VISITE GUIDEE DU CHATEAU de NANTES et la TRAITE NEGRIERE

VISITE GUIDEE DU CHATEAU de NANTES et la TRAITE NEGRIERE

Erigé au Moyen Age par le Duc François II et terminé par sa fille Anne de Bretagne, seule femme à avoir été deux fois reine de France, le château livre ses secrets. Puis une exposition « l’Abîme » a révélé le destin de celles et ceux qui furent victimes du système colonial.

C’est par un temps plus que radieux que nous nous sommes retrouvées à NANTES pour découvrir ou redécouvrir cette belle ville     .

Le rendez-vous était fixé dans une crêperie face au château des Ducs de Bretagne. Nos lycéennes de Bretagne Nord y ont été rejointes par les lycéennes de Limoges et de Bordeaux. Très agréable moment de convivialité qui ne sera pas le seul. Nous étions une quinzaine environ.

Ensuite, nous avons visité le château des Ducs de Bretagne, visite très documentée par une jeune guide.

L’histoire commence en 1207, lorsque Guy de Thouars construit le premier château au pied de l’enceinte gallo-romaine de Nantes. Ce dernier avait pour but d’affirmer le pouvoir des Ducs face à celui des évêques de Nantes. Une centaine d’années après, François II trouva que ce château n’était pas à la hauteur d’une ville comme Nantes. Il construit alors un nouvel édifice à double vocation : être résidence ducale et forteresse militaire pour résister au pouvoir royal.

La Duchesse Anne, fille de François II est contrainte d’épouser deux rois successifs : Charles VIII et Louis XII. Ces mariages entraînent l’union en 1532 de la Bretagne à la France, définitivement scellée par l’édit signé au château en 1532 par François 1er. Dès lors, le château perd  son statut de résidence ducale pour devenir une forteresse royale.

Au XIXème siècle, le château conserve sa fonction militaire.

En 1915, il devient la propriété de Nantes.

En 1924, il devient un musée de l’histoire de Nantes, rénové de 1990 à 2007,.

Le grand logis est l’édifice le plus important, de style gothique flamboyant. On y rentre par un escalier à vis, à double révolution. Le premier étage servait à la  gouvernance, l’étage au-dessus était la résidence du Duc.

Cette visite terminée, nous avons continué par la découverte du cœur de la ville de Nantes : la place Royale, la basilique Saint Nicolas, la place Graslin avec son théâtre et la célèbre brasserie « La Cigale » de style Art Nouveau. Elle est l’œuvre d’Emile Libaudière, classée monument historique en 1964, puis le passage Pommeraye, galerie marchande construite en 1840 par les architectes J.B. Buron et Hyppolyte Durand-Graslin.

La soirée s’est terminée dans un restaurant du centre ville où nous avons dégusté le poisson de la Loire « le sandre au beurre blanc » dans une très bonne ambiance.

Le lendemain matin, rendez-vous au pied du Château pour une visite guidée des quartiers de négoce au temps de l’esclavage. Sur le passé négrier de Nantes du XVIII au XIXème siècle.

Visite du quai d’où partaient les navires vers les Antilles et l’Afrique.

Visite des lieux symboliques comme la passerelle Schoelcher et le mémorial est tapissé de 2000 plaques de verre où sont inscrits les noms des bateaux qui ont participé à ce commerce triangulaire.

Nous avons longé les quais et admiré les belles maisons typiques des armateurs. Ces belles et vastes demeures des riches familles d’armateurs sont construites sur un sol sablonneux. Elles sont faites en tuffeau et sont parées de mascarons (visage, masques fantastiques ou grotesques, visage de femme couronné d’épis de blé, Bacchus coiffé de raisins). Elles sont dotées de balcons en fer forgé. Ces résidences illustrent, par leur faste, la dimension du passé commercial de la ville de Nantes.

Nantes à elle seule représentait 40 % du commerce triangulaire en France.

Cette balade s’est terminée sur « l’ile aux machines » où nous avons admiré le grand éléphant de 12 mètres de haut, large de 8 m. Jules Verne avait imaginé un éléphant mécanique au début du XXème siècle (Jules Verne est né à Nantes et y a passé toute sa jeunesse). La Loire, ses îles, le port, les bateaux, l’agitation des quais, tous ces éléments sont la source du  rêve et le creuset de son œuvre.

C’est à nouveau dans un restaurant près du Château que nous avons déjeuné (repas typique nantais). Ensuite nous enchaînons par la visite de l’exposition l’Abime, Nantes dans la traite atlantique et l’esclavage colonial 1707-1830. Visite guidée retrouvant notre guide de la veille, qui nous a fait un exposé clair sur le fonctionnement du commerce triangulaire.

Les esclaves étaient achetés en Afrique et vendus aux Antilles à des propriétaires de plantations. Là-bas, les esclaves doivent travailler dans les champs de canne à sucre, de tabac ou réaliser des tâches domestiques.

Les bateaux partaient de Nantes avec des armes, du sel, des ustensiles, des pacotilles (autrefois : petit lot de marchandises empaquetées qui servaient de troc avec les chefs africains).. Ils étaient ensuite emmenés dans des bateaux pour être vendus dans les colonies. Ils travaillaient dans des plantations de produits exotiques comme le cacao, le coton, le sucre, le café. Avec l’argent de la vente des esclaves, les armateurs achetaient ces produits et les importaient en Europe en faisant des bénéfices considérables.

