Programme Avril 2023

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Programme mars 2023

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Programme Fevrier 2023

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Progamme janvier 2023

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Programme decembre 2022

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DU STREET-ART… AU MUSÉE DE LA MARINE À BREST

                                       DU STREET-ART… AU MUSÉE DE LA MARINE À BREST

Deux univers totalement différent pour cette sortie qui nous a permis de découvrir les œuvres de Ernest Pignon-Ernest avant de nous plonger dans l’histoire de la marine à Brest, de la vapeur au nucléaire.

La matinée commence à la Fondation Edouard Leclerc à Landernau pour une exposition consacrée à Ernest Pigon-Ernest, né en 1942, considéré comme le un précurseur du street art en France.

Ses dessins, réalisés au fusain ou à la pierre noire, sont reproduits en sérigraphies, imprimés sur du papier journal, puis collés sur les murs des villes à des endroits et à des moments précis.

Ces figures humaines semblent naître des murs eux-mêmes, évoquant l’histoire passée des lieux.

Ces images, forcément éphémères, vouées à disparaître avec le temps, exaltent la mémoire enfouie, les événements ou les mythes.

L’artiste, alerté par l’état du monde, profondément engagé, nous entraine dans l’émotion parfois violente qu’il ressent. Par exemple :

  • Ecce homo et Yoyo: l’artiste réinscrit par l’image le souvenir des prisonniers à Lyon, incarcérés, torturés, exécutés
  • Souvenir de la semaine sanglante de la Commune.
  • Rimbaud: la multiplicité des collages permettait d’évoquer un Rimbaud différent, pluriel, éphémère, errant (en position de fugue, habillé de façon actuelle, imaginé âgé).
  • Naples: lors de sa quête religieuse Ernest Pignon-Ernest effectue un parcours autour de la mort avec étude des cultes païens et chrétiens et autour des femmes (Médusa, Sainte Véronique)

  • Les cabines téléphoniques: théâtres de drames du quotidien.
  • La mort de Pasolini: pietà où Pasolini porte son propre cadavre.
  • Pablo Neruda: sérigraphies effectuées au Chili, collées dans les rues malgré le danger.
  • La grande toile sur Victor Ségalen(1878- 1919): médecin de la marine, sinologue, archéologue et poète, écrivain du mystère.

Après un déjeuner (se concluant par la dégustation de délicieux cèpes sucrés) pris face à la marina de Brest, direction le Musée de la Marine.

Introduction avec l’histoire du château: Castellum romain, son origine remonterait au III°siècle après.J.-C. Équipé de murs, tours avec toits et donjon, il abritait au XIII°siècle les habitants du village et est vendu au duc de Bretagne en 1235, puis aux Anglais en 1350. Occupé successivement par les Bretons, les Anglais et les Français, il est l’objet d’importants travaux. Jean V puis François II le dotent de deux grosses tours, d’un pont-levis et d’artillerie. En 1505, la reine Anne de Bretagne séjourne dans le château. A la fin du XVI°siècle, les Protestants et les Espagnols attaquent Brest, sans succès. En 1631, le cardinal de Richelieu décide d’installer un arsenal à Brest. Vauban intervient entre 1683 et 1695; il effectue des travaux dans la rade et une terrasse sur le donjon pour y aménager les canons. Pendant la révolution française, le château sert de prison et la tour  Paradis ainsi nommée parce située devant la guillotine. Le château est classé Monument Historique au XIX°siècle. Pendant la 2° guerre mondiale, le château est occupé par les Allemands et sert de prison pour les Résistants. De nombreux tunnels ont été construits.

Profitant du beau temps, nous admirons la vue sur la rivière avec le pont levant de Recouvrance et le nouveau téléphérique qui relie les Ateliers des Capucins à la rue de Siam. Puis, de l’autre côté du Château, la rade de Brest avec l’arrivée d’un sous-marin !

