l’Union Économique Eurasiatique naît en 2005, union douanière entre Russie, Arménie, Tadjikistan, Ouzbékistan, Kirghizistan et Kazakhstan. De plus, la Chine et la Russie s’allient pour créer un monde multipolaire contre l’hégémonie américaine et l’OTAN, leurs échanges commerciaux augmentent et leurs relations sont de plus en plus étroites. Par ailleurs, la crise ukrainienne a pour conséquence un raidissement des relations de la Russie avec l’UE et les Etats-Unis et un rapprochement supplémentaire entre la Russie et la Chine.
Nous comprenons, grâce à cette conférence, que pour les Russes Poutine représente le changement et le progrès, le retour à la puissance de leur pays et la stabilité. Marina nous confie en conclusion :
"Je respecte Poutine qui, je le pense, n’est pas apprécié à sa juste valeur". M.S.