Les noirs vendus et déportés sont soumis au « code noir » élaboré par Colbert .Schoelcher a lutté pour l’abolition de l’esclavage (1842).

Après un rafraîchissement, nous nous sommes quittées très heureuses de ces belles découvertes. Un bon moment de Culture et de Rencontres.

Christiane ANDRE et Josette SALMON


ROSA BONHEUR : LA LIBERTE DE PEINDRE

ROSA BONHEUR : LA LIBERTE DE PEINDRE

Peintre et sculptrice, spécialisée dans la représentation animalière, Rosalie Bonheur connaît de son vivant la gloire qui faiblira après sa mort. Son travail et toute son existence témoignent de sa reconnaissance des animaux dans leur singularité.

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Née en 1822 à Bordeaux dans une famille d’artistes, « Rosalie » commence à crayonner dès l’âge de 4 ans. Si elle vit une enfance heureuse entre Bordeaux et le château Grimont à Quinsac, où elle fait de longs séjours, cette période ne va pas durer longtemps. Les aléas financiers de son père et la mort de sa mère, alors qu’elle n’a que 11 ans, vont très tôt orienter sa destinée. En effet, dès l’âge de 13 ans elle décide de se livrer à l'art.

D’année en année elle ne cessera de progresser, soutenue par son père (les cours de peinture sont interdits aux filles de cette époque !) et à 19 ans elle exposera au Salon de Paris. Puisant son inspiration des scènes des champs et de la vie rurale, elle étudie les animaux qui deviendront sa spécialité, tant en peinture qu'en sculpture. Elle devient la 1ère femme peintre animalière sous le nom de Rosa Bonheur et les commandes vont affluer. Au salon de 1948 elle reçoit une médaille de 1ère classe (or) pour ses bœufs auvergnats, ce qui lui permet d’obtenir une commande de l'État pour réaliser un tableau agraire Le Labourage nivernais, pour une somme de 3 000 francs.

Elle accède alors à la célébrité ! Cette oeuvre de grande dimension sera suivie par Le marché aux chevaux de 5m sur 3, après un an et demi d’observation de l’anatomie des chevaux sur le marché de Paris. Exposée au Salon de 1853 ce tableau,accueilli avec enthousiasme par la critique, est admiré aussi bien en France qu’en Angleterre ou aux Etats-Unis. Le jury explique pourquoi ce tableau n’obtient aucune récompense : « Par décision spéciale, Melle Rosa Bonheur ayant obtenu toutes les médailles qu’on peut accorder aux artistes, jouira à l’avenir des prérogatives auxquelles son talent éminent lui donne droit. Ses ouvrages seront exposés sans être soumis à l’examen du jury ».C’est là qu’elle rencontre le marchand Ernest Gambart qui la fait connaître à l’étranger.

Aussitôt elle connaît une gloire internationale. Elle est la 1ère artiste dans l'histoire de la peinture dont le marché spécule de son vivant sur ses tableaux qui atteignent des cotes vertigineuses. Ses revenus lui permettent d’être soutien de famille depuis la mort de son père mais aussi d’acquérir son indépendance financière : elle achète le château de By à Thomery en Seine et Marne, près de la forêt de Fontainebleau, où elle s’entourera d’animaux… De nombreuses personnalités lui rendent visite comme en 1865l'impératrice Eugénie pour la nommer au grade de chevalier de la Légion d’Honneur : « Vous voilà chevalier, je suis heureuse d'être la marraine de la première femme artiste qui reçoive cette haute distinction ». A partir de 1871 elle se tourne vers la peinture de fauves qu’elle étudie au Jardin des Plantes. Elle acquiert un couple de lions et travaille chez elle, d’après modèle. Pour elle, les animaux ont une âme, comme les humains : « Je trouve monstrueux qu’il soit dit que les animaux n’ont pas d’âme. Ma lionne aimait, donc elle avait une âme plus que certaines gens qui n’aiment pas ».

Plus tard, elle recevra à By une surprenante personnalité : Buffalo Bill qui est à Paris avec son spectacle de cow-boys. Il la reçoit dans son cirque et lui fait cadeau d'un superbe costume sioux, d'un arc et de flèches, qu'elle accepte volontiers. Pour le remercier elle réalisera son portrait.

Côté vie privée Rosa Bonheur malgré toutes ses excentricités et ses idées à contre-courant, sa vie personnelle, peu conventionnelle, n’a pas fait scandale, à une époque très soucieuse des conventions. Elle a vécu 52 ans avec Nathalie Micas puis avec Anna Elizabeth Klumpke, une artiste peintre américaine qui l’accompagnera jusqu’à sa mort. Portant cheveux courts et pantalon, fumant des havanes, Rosa Bonheur est la plus célèbre des femmes qui se consacraient au 19ème siècle à la peinture animalière. 2.100 œuvres (tableaux, aquarelles, bronzes et gravures) de son atelier et sa collection particulière sont vendus à la galerie Georges Petit à Paris.