Nous pénétrons ensuite dans la tour Paradis. Un tableau nous rappelle la visite de Napoléon III et de l’Impératrice Eugénie à Brest à bord du Canot de l’Empereur. Puis, nous découvrons le premier pont tournant de Recouvrance(1861). Pour, ensuite, comparer les différents navires construits à Brest à cette époque. En particulier, le Laperouse, navire mixte, qui associait la voile et la vapeur, suite à l’invention de la vapeur, de la protection de coque par cuivre doublé d’acier et de l’hélice. Les grues de chantier naval ont été hydrauliques puis électriques. Pendant la 1°guerre mondiale, Brest a joué un rôle important en accueillant un grand nombre d’Américains et de marchandises, événement commémoré par l’édification de la colonne Dajot.

C’est lors de la Libération, à la fin de la II° guerre mondiale, que la ville de Brest a été bombardée par les Américains. Miraculeusement, le Château a été épargné. 40 000 otages allemands ont été pris. Pour reloger en urgence la population, des baraquements ont été construits dans la ville , sur les gravats, rehaussant ainsi le niveau du sol. Puis, nous avons détaillé des pièces de la « Jeanne »(1931-1964), bateau mythique. C’était un porte hélicoptère qui servait de bateau école. Partant pour des voyages de 7 mois, il a fait 79 fois le tour de la terre et a participé à de nombreuses actions d’aide humanitaire. Enfin, se présentent des maquettes de sous-marins nucléaires, avec ou sans missiles. Actuellement au nombre de 4, ils sont basés à l’île Grande de l’autre côté de la rade de Brest.

Dominique Brillant


Programme novembre 2022

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       ARMANDE BEJARD, MADEMOISELLE MOLIERE

       ARMANDE BEJARD, MADEMOISELLE MOLIERE

       

Une conférence théâtrale de Michelle Brieuc, ponctuée d’extraits de rôles d’Armande, a permis de prendre conscience de l’importance de cette comédienne du Grand siècle à la fois muse, égérie et femme de Molière pendant 11 ans !

 

       Dès sa naissance, le 3 juillet 1638, la filiation d’Armande Béjart intrigue. D’aucuns disent qu’elle est la fille de Madeleine qui fut la maîtresse de Molière qui donc pourrait être son père. En fait, Madeleine était la maîtresse de Monsieur de Modène, gentilhomme d’Avignon, qui, après moult promesses, n’a pas reconnu l’enfant. À 20 ans, Madeleine se retrouve mère célibataire. Officiellement, les parents de Madeleine Béjart, Joseph Béjart et Marie Hervé, reconnaissent être les parents de cette petite fille nommée Armande. Légalement tout est en ordre mais l’identité exacte d’Armande suscite encore de nombreuses polémiques.

Armande grandit en Languedoc, loin du monde théâtral des Béjart que Jean-Baptiste Poquelin a rejoint et avec qui il crée l’Illustre Théâtre. Au sein de cette troupe, le 28 juin 1644 il devient Molière, sans jamais révéler le secret de son pseudonyme.

Quand elle retrouve sa famille Béjart, Armande intègre la troupe sous le nom de Mlle Menou, et joue le rôle de la néréide Éphyre, un rôle de figuration qui ne compte que 4 vers. Dès l’Automne 1658, Armande partage la vie des comédiens et son nom apparaît pour la 1ère fois dans la troupe, le 26 août 1659. Pour tous, elle est la sœur cadette de Madeleine.

Molière, à près de 40 ans. Homme sérieux et rigoureux, organisé mais peu expansif, il est las des amours banales, tandis que la fortune et le succès commencent à lui sourire. Depuis 10 ans, il côtoie la jeune Armande. En séducteur invétéré, il l’amuse, il la charme et tombe amoureux d’elle. Après 3 ans d’une relation amoureuse tenue secrète, Molière fait part à troupe de son désir d’épouser Armande.

