Visite du château de Virieu

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Grenoble et ses artistes au XIXème : plongée dans le siècle

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Colette à travers le regard de Lucile et Mao

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Qui est Vivian Maier ?

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Le sculpteur Victor Sappey

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Au Musée de la Résistance de Grenoble : Femmes des années 40, Femmes je vous aime

museum-of-resistance-.jpgAu musée de la Résistance
Femmes des années 40, Femmes, je vous aime !

La jeune et talentueuse guide qui nous accueille insiste sur le fait que l’exposition mise en place évoque tous les aspects de la vie des femmes pendant les années de guerre : le travail, la famille, les difficultés liées aux restrictions, et bien sûr la Résistance avec la Collaboration…

Pendant la 1ère guerre, il y a eu un très grand nombre de morts au combat. On incite donc fortement les femmes à avoir des enfants. Mais elles avaient remplacé les hommes aux champs, dans les usines. La fin de la guerre venue, elles n'ont pas forcément envie d'abandonner l'indépendance à laquelle elles avaient pris goût. C'est aussi l'époque où les mouvements féministes prennent de plus en plus d'importance.

Au moment où le déficit de la natalité commence à se résorber, la seconde guerre est déclarée. Le 10 mai 1940, un million et demi de soldats français sont faits prisonniers.
En l'absence des maris, le gouvernement de Vichy « veille au grain » : une loi très dure est votée pour punir l'adultère des femmes, une autre contre les « faiseuses d'anges », et les femmes mariées ne sont pas censées travailler. Mais nécessité fait loi, faute d'hommes ! Curieusement, on instaure 2 heures de sport obligatoires par semaine pour les femmes qui travaillent dans les usines. Merci Monsieur le Maréchal !
Autre activité bienvenue pour les femmes françaises : il faut des maisons closes pour les Allemands ! Les contrôles sanitaires y sont draconiens, et certaines des pensionnaires mourront des suites des traitements médicaux excessifs qui leur sont infligés.

Par ailleurs le gouvernement met en place un système de tickets de rationnement, car les demandes énormes du Reich conduisent rapidement à une pénurie généralisée : par exemple, 10 000 têtes de bétail sont réquisitionnées chaque semaine, 700 000 tonnes de charbon par mois ! C'est le règne de la débrouillardise, tout vient à manquer : les galoches à semelle de bois tintent gaiement sur les pavés, on invente la jupe-culotte parce que c'est plus pratique à vélo, les remailleuses de bas de viscose ne manquent pas de travail, et on échange les recettes de savon.
Une autre activité voit le jour : la queutière : c’est celle qui fait la queue à la place des autres, pour leur faire gagner du temps et elle envoie ses enfants faire les livraisons.

*Certaines femmes vont jouer le jeu de Vichy : Claire Darré-Touche, bonne pétainiste, vend ses Biscuits Brun aux Allemands, et fait acclamer Pétain par ses ouvrières lorsqu'il vient visiter son usine… Elle se débrouillera pour la récupérer après la guerre. Heureusement il y a une morale : les Résistants videront sa cave et se régaleront de ses grands crus et de ses provisions.

Simone Waro, de son nom de scène Simone Provence, tombe amoureuse d'un officier allemand, et soutire des informations aux paysans du Vercors, et aux jeunes réfractaires au STO partis dans le maquis. On estimera qu'elle est responsable de la mort de 44 maquisards. Elle sera arrêtée, condamnée à mort, graciée par de Gaulle parce qu'enceinte (mais c'était un mensonge !).

Maud Champetier de Ribes est chargée d'intercepter les femmes juives fuyant vers la Suisse. Elle sera condamnée à mort.

*D’autres femmes choisissent la Résistance. Elles seront nombreuses, courageuses, voire intrépides ! Elles vont d'abord distribuer les journaux. Marie Reynoard est l'une d'entre elles, elle sera arrêtée une première fois à Lyon en 42, puis en 43, envoyée à Ravensbruck, où elle meurt en 45.

Marguerite Gonnet distribue le journal Libération, malgré ses 9 enfants, est arrêtée, jugée Elle n’hésite pas à se dire « fervente et imprudente gaulliste » !

Marie-Jeanne Bordat, avec son mari, possède un gîte dans le Vercors. De nombreux paysans aident les maquisards, et elle collecte pour eux des vivres, transmet des nouvelles. Arrêtés tous les deux, torturés, ils ne livrent aucun nom. Aussitôt libérés, ils reprennent leur travail !

Paulette Jacquier, avec son père, fonde un réseau de sabotage de la ligne Lyon-Grenoble, puis rejoint l'armée de libération. Elle reçoit la Légion d'honneur des mains de de Gaulle.

Nombre de femmes vont se préoccuper de sauver des Juifs. Quand la zone libre est envahie, il n'y a plus de refuge possible pour eux, sauf à être cachés par des Français compatissants.
Hélène Guidi, avec son mari, son fils et une infirmière, va cacher des enfants juifs dans le préventorium de Prélanfrey du Gua. Aucun villageois ne les dénoncera.

Beaucoup seront déportées : Mimi Mingat, secrétaire de mairie, utilise les tampons pour faire de faux papiers. Elle sera envoyée à Ravensbruck.

Jeanne Garaud, communiste, sera déportée à Ravensbruck, Oranienburg, et réussira à s'échapper lors des « marches de la mort ». Elle reviendra à Grenoble.