Ernest Gambart fera ériger un monument à la mémoire de Rosa Bonheur à Fontainebleau, en face du château. 2 plaques de bronze représentent Le marché aux chevaux et Le labourage nivernais ainsi qu’un portrait de l’artiste réalisé par son frère Isidore. L’ensemble, surmonté d’une réplique de la sculpture Le Taureau est encore visible aujourd’hui.
Personnage important pour l'évolution du rôle de la femme dans le milieu artistique, elle ne soutient pas explicitement les mouvements féministes naissants et n'adhère pas aux mouvements pour les droits de la femme qui se multiplient alors en France.

À partir de 1980, des biographes l'associent aux débuts du féminisme, notamment aux Etats Unis, en raison de la vie très libre qu'elle a menée.

Marie France DELAHAYE


SOPHIE BELLIER : UNE FEMME A LA HAUTEUR !

SOPHIE BELLIER : UNE FEMME A LA HAUTEUR !

En 15 ans elle a déjà atteint des sommets : le Mont Blanc, l’Aconcagua (Argentine), l’Elbrouz (Caucase) et le Gustung (Népal). Aujourd’hui elle se prépare activement à un traversée de la chaîne népalaise de l’Himalaya, soit 46 cols et 1700 kms d’expédition durant plusieurs mois !

Nous avons rencontré cette femme d’exception qui, avec sa grande modestie, ne s’est pas étendue sur ses exploits passés mais s’est attardée sur toutes les étapes de l’ascension du Gustung au Népal. En amont, une préparation longue de 10 mois qui commence par un entraînement intense marqué de tests d’effort en hypoxie pour habituer son corps à la haute altitude. Le choix du guide est lui aussi capital pour la confiance qu’il inspire par son professionnalisme, sa connaissance du terrain et l’équipe qu’il constitue.

La date de départ approchant, il est alors temps de préparer son sac et de sélectionner avec pertinence son contenu (matériel, vivres, médicaments… ).  Il ne doit pas excéder 30 kgs car, dans la phase d’approche, les sacs sont portés par des animaux.

Durant cette phase, l’alpiniste  découvre une culture, des hommes et des paysages. Ce trek se termine par l’arrivée au camp de base. C’est là que s’effectue un reconditionnement des sacs avec seulement 10 kgs de strict nécessaire . L’équipe d’alpinistes est bénie par un moine  avant d’entamer le début de l’ascension qui sera fractionnée en plusieurs camps d’altitude.

La progression commence alors par étapes de 500 mètres en cordées de 2 dans un terrain de plus en plus technique. Sophie évoque la vigilance de chaque instant en raison des « risques objectifs » : les séracs, les crevasses et les avalanches ! A cela s’ajoute les « risques subjectifs » : chaque alpiniste empruntant des arêtes de neige avec un sac de 10 kgs, il doit aussi veiller au moindre signe du mal aigu des montagnes, aux engelures et à l’ophtalmie des neiges !

Arrive enfin « le summit day »  ou par moins 30° degrés les cordées abordent la journée la plus compliquée. Puis arrive l’heure de la victoire qui se savoure en équipe ! Pour Sophie Bellier : « Une ascension est un long chemin , où l’on s’affranchit des contraintes sécuritaires avec la quête de l’essentiel. Elle vous récompense d’un sentiment de grande liberté fondé sur un recentrage sur soi y compris dans l’effort physique».

Merci Madame de nous avoir mené du point culminant de la Bretagne (le Roc’h Ruz à 385 mètres) au somment du Bustung à 6.478 mètres ! Nous sommes toutes sorties admiratives ! Bonne chance pour votre prochaine expédition !

Marie-France Delahaye


Visite de Guerlesquin, petite cité de caractère

Visite de Guerlesquin, petite cité de caractère

Située sur les contreforts des monts d'Arrée, à l'entrée du parc régional d'Armorique, Guerlesquin offre une découverte insolite autour de 3 places successives bordées de belles demeures et de monuments majestueux, témoins de sa vocation ancestrale de foires et de marchés.

Le 26 novembre 2021, nous étions 18 lycéennes pour découvrir cette petite cité de caractère, ville d’histoire, ville de foires, ville de marchés. Nous avons flâné le long des deux rubans de pierres qui entourent le cœur historique. Nous découvrons les principaux éléments d'architecture de la cité : les maisons nobles à tourelles, corniches et lucarnes, séparées par des portes cochères. La découverte ne s'arrête pas là ! L’ancienne prison seigneuriale de 1640 trône sur la place principale. Les halles, à l'origine en bois, surmontées de l'auditoire de justice sont depuis 1526 le centre d'animation de la cité (une exposition de 600 sculptures et de plus de 40 artistes nous attendait sous ces halles à la suite de notre visite guidée). L’église à l'architecture typique du Trégor issue de l'atelier Beaumanoir et la chapelle st Jean du 17ème siècle nous ont ravies.

La visite terminée, nous avons déjeuné au restaurant de l'hôtel des Monts d'Arrée où un couscous a été apprécié dans la joie et la bonne humeur.

Notre journée s'est terminée par la découverte de : l’enclos de de Plougonven, un ensemble remarquable formé par l'église, l'ossuaire, le calvaire et la chapelle funéraire.