Le mariage discret, loin du faste auquel on aurait pu s’attendre d’un jeune couple amoureux, proche de la cour, est célébré à Saint-Germain-l’Auxerrois, le 20 février 1662. Il fait couler beaucoup d'encre car l’union de 2 comédiens dans une église choque et les détracteurs mettent en avant les supposés liens entre Armande et Molière. De surcroît Molière a 20 ans de plus qu’Armande ! Pour faire taire les ragots qui circulent sur son mariage, Molière se serait rendu devant Louis XIV pour lui présenter l’acte de baptême d’Armande et lui prouver qu’ils n’étaient pas liés par le sang.

Armande, jeune femme coquette, se laisse courtiser par une foule d'admirateurs. Elle aime les belles parures et les vêtements délicats et elle a le charme un peu provocant lié à la liberté des mœurs et de l’esprit de cette époque. Ce qui rend Molière fort jaloux. Les rieurs se moquent de lui car il met en scène des personnages de mari trompé : Si vous voulez savoir pourquoi presque dans toutes ses pièces il raille tant les cocus et dépeint si naturellement les jaloux, c'est qu'il est du nombre de ces derniers.

Madeleine Béjart qui subit le châtiment inexorable du vieillissement, change « d’emploi » et s’éclipse devant le talent naissant de sa fille. Armande devient la jeune 1ère pour qui Molière écrit et, le 9 juin 1662, elle apparaît pour la 1ère fois sous le nom de Mademoiselle Molière. Très vite, elle obtient des succès éclatants dans les rôles de femmes coquettes et satiriques, d’ingénues qui s’accordent avec sa nature. Elle est véritablement l’inspiratrice et la créatrice de toutes les héroïnes de Molière et suscite la jalousie des comédiennes qui disent qu’il écrit ces rôles pour elle et ne travaille que pour ses talents.

Le couple aura 4 enfants : Louis, Esprit-Madeleine, Marie et Pierre-Jean-Baptiste-Armand. Seule, leur fille Madeleine-Esprit survit.

17 février 1673, lors de la 4ème représentation du Malade imaginaire, Molière est pris d’une quinte de toux sur scène et les efforts qu'il fait pour jouer lui sont funestes. Suite à une convulsion, il est ramené chez lui, rue de Richelieu où il expire quelques heures plus tard, d’une congestion pulmonaire. Son agonie, qui a débuté sur la scène, donne à sa mort un caractère héroïque.

Le curé janséniste de Saint-Eustache lui refuse une sépulture chrétienne, au motif qu'il est mort sans avoir reçu les derniers sacrements. Armande se bat pour qu’il soit inhumé dans des conditions décentes et chrétiennes. L'inhumation a lieu le 21 février au cimetière Saint-Joseph, situé dans l'actuel 2ème arrondissement de Paris. Le soir des funérailles, la foule se rassemble devant la maison mortuaire pour honorer Molière qui l’a beaucoup amusée. Armande demande au peuple de donner des prières à son mari. Par la suite, toutes les paroisses de la ville ont donné plusieurs messes en l’honneur de Molière.

Après la mort de Molière, Armande veille à l’avenir de la troupe et s’emploie à maintenir l’œuvre de son mari.

En mars 1676, elle acquiert à Meudon, une grande maison qui, au milieu du 16ème siècle, était celle d'Ambroise Paré. Elle abrite aujourd'hui le Musée d'art et d'histoire de la ville.

Le 31 mai 1677, Armande épouse Isaac-François Guérin d'Estriché, issu d’une famille de comédiens, qui a quelques années de plus qu'elle. Honnête homme, estimé dans son art, il a rejoint la troupe de l'Hôtel Guénégaud en 1673.

Les frères Parfaict, historiens du théâtre français, notent : Ces époux vécurent dans une grande union. Elle avait un mari d'esprit, qu'elle aimait peu. Elle en prend un de chair, qu'elle aime davantage.

Ce 2ème mariage choque les fervents Moliéristes. Comme si elle avait commis un crime, ou un sacrilège ! Encore jeune et belle, Armande n’a pas été heureuse dans son 1er mariage, elle le sera dans le second. En1678, elle donne naissance à un fils, Nicolas-Armand-Martial.

