Bernard LEGRAND, mari de notre amie Danièle, et que nous connaissons toutes depuis ses nombreuses et passionnantes conférences sur l’histoire de la Normandie, nous transporte cette fois dans la Russie des Romanov et nous raconte le destin d’un enfant très attachant, le tsarévitch Alexis, fils de Nicolas II et Tsar de toutes les Russies !

Un destin exceptionnel attend normalement cet enfant, né en 1904, de parents descendants de la plus haute aristocratie européenne (Danemark, Angleterre, Allemagne …) et il est promis, dans la prestigieuse et toute puissante Russie de l’époque, à une des plus grosses fortunes financières qui soient alors au monde, dans un pays 40 fois plus grand et 4 fois plus peuplé que la France.

La Russie est un pays aux richesses fabuleuses, en voie d’industrialisation rapide et très influent culturellement par ses écrivains, peintres, musiciens etc.. connus dans le monde entier.

Mais le destin devient très vite tragique pour l’enfant atteint du mal héréditaire qui frappe la famille de l’Impératrice : l’hémophilie. Il grandira dans la douloureuse expérience de la souffrance, surprotégé par sa mère qui lui interdira les jeux habituels réservés aux enfants, de peur qu’il ne se blesse, et veillé en permanence par deux gardes du corps.

Il aura des phases de répit et des périodes de maladie. Au cours d’une crise encore plus pénible que les autres, où on le croit mourant, l’Impératrice, malade mentale névrotique et mystique, fait appel à Raspoutine. C’est un moine “guérisseur”, moujik, hypnotiseur, magnétiseur et prophète qui prétend alors que “Dieu a entendu les pleurs” d’Alexandra, et l’enfant guérit, en effet, à la surprise même de ses médecins !
Raspoutine devient le “sauveur”, prend de plus en plus d’influence sur la Tsarine et son mari et intervient jusque dans les affaires de l’Etat, à mauvais escient, lorsque Nicolas II, qui a pris en personne le commandement de l’Armée Russe, se trouve éloigné par des guerres catastrophiques avec l’Allemagne.

Parallèlement, la Russie évolue vers le terrorisme (nombreux attentats, et la Révolution. Le Tsar est de plus en plus éloigné de son peuple et en complet déphasage avec son époque.

L’aristocratie russe, excédée par ces comportements irresponsables et les mauvais conseils de Raspoutine qui contribuent à dresser le peuple russe contre ses dirigeants, fait assassiner le moine.

Trop éloigné, le Tsar ne peut prévenir et éviter la Révolution, et la constitution d’un gouvernement provisoire. Il abdique d’abord en faveur de son fils Alexis, puis de son propre frère, Michel, pour sauver les Romanov.
Rien n’arrêtera plus le peuple en marche. Le Tsar et sa famille (que l’Europe ne voudra pas accueillir) seront exilés vers des endroits isolés de la Russie, dans des conditions de plus en plus précaires, jusqu’à subir un régime carcéral.

A la suite d’un procès, présidé par Lénine, il sera décidé d’exterminer une centaine de membres de la famille Romanov. Le 17 juillet 1917, le Tsar et sa famille seront secrètement tous sauvagement massacrés, puis brûlés et enterrés en hâte dans un lieu indéterminé.

Le sujet restera tabou jusqu’en 1976 où un cinéaste s’y intéressera. Les corps seront retrouvés, en partie, en 1989, puis en 2007 pour Alexis et Anastasia.

Le Tsarévitch est canonisé et vénéré le 17 juillet sous le nom de “Tsarévitch Alexis”