LE CLUB DE BRETAGNE NORD FETE SES 40 ANS

LE CLUB  DE BRETAGNE NORD FETE SES 40 ANS

Une centaine de Lycéennes venues de 14 clubs ont répondu « présent » à notre invitation, ainsi que  2 représentes du club d’Amsterdam avec lequel nous sommes jumelées depuis 2009. Un temps fort exceptionnel, marqué du sceau de l’amitié et de la découverte !

La première journée a commencé par à la découverte du patrimoine de Saint-Brieuc : les vestiges du manoir épiscopal  à proximité de la cathédrale forteresse. Après 15 ans de restauration elle a même ébloui les Briochines qui la redécouvraient pour finir place Louis Guilloux au pied d’un noyer du Caucase et de l’Hôtel dit des Ducs de Bretagne.Après un déjeuner fort agréable dans une brasserie du centre-ville et une pause de quelques heures, direction le Manoir de la Noé Verte à Lanloup pour la soirée de gala orchestrée par Marie Boutbien, fille d’une lycéenne fort appréciée : une valeur sûre entre le cadre, l’accueil et la qualité du menu !

Dès l’arrivée bombarde et biniou ont donné la touche de musique locale ! La présence de Nicole de Morchoven à l’origine de la création de notre club, des 4 past présidentes de Bretagne et des présidentes nationale et internationale ont donné du lustre à cette soirée. Ingrid Nappi au piano a ravi le public avec des morceaux de Mozart et Debussy et la soirée s’est terminée par 2 surprises : le gâteau des 40 ans arrivé en barque sur le plan d’eau sur le plan d’eau et, pour couronner le tout, un feu d’artifices !!!

Le 2ème jour fut consacré à la découverte de Tréguier, capitale du Trégor et ancienne cité épiscopale. Sous un petit crachin (particularité locale !) les Lycéennes ont visité le cloître de la cathédrale très bien conservé, avec une exposition de gisants.  La cathédrale Saint-Tugdual est l’un des plus beaux édifices religieux bretons avec le remarquable tombeau de Saint-Yves, patron des avocats et des juristes, particulièrement vénéré en Bretagne. Un petit tour devant la maison natale d’Ernest Renan s’imposait pour évoquer la vie de cet illustre écrivain et philosophe tant controversé après ses écrits sur « La vie de Jésus » et « L’histoire des origines du Christianisme » qui ont suscité de vives controverses !  Il finira Académicien et Officier de la légion d’honneur !!!

Puis direction Perros Guirec pour déjeuner avant de nous embarquer pour une croisière vers les 7 îles  sous un soleil radieux ! Après avoir longé la côte de granit rose et le phare de Men Ruz, la réserve naturelle nous a permis d’observer des goélands, des macareux et quelques phoques…et d’admirer un spectacle éblouissant de fous de bassan sur l’île  Rouzic , l’unique colonie en France, où nichent plus de 20.000 oiseaux  (4% de l’espèce dans le monde)!!!  Avec le soleil couchant nous garderons le souvenir d’oiseaux fidèles car les couples sont unis à vie, revenant toujours dans la colonie qu’ils ont choisie !

 Toutes les Lycéennes du Club de Bretagne Nord ont été ravies de vous avoir reçus et de vous avoir fait découvrir leur belle région !


Rennes …en Noir et Blanc… et en Couleurs !

Une journée de juillet marquée par deux magnifiques expositions : le Noir et Blanc et la Couleur  Crue…et la participation de nombreuses lycéennes en villégiature en Bretagne !

Le Noir et Blanc au Couvent des  Jacobins

Pour cette visite guidée nous sommes accueillies par le vautour  de SUN YUAN et  PENG YU  « Waiting », couvert de plumes blanches et noirs. Comme l'aurait  fait  l'un des Jacobins  de blanc et de noir vêtus dont c'était ici le couvent.

Il fut longtemps convenu que le noir était la couleur du deuil, une couleur funeste, celle du drame, du renoncement, alors que le blanc est celle de la pureté, de la liesse et de la réjouissance nuptiale.

Sculpture de Jeff   KOONS  en marbre de Carrare qui représente les joies de l'amour.

Damien HIRST avec sa sculpture noir qui représente la mort.

Les expressions : broyer du noir, être dans une misère noire, avoir des idées noires, rappellent que le noir  a partie liée avec le drame.

Les mouches noires de Damien HIRST Intitulé « Cancer » est fait de mouches noires agglomérées dans une résine ; il évoque cette maladie « sarcophage » qu'est le cancer.

La salle suivante  évoque  LA TRISTESSE  BLANCHE

Les œuvres  dans cette galerie du cloitre  sont blanches mais évoquent la mort, l'absence, la sensation de froid.

La robe de mariée de STARTEVANT drape une inquiétante disparition et les linceuls  de MAURIZIO  CATTELAN  enveloppent des formes humaines.

Dans le jardin du cloitre 2 pièces de bois  noir  de NASH  DAVID se font face et dialoguent tels des menhirs, nous sommes toujours  sur le thème du noir et blanc.