21 octobre 1680 la Comédie-Française est fondée par ordonnance royale de Louis XIV et Mademoiselle Guérin (ex Melle Molière) est l'une des 1ères sociétaires.

À 52 ans elle se retire du théâtre et s’attache de plus en plus à son intérieur où elle vit très retirée et décède le 30 novembre 1700 à Paris, à 58 ans. Son acte de décès, ne fait aucune mention de Molière, dont elle ne porte plus le nom. Néanmoins, pour la postérité, en dépit de Guérin, elle est la veuve de Molière, celle qui a vécu 11 ans près de lui, l’interprète et l’inspiratrice de ses chefs-d’œuvre. Son enterrement a lieu au cimetière de l'église Saint-Sulpice, en présence de Nicolas Guérin, son fils, mais en l'absence de sa fille.

Après l'inventaire clos le 21 janvier 1701, la succession est partagée le 29 novembre 1703 entre Isaac Guérin d'Estriché, Nicolas Guérin et Esprit-Madeleine Poquelin, lesquels vendront la maison de Meudon en 1705.

Unie trop jeune à un mari trop âgé à la sensibilité très vive, Armande, femme très séduisante, mais surtout coquette, avide de plaisirs et de vie bruyante, aimait plus les manèges de l’amour qu’ils procurent que l’amour lui-même. Molière n’a pas trouvé auprès d’elle une vie de famille, intime et cachée à laquelle il aspirait. Jaloux, mais sans croire à l’infidélité de sa femme, il aurait été malheureux de n’être pas aimé.

Molière a écrit pour elle de nombreux rôles dans lesquels elle a excellé. Son talent, tant dans le tragique que dans le comique, a été reconnu de tous ses contemporains. Une fois veuve, elle a compris la perte qu’elle a subie et ce qu’elle devait au grand nom de Molière. Elle s’est efforcée de réparer son erreur en portant dignement le deuil de son mari. Elle a contribué grandement à empêcher la ruine du théâtre qu’il avait fondé en assurant le respect de sa mémoire.

Michelle Brieuc


Programme octobre 2022

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            MARCEL PROUST : DE COMBRAY A BALBEC, DESTINS CROISES

           MARCEL PROUST : DE COMBRAY A BALBEC, DESTINS CROISES

A l’occasion du 150ème  anniversaire de sa naissance, Michelle Brieuc a évoqué ce grand écrivain par Zoom avec de nombreux clubs. Marcel Proust a été le mondain dilettante et fortuné, fréquentant les salons de la bourgeoisie et de l’aristocratie et l’écrivain retiré dans sa chambre, s’épuisant au travail, porté par un projet fou, celui de La Recherche : 3 000 pages en 7 titres pour entrelacer les destins de plus de 200 personnages. Considéré comme le précurseur du roman moderne, il se révèle à travers les personnages qui peuplent sa composition littéraire

Ses parents

Valentin Louis Georges Eugène Marcel Proust est né à Paris, le 10 juillet 1871. Son père, Adrien, est issu de la petite bourgeoisie catholique provinciale. Chef de clinique puis Professeur en médecine, il connaîtra une grande notoriété dans le milieu médical.

Sa mère, Jeanne Weil, est la fille d’un riche agent de change d’origine juive alsacienne. Issue de la bonne société parisienne, elle parle plusieurs langues, aime la musique et la peinture. À 21 ans, elle rencontre Adrien Proust qui a 15 ans de plus qu’elle. Lors des journées dramatiques de la Commune, Adrien Proust est légèrement blessé par une balle perdue en allant prendre son service à l’hôpital de la Charité. Sa femme, enceinte de Marcel, se remet difficilement de l’émotion éprouvée à cette occasion

Valentin Louis Georges Eugène Marcel Proust naît à Auteuil dans la maison de son grand-oncle maternel, Louis Weil. Il est si faible que son père craint qu’il ne soit viable. Très tôt, Marcel concentre son amour sur sa mère et considère son frère cadet, Robert, né en 1873, comme un rival à évincer pour rester l’unique bénéficiaire de l’amour maternel. Les rapports entre les deux frères ne seront jamais intimes. Marcel l’a gommé dans La Recherche.

