» Cosi fan Tutte » de Wolfgang Amadeus Mozart
mardi 12 mai à 20 h 30 à l’ Opéra-Théâtre de Limoges

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Amour, mariage, fidélité jusqu’à la mort » selon les termes du metteur en scène : voilà l’univers idyllique dans lequel sont plongés les deux couples d’amants au début de l’intrigue. Troisième et dernier opus de la trilogie Mozart – da Ponte, Così fan tutte (littéralement, « Elles sont toutes comme ça ») est une des premières illustrations du dramma giocoso, subtile combinaison de l’opera buffa et de l’opera seria, de la comédie et de la tragédie. Dans cette farce cynique, chaque personnage va devoir s’affirmer dans un monde bien plus complexe qu’il n’y paraît, mettre à l’épreuve et changer ses certitudes, accepter de perdre ses repères et prendre conscience des dangers qui entourent le bonheur… Car aimer n’est pas si simple, dans un monde fait de tentations.

Tentations du regard jeté sur l’autre, tentations de l’image de soi, comme dans une boutique de luxe où l’éphémère nous séduit et nous prend au piège de la consommation. En ces deux femmes troublées par l’attrait du nouveau, Jim Lucassen voit deux esclaves de la mode perdues parmi les miroirs : en se laissant aller, elles font table rase des codes, se bricolent une identité. C’est un moment suspendu, une crise narcissique d’affirmation de soi, entre idéal inaccessible (l’amour éternel) et contrainte pulsionnelle (l’infidélité). Entre dramma et giocoso, Jim Lucassen réussit une brillante synthèse du marivaudage et de la crise identitaire qui règnent dans le chef-d’œuvre de Mozart.