Le noir  et le blanc, couleurs de l'ascèse. Depuis la croix de Kasimir Malevitch, les suprématismes, minimalismes et abstractions se complairont  dans le sobre usage réduit de ces deux « non couleurs » définissant ainsi un art «cistercien » quasiment spirituel, éloigné de toute séduction optique.

Le noir et le blanc, couleur de la vérité

De nombreux photographes continuent à privilégier le noir et blanc, aussi bien pour des raisons esthétiques - le noir et blanc paraissant plus «  artistique  »  que la couleur – et pour des raisons militantes afin de dire  au plus près le tragique des sujets représentés.

Enfin  NOIR  ET BLANC  le grand chic

Le noir  et le blanc sont ainsi  pour la mode les couleurs absolues de l'élégance.

Nous terminons notre visite  par une œuvre de PAUL MAC CARTHY : Bear and Rabbit on a Rock

La Couleur Crue au Musée des Beaux Arts

 L'exposition  rassemble des créations contemporaines  dont la matière première est la couleur. Tour à tour brute, naturelle, artisanale, artificielle, composite, numérique  ou évanescente, cette « matière-couleur » renvoie aux éléments colorés fournis en profusion par la nature.

Oeuvre de Jennifer TEE, réalisée avec des pétales de tulipes ; cette réalisation était plus colorée, avec le temps elle devient plus sombre .

Perrine LIEVENS nous  montre une forme géométrique recouverte d'ailes de papillons. Enfin nous terminons par une œuvre de MICHEL BLAZY : décomposition de la matière, de la couleur  et de la lumière. Réalisée à partir de matière organique, ici  agar-agar  et consiste en l'observation de sa décomposition lente.

Christiane André


FRANCK ZAL OU LA RÉVOLUTION D'UN VER MARIN

Tout commence avec le commandant Cousteau auquel Kranck Zal enfant vouait une grande admiration. Lors de ses études en biologie il rencontre son idole qui lui conseille de faire de l’océanologie. Il s’intéresse à des environnements extrêmes dans les eaux pacifiques pour l’étude d’un ver géant de 4 mètres avant d’arpenter les plages de Roscoff pour observer un ver plus petit, celui-là, l’arénicole dont l’hémoglobine à des capacités impressionnantes. Elles lui permettent de respirer à la fois sous l’eau et dans l’air, de résister aux changements de température et de lier quarante fois plus d’oxygène que la nôtre, alors qu’elle est deux cent cinquante fois plus petite qu’un globule rouge !

En 2007, il quitte le CNRS et crée sa propre société, Hemarina à Morlaix. Il met au point un transporteur d’oxygène thérapeutique issu de l’hémoglobine extracellulaire d’Arenicola marina. Sa première application, c’est Hemo2life, un additif qui augmente considérablement la durée de vie des greffons car jusqu’alors, la moitié des organes disponibles étaient perdus à cause du manque de temps ou d’un rejet des receveurs. Les essais cliniques menés en 2016-2018 s’avèrent concluants.

Début 2018, le Pr Lantieri utilise son produit pour une greffe totale du visage. Le succès de cette exceptionnelle opération fait le tour du monde. "Je ne ferai plus jamais de transplantation sans ce produit" déclare le chirurgien de l’hôpital Georges Pompidou à Paris. Quant au Pr Carpentier, l’inventeur du premier cœur artificiel Carmat - qui a lui aussi utilisé Hemo2life - il reconnaît que c’est une révolution dans le monde médical!

Hémarina continue de compter sur ses vers, élevés désormais dans sa ferme marine à Noirmoutier.

Franck Zal et ses chercheurs planchent notamment sur plusieurs autres applications : un pansement oxygénant pour mieux cicatriser, une solution pour soigner la drépanocytose, les victimes d’accident vasculaire cérébral, d’infarctus du myocarde ou encore en cancérologie.

PHOTO CLAUDE PRIGENT / LE TELEGRAMME. MORLAIX (29) : Hemarina est une entreprise privée basée à Morlaix et spécialisée dans les biotechnologies et axée sur la recherche et le développement de transporteurs d'oxygène pour des applications médicales . Hemarina veut proposer une solution permettant de pallier la pénurie des dons sanguins grace à l' hémoglobine extracellulaire du petit ver marin nommé Arenicola marina . Société de biotechnologie Hemarina . Arenicola marina , ver marin à partir duquel est fabriqué un substitut sanguin destiné à remplacer le sang ou assurer une meilleure conservation des organes avant transplantation , sang , laboratoire .

Il nous a également confié combien la recherche fondamentale est ingrate et que toute innovation est taxée soit de « ridicule », de « dangereuse » ou de «  tu n’es pas le premier à y avoir pensé !». Et de nous citer quelques exemples comme l’ARN messager, trouvé il y a 36 ans, et appliqué seulement aujourd’hui ou encore la pénicilline, découverte dans les années 20 par Fleming qui n’a reçu le prix Nobel qu’en 1943 !

Une chose est sûre : nous ne verrons plus jamais de la même façon les tortillons des arénicoles sur la plage .

Un immense merci à ce « grand monsieur », qui nous a nous a laissées admiratives par la modestie avec laquelle il parle de sa découverte et de ses applications, ainsi que pour la grande clarté qui a émaillé sa conférence !