A 9 ans, lors d’une promenade au Bois de Boulogne, Marcel est victime d’une crise d’asthme extrêmement violente. L’asthme chronique contraint le jeune garçon à de fréquents repos. Il a tendance à se replier sur lui-même, développant des tendances à l’introspection.

Chaque année, les Proust rejoignent Illiers où se trouve la maison de Mme Amiot, la sœur aînée du Docteur Proust. Neurasthénique, elle vit recluse dans sa chambre, calfeutrée sous un édredon. Sous la plume de Marcel, cette maison familiale devient celle de tante Léonie.

Chaque soir, au coucher, Marcel attend le baiser de sa mère autant qu’il le craint. Déjà le bonheur le préoccupe : pourquoi il s’en va si vite ? Comment le rattraper, comment le retrouver et le garder ? Un jour d'hiver, sa mère lui prépare du thé et des madeleines. Machinalement, Marcel trempe la madeleine dans son thé et à chaque fois tous ses souvenirs refont surface. D'où l'expression La madeleine de Proust.

Après le décès de sa tante Elisabeth, Marcel ne reverra Illiers qu’au cours de rares visites. L’enchantement de l’enfance est rompu, sa mémoire prendra le relais. Le village sera rebaptisé Illiers-Combray en 1971, lors du centenaire de la naissance de Marcel Proust.

À Paris il rencontre Marie de Benardaky avec qui il ressent les 1ers élans pour aimer ou se faire aimer par quelqu'un d'autre que sa mère, mais il échoue. 1887-1888, ses 1ères attirances pour les garçons apparaissent, mais jamais il ne reconnaîtra ouvertement la vraie nature de ses penchants.

15 novembre 1889 Proust devance l'appel pour 1 an de service militaire jusque 1890 à Orléans. Il en garde un souvenir heureux.

Septembre-octobre 1891, avec sa grand-mère et sa mère, il est à Cabourg et Trouville, qui vont inspirer ses écrits. Après l’obtention de sa licence en droit, il refuse de faire carrière dans la diplomatie ou la magistrature et annonce à son père : Toute autre chose que je ferai, autre que les lettres et la philosophie, est pour moi du temps perdu. En 1896 il publie Les Plaisirs et les Jours, un recueil de poèmes en prose, portraits et nouvelles dans un style fin de siècle, illustré par Madeleine Lemaire, peintre, illustratrice.

Jean Lorrain, réputé pour la férocité de ses critiques sous le nom de Raitif de la Bretonne, qualifie Proust de chochotte et d’écrivain précieux et surtout il révèle sa liaison avec Daudet. L’article fait scandale. Marcel Proust provoque Lorrain en duel dans le bois de Meudon. 6 février 1897 le duel se fait au pistolet, deux balles sont échangées sans blessure. Toute sa vie, l’écrivain sera fier de ce fait d’armes. Dilettante, doté d’une réputation de snobisme, il poursuit son ascension mondaine dans les salons parisiens et déclare en 1901 : J’ai aujourd’hui 30 ans et je n’ai rien fait !

Son père meurt le 26 novembre 1903 et sa mère le 26 septembre 1905 : Elle emporte ma vie avec elle. Ce drame terrible aggrave son remord de n’avoir pas été pour elle le fils qu’elle aurait souhaité et de ne pas lui avoir rendu l’amour qu’elle lui prodiguait.

Après Illiers, résidence de  son enfance, il découvre Cabourg.  Ayant appris qu'il y avait un hôtel confortable, il y résidera sept étés de suite entre 1907 et 1914. 1907 est l'année où, dans la chambre 414 du Grand Hôtel, il commence l'écriture d'une suite de romans formant une vaste comédie humaine de plus de 200 personnages: «A la recherche du temps perdu » qui sera publiée entre 1913 et 1927.