Marie-France Delahaye


GENEVIEVE DE GAULLE-ANTHONIOZ, UNE VIE DE RESISTANCES

GENEVIEVE DE GAULLE-ANTHONIOZ, UNE VIE DE RESISTANCES

Nièce du général de Gaulle, résistante rescapée de Ravensbrück, mère de famille, présidente d'ATD Quart Monde…, Geneviève de Gaulle-Anthonioz (1920-2002) a mené une vie de combat, de résistance, de passion pour l’humain, pour la justice.

25 octobre 1920 Geneviève de Gaulle naît dans une famille aisée et cultivée. Son père, Xavier de Gaulle, frère du Général de Gaulle, lui communique l’« atypisme » de la famille de Gaulle. La perte de sa mère, en 1925, est la première grande douleur de Geneviève. Son père épouse à Rennes en seconde noces le 22 décembre 1930, une petite-cousine de sa première femme, Armelle Chevallier-Chantepie, avec qui il a deux enfants.

Lorsque la Sarre devient allemande, la famille de Gaulle quitte Metz pour habiter Rennes, 10 rue de Robien,jusqu’en juin 1938 où Geneviève est étudiante en histoire. Elle est repliée à Paimpont avec sa grand-mère quand arrivent les 1ers soldats allemands à Rennes. L'armistice du 22 juin 1940, préconisé par Pétain contredit en tout point sa vision de l'honneur, elle décide de faire « quelque chose ». L'action de son oncle à compter du 18 juin 1940 la conforte dans son engagement au sein de la résistance, où elle s'emploiera à faire connaître son action. 

À Rennes, elle déchire les affiches de l’occupant, fabrique des petites croix de Lorraine et arrache, du pont de la Vilaine, un fanion nazi qu’elle rapporte chez elle comme trophée.

1941à Paris, étudiante à la Sorbonne, elle rejoint le réseau du Musée de l’homme, un des premiers mouvements de la Résistance française à l'occupation allemande. Elle rejoint le réseau Défense de la France (1943) dont l’activité est centrée sur la diffusion d’un journal clandestin, créé en juillet 1941 par un groupe d'étudiants parisiens.

20 juillet 1943Geneviève tombe dans un piège tendu 68 rue Bonaparte, à la librairie Au Vœu de Louis XIII, lieu de résistance anti-nazie. Après 6 mois à la prison de Fresnes, elle est transférée au camp de Compiègne, antichambre de la déportation. 

3 février 1944 après 3 jours d’un atroce voyage, elle arrive au camp de femmes de Ravensbrück, à 80 km au nord de Berlin, créé par l’Allemagne nazie en 1939. Geneviève se voit attribuer le matricule 27 372. Une expérience qui la marquera profondément et longtemps elle ressentira crûment la douleur pour pouvoir la traduire en mots. 

27 et 28 avril 1945, les SS ordonnent à toutes les prisonnières d’évacuer le camp, c’est la marche de la mort. 3000 femmes malades et complètement exténuées restent au camp. Geneviève est remise à la frontière suisse, à son père, devenu consul général de France à Genève. Elle rentre des camps pratiquement aveugle et ne pesant plus que 44kg.

À Genève, elle rencontre Bernard Anthonioz, résistant savoyard, éditeur et ami d’Aragon, proche d’André Malraux. Il lui fait découvrir l'art contemporain. 

Très vite après la Libération, Geneviève crée l’Association des Anciennes Déportées et Internées de la Résistance avec Marie-Claude Vaillant-Couturier, et elle y noue d’indéfectibles amitiés avec des camarades de toutes opinions.

1958une rencontre fait bifurquer sa nouvelle existence. Au cours d’un dîner, Geneviève de Gaulle-Anthonioz fait la connaissance du Père Joseph Wresinski fondateur de ATD (Aide à Toute Détresse). Elle s’engage à fond contre la déshumanisation à l’œuvre chez les plus pauvres comme chez les déportés et en 1964 elle est propulsée à la tête du mouvement en France.

9 juin 1987, fidèle à ce devoir vis-à-vis de nos camarades qui, elles, étaient mortes, elle témoigne sur Ravensbrück au procès de Klaus Barbie dans la salle des assises de Lyon.

A la mort du Père Wresinski, en 1987, Geneviève de Gaulle-Anthonioz reprend seule le combat du fondateur d’ATD Quart-Monde, pour une loi de lutte contre l’exclusion

16 février 1998 Geneviève de Gaulle-Anthonioz, titulaire de la Croix de guerre et de la Médaille de la Résistance, devient la 1ère femme à recevoir la dignité de Grand-Croix de la Légion d’honneur. Elle invite à la cérémonie sa famille, ses compagnes de Résistance et les pauvres du quart monde.

9 juillet 1998, elle se retire et demande à devenir Volontaire permanente du mouvement. 

Septembre 1998, elle abandonne la présidence d’ATD Quart-Monde.

Elle décède à Paris, à l’âge de 81 ans, jeudi 14 février 2002, d'une longue maladie.

Sa mort entraîne une réaction unanime de tristesse et de regret. Chacun pressent indistinctement qu'une personnalité exceptionnelle vient de disparaître, dont l'action fut lumineuse et universellement reconnaissable. 

Elle n'avait pas souhaité de manifestations trop officielles pour ses funérailles. Selon son vœu, elle repose dans un petit cimetière de Haute Savoie, près de son mari. 

27 mai 2015 Geneviève Anthonioz de Gaulle, 13 ans après sa mort, entre au Panthéon.

Résistante et déportée, elle a été une militante des droits humains jusqu’au bout de sa vie, et même au-delà à travers l’héritage qu’elle nous lègue. Femme d’exception qui a toujours refusél’inacceptable.

« Moi, une héroïne ? Sûrement pas. Les héros et les héroïnes sont des gens d’exception, j’appartiens à ce qu’on peut appeler les braves gens, je suis une brave femme, pas beaucoup plus ». Geneviève de Gaulle-Anthonioz

Michelle Brieuc


MOSAÏQUES D’ODORICO et MARTIN PARR

Jeudi 15 octobre, un convoi se dirige vers Rennes : 12 lycéennes, masquées et déterminées, exceptionnellement accompagnées de 3 valeureux maris. Le but de l’expédition : Odorico, ou l’Italie en Bretagne.

Odorico, c’est l’histoire d’une dynastie de mosaïstes sur deux générations : 1882-1914 d’une part et 1914-1945 d’autre part. Deux frères, Vincent et Isidore Odorico, deux artisans mosaïstes talentueux, quittent Séquals, leur village du Frioul, pour la France, terre vierge de mosaïque, fuyant le marasme économique de leur région. Ils participent à la construction de l’Opéra Garnier à Paris sous la direction de leur compatriote, le réputé mosaïste Facchina. Celui-ci a remporté le chantier grâce à sa nouvelle technique : la céramique inversée, nettement plus rapide et donc moins onéreuse.

Après l’inauguration de l’Opéra, qui a fait connaître la mosaïque et leur savoir-faire, les deux frères travaillent à Tours pendant un an chez Novello, puis s’associent pour créer leur entreprise à Rennes en 1882. Ils excellent dans la reproduction d’œuvres classiques et bénéficient de l’essor du tourisme en Bretagne ainsi que la prise de conscience de l’hygiène. Ils savaient incorporer de petites pates de verre qui font ressortir les couleurs en jouent sur la lumière. Les commandent affluent. Quoi de plus facile que de lessiver ces surfaces à grande eau … Auprès des particuliers d’abord « paillassons » et couloirs des maisons, des magasins pour les sols et les façades, notamment boucheries et poissonneries, les salles de bain qui s’installent dans les maisons, les bains-douches, les piscines…Mais aussi les blocs-opératoires !

A partir de 1914, Isidore fils transforme l’artisanat en mosaïque artistique et industrielle : il a fréquenté l’école des Beaux-Arts de Rennes et voyagé en Europe centrale, où l’Art Déco est très en vogue. En 1992, il épouse Marcelle Favret, fille du mosaïste Pietro Favret. Ensemble ils participent à de nombreux chantiers, en collaboration avec des architectes et des artistes. L’entreprise compte alors jusqu’à 140 ouvriers, avec des succursales à Nantes, Angers, Dinard. Dans le grand Ouest, on répertorie 122 villes possédant des œuvres d’Odorico.

Mais la mosaïque devient peu à peu désuète, remplacée par le carrelage, le linoléum et la moquette. En 1945, Isidore Odorico décède et lui succède Pierre Janvier, un contremaitre, jusqu’à la fermeture de l’entreprise en 1978. Ce dernier a fait don au Musée de Bretagne de 999 dessins, esquisses, calques créés par la famille Odorico et ses successeurs.

Sous la houlette de notre guide passionné, nous avons déambulé dans le centre de Rennes pour découvrir d’abord les paillassons des maisons, la magnifique façade de l’ancienne épicerie Valton, rue d’Antrain. Autour de la place de la mairie, le sol sobre du Panthéon, les couleurs chatoyantes des sols des magasins avec leurs motifs en cercles, les tesselles des façades des magasins aux tons dégradés rappelant les pixels d’aujourd’hui. Petite « mise en bouche avant la découverte de la piscine St Georges, inaugurée en 1926, classée aux Monuments Historiques en 2016 et toujours en activité, pour le sport mais aussi comme lieu de festivités. Ses murs sont tapissés de dégradés de bleus, ses bassins de vert, jaune et marron. En 2017, elle fit déclarée 8ème plus belles piscine du monde à l’occasion d’une exposition temporaire : c’est la Lune géante de Luke Jerram.

Nous terminons notre visite dans le quartier St Helier devant la maison d’Odorico, construite en 1939 dans le style Art Déco, sur l’emplacement de l’ancien atelier.

Si vous voulez illustrer et/ou poursuivre cette aventure, taper « Odorico » sur le moteur de recherche et vous aurez la surprise de découvrir moultes articles et vidéos passionnantes. Sinon, de jolies balades à pieds à St Brieuc, Etables, Erquy, St Quay ou Dinard, pour re-découvrir ces œuvres près de chez vous.