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Cabourg a donné son nom à une promenade qui longe le bord de mer et s'étend sur près de 4 km depuis Franceville jusqu'à Cap Cabourg.

Proust vit de plus en plus reclus, accompagné de Céleste, sa seule confidente. Elle rédige sous sa dictée, rassemble et vérifie ses informations et l’assiste au quotidien. Elle est Françoise, dans la Recherche. Le 2 août 1914 l’édition de l’œuvre de Proust est suspendue, Bernard Grasset est parti au front. Craignant d’être mobilisé, Proust consulte les médecins qui le dispensent car sa piètre santé ne cesse de s'altérer.

De 1914 à 1918, au 2ème étage du 102 boulevard Haussmann, il travaille avec acharnement sur les corrections des 5000 pages d’épreuve de À l’ombre des Jeunes filles en fleurs. Avril 1918 une paralysie faciale et des troubles de la parole le clouent au lit.

1er octobre 1918 il aménage 44 rue Hamelin, dans un meublé au 5ème étage où il poursuit son œuvre. Il fréquente le Ritz, 2 ou 3 fois par semaine, son dernier écrin doré, jusqu’à sa mort.

2 auteurs sont en lice pour le Goncourt 1919. Roland Dorgelès chante les poilus dans Les Croix de bois, il a combattu plus de 2 ans comme engagé volontaire. La France pleure ses morts, impossible de célébrer À l’ombre des jeunes filles en fleurs, dont l’auteur est considéré comme un mondain qui a passé la guerre entre la chambre, le boudoir et la sieste. Mercredi 10 décembre 1919, 14 heures, Proust est élu !Son élection crée une émeute littéraire. La presse se déchaîne contre Proust jugé trop vieux (48 ans), trop riche (les 5.000 francs du Prix seraient plus utiles à un autre), trop mondain, homosexuel et planqué pour ne pas avoir fait la guerre. Les mauvaises langues parlent de proustitutions, elles accusent l’auteur d’avoir été un goncourtisan, de n’avoir écrit que des gallimardtias ou des petites coliques d’enfant.

16 heures : Gaston Gallimard et Léon Daudet frappent à la porte de Proust. Il dort. Épuisé, il refuse de voir les journalistes et reste emmitouflé dans ses couvertures.

Au cours de sa dernière sortie en octobre 1922, il prend froid et la grippe s’installe. Il refuse les soins de son médecin et de son frère Robert. Dans la nuit du 17 au 18 novembre, bien que très faible, il appelle Céleste pour l’aider à travailler : Si je passe cette nuit, je prouverai aux médecins que je suis plus fort qu’eux. Mais il faut la passer. Croyez-vous que j’y arriverai ? À 3 heures et demie du matin, à bout de force, il avoue : je suis trop fatigué, arrêtons Céleste, je n’en peux plus, mais restez là. L’après-midi du 18 novembre 1922 son frère Robert et son médecin décident de cesser les soins. Le vicaire de Sainte-Clotilde vient dire les prières des trépassés et place entre ses mains le chapelet qui sera son passeport pour l’éternité. 18 novembre 1922 à 4 heures et demi de l’après-midi Marcel Proust meurt en présence de son frère Robert et de Céleste. Ses funérailles ont lieu le 22 novembre, dans la chapelle Saint-Pierre-de-Chaillot, avec les honneurs militaires dus à un chevalier de la Légion d'honneur. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris, auprès de ses parents, accompagné par une assistance nombreuse qui salue l’écrivain.

Bien que Proust ait traité de l'homosexualité dans ses écrits, il ne reconnaîtra jamais ouvertement son homosexualité, dont sa mère ne sera pas dupe, un état qui était très mal accepté par la société de l’époque et, à plus forte raison, par le milieu bourgeois dont il est issu et qu’il fréquente.

Michelle Brieuc