Encore éblouis par la lumière des mosaïques, nous quittons le centre minéral de Rennes pour son faubourg arboré de Beauregard et le FRAC. Magnifique Musée contemporain, dessiné par Odile Decq, née à Laval en 1955, et inauguré en 2012. Le bâtiment juxtapose l’œuvre monumentale d’Aurélie Nemours : « L’alignement de XXI°siècle »de 72 stèles. L’unique sculpture de l’artiste, sa dernière œuvre et sa conclusion. Elle décède en 2015 à l’âge de 94 ans.

Le FRAC a pour orientation l’abstraction au sens large, la réflexion sur le statut de l’image contemporaine. Nous avons découvert l’exposition du britannique Martin Parr, photographe chroniqueur de notre temps

. Ses photographies aux couleurs criardes sont originales et divertissantes, bienveillantes ou acerbes. C’est un tour du monde qui nous monter de manière perspicace la façon dont nous visons, nous présentons aux autres et à quoi nous donnons de l’importance : loisirs, consommation et communication. Humour et désolation…

Chantal Martin


QUINTIN AUX CHANDELLES

        Cette jolie petite cité médiévale a connu une importante prospérité , tout particulièrement aux XVIIe et XVIIIe siècle, avec le tissage et le commerce de fines toiles de lin que divers ports exportaient ,notamment Saint-Malo  , essentiellement vers les colonies espagnoles d’Amérique du Sud ; cette prospérité explique la richesse architecturale de la ville
         Nous commençons notre visite guidée par le tympan de la Basilique Notre-Dame de Délivrance , construite au 19ème siècle, à l’emplacement d’une ancienne collégiale : il représente  le patriarche de Jérusalem offrant à Geoffroy Botherel 1 er, seigneur de Quintin, la relique de la Ceinture de la Vierge, ramenée dans la ville au retour de la 7ème croisade avec St Louis . La vierge trône en majesté entre les deux personnages. Cette tradition a fait l’objet d’un culte très important durant plusieurs siècles, animé de nombreux pèlerinages et s'étendant à travers toute la Bretagne. Ce culte persiste encore lors des fêtes mariales.        

  Nous nous dirigeons, par  la Porte-Neuve, vers  les derniers vestiges d’anciennes fortifications et  vers la Tour des Archives ,menaçant de s’écrouler , mais dont la restauration imminente, grâce aux fonds du «loto du patrimoine » de Stéphane Bern, est un grand soulagement pour les  propriétaires du château  et une grande fierté pour les Quintinais.
   Nous déambulons dans le quartier des anciens bâtiments religieux, nombreux à Quintin, admirant au passage les belles demeures et hôtels particuliers de riches négociants :
              - La Chapelle St Yves
             -  Le couvent des Ursulines, maintenant transformé en logements sociaux.  Les Ursulines se consacraient à l’éducation des jeunes filles et aux soins des malades.
La Chapelle du couvent va être restaurée par son actuel  propriétaire.
            -  Le parc Roz Maria, richement arboré, des Pères  Carmes, arrivés en 1621, dont la vocation principale était de contrer un protestantisme très implanté dans la ville et d’éduquer la population à la religion catholique.  Les bâtiments et la moitié du parc sont actuellement une propriété privée transformée en chambres d’hôtes.
            - Par de petites ruelles et venelles, nous arrivons à l’hôtel de ville et à  la place 1830, date à laquelle furent détruites les Halles. Il faut imaginer cette place aux belles maisons à  pans de bois,  fourmillant  autrefois d’une intense activité commerciale.      

      Quintin était également un centre important de haute, moyenne et basse justice.
       Nous retournons vers la basilique. La statue de la Vierge de Délivrance et les ex-voto rappellent  l’intense ferveur avec laquelle les jeunes femmes enceintes venaient prier pour une délivrance heureuse.  Quatre fresques illustrent le don de la ceinture de la vierge, son retour à Quintin et l’incendie de la collégiale.
      Enfin, nous sommes accueillies au château par sa propriétaire, la comtesse de Bagneux. Ce château  est en fait constitué de deux châteaux. Le premier, construit au 17ème siècle est resté inachevé. Au 18ème siècle, le marquis de la Moussaye, beau- frère de Turenne, a construit l’actuel château à partir des communs et des écuries. Ce lieu a vu défiler, au fil des siècles, un long cortège de nombreux personnages de la haute aristocratie. Il accueille actuellement de nombreux visiteurs et des manifestations culturelles permettant le financement de travaux de restauration. Le remplacement de toutes les fenêtres est prochainement envisagé.       

Après une agréable promenade dans le parc,  l’exposition permanente  « les arts de la table » nous permet d’admirer une vaisselle et une argenterie d’époques  diverses. Nous prenons plaisir à  découvrir un  amusant jeu de quiz sur « L’art de bien recevoir », proposé au visiteur à chaque vitrine de l’exposition.
Un apéritif nous est servi dans le parc, puis le dîner aux chandelles, dans une grande salle du château. 

(photo soirée aux chandelles)
Nous terminons la soirée, sous la houlette de la belle-fille de la propriétaire, par la visite de pièces du château, richement meublées. Nous admirons tout particulièrement une charmante collection d’éventails.
Un  « Concours d’ateliers d’art de France »  s’est tenu au château. L’œuvre primée nous a amusées, intriguées, laissées un peu perplexes ...
Merci  à Marie-France, Maryvonne, Christiane, pour l’organisation de cette visite

Béatrice Delafargue