Mais parmi les Français qui recevront la médaille de la Résistance, il n’y aura que 10% de femmes. On privilégie surtout la lutte armée et ce sont des hommes qui reconnaissent ces actions.
C'est seulement en 1968 qu'on donne le nom de Marie Reynoard à une rue grenobloise.
Rappelons-nous bien que les femmes n’obtiendront le droit de vote qu’en 1945, grâce à de Gaulle.
Et ce n’est qu’en 1965 qu’elles pourront ouvrir un compte bancaire à leur nom.
Il y aurait beaucoup à dire sur toutes les femmes admirables qui ont largement contribué à la libération de la France, libération qui est allée de pair avec la leur et aussi la nôtre.

Que diraient toutes ces femmes de l’évolution de notre société, si elles revenaient parmi nous ??
le 11/02/2020 P.M.


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Accrocher n'est pas jouer

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Accrocher n’est pas jouer
Le musée Hébert, un très beau cadre pour rencontrer Laurence Huault-Nesme venue nous parler de l’organisation d’une exposition.
En effet, c’est au cœur de la nouvelle exposition : « Carnets de plein air, aquarelles d’Ernest Hébert » que cette dernière nous a accueillies, ouvrant « la maison », à notre intention et à celle de quelques conjoints.
Si, depuis environ un siècle, l’organisation d’expositions temporaires est devenue la pièce maîtresse de la vie d’un musée, son directeur, sa directrice en l’occurrence, est aussi et d’abord un chef d’orchestre : tous les rouages, administratifs, comptables, logistiques, relationnels, sont les instruments nécessaires à la bonne marche du navire, surtout s’il porte le label « Musée de France » qui le contraint à suivre à la lettre la Loi Musée. Ces multiples rôles complexifient et enrichissent la mise en œuvre d’une exposition puisque tout se monte en même temps, pour arriver à la clef de voûte, l’accrochage.
Le musée Hébert fut d’abord, la maison de famille du jeune peintre, puis sa propriété, partagée avec son épouse Gabrielle : ainsi toutes sortes de trésors sont conservés, les photographies prises par Gabrielle, des objets quotidiens ou collectionnés, des costumes, des échantillons de tissu, de très nombreuses lettres, études , esquisses, ébauches qui nous introduisent au cœur de ce couple très uni : mine d’or pour un conservateur, particularité patrimoniale, et aussi porte d’accès à l’âme d’Ernest Hébert.
En simplifiant les choses, on peut dire qu’un projet naît de la rencontre de trois principaux éléments :
D’abord une connaissance fine et approfondie de des collections, par exemple 10 000 œuvres pour le musée Hébert, ensuite celle des autres musées régionaux ou équivalents, et des collectionneurs liés à la particularité du musée, les liens tissés avec directeurs et collectionneurs, enfin le contexte historique ou événementiel, qui inscrira l'exposition dans un plus vaste projet.
Prenons l’exemple de l’exposition actuelle ; nous retrouvons nos trois grandes lignes :
Un fonds exceptionnel d’œuvres d’Hébert, peu connu pour des raisons de conservation, le réseau des musées du Dauphiné, la pertinence de donner un écho à la précédente exposition du peintre Jongkind qui a accueilli 47 000 visiteurs et de se mettre en résonance avec la nouvelle exposition du musée des Beaux-Arts de Grenoble, sur les artistes dauphinois au XIXème siècle.
Une fois le projet conçu, décidé, intervient le cœur de l’ouvrage, la scénographie, fil rouge ou colonne vertébrale de l’exposition qui « propose un cheminement très étudié » pour que chaque visiteur trouve une satisfaction. Tenir compte de l ‘éclairage, pour une bonne conservation préventive est une contrainte matérielle supplémentaire !
Il s’agit de « modeler l’espace » pour que chaque œuvre soit au bon endroit, tant sur le plan visuel que par rapport au propos. Ainsi tout doit entrer en cohérence pour rendre évident l’ensemble choisi : c’est une véritable alchimie que de trouver l’équilibre entre les œuvres, les salles, et les textes et cette recherche s’exerce dans les moindres détails, l’agencement des panneaux, la typographie, la couleur des murs reprise ensuite dans les différents éléments de communication…
En somme, nous avons toutes été ravies d’être ainsi accueillies par Madame Laurence Huault – Nesme qui nous a permis d’entrer dans l’univers d’Ernest et de Gabrielle Hébert, et ouvert quelques portes de la vie de ce bien joli musée qu’elle dirige avec beaucoup de passion, et l’aide d’une solide équipe.
La prochaine exposition, consacrée au sculpteur Carpeaux, se prépare déjà.

06/02/2020 L.B.


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Rencontre avec Michelle Tourneur " La folle ardeur"

touneur2.jpgC’est avec un plaisir toujours renouvelé que nous retrouvons la romancière, Michelle TOURNEUR, venue nous parler de son dernier roman, "La folle ardeur"
Comme chaque fois, la magie opère en cet après après-midi mélancolique et poétique, grâce au charme de la conteuse aux yeux clairs et à l’accueil chaleureux de Marie Françoise. Pour peu, on se croirait dans un salon littéraire du XVIIIème siècle. Entre littérature peinture et musique, nous côtoyons la beauté à l’état pur, la création dans ses méandres les plus secrets.
C’est à une valse à trois temps que nous sommes conviées, entre George Sand, Chopin et Delacroix...
"J’aime d’amour ces trois génies avec qui j’ai vécu pendant 40 ans" telle est la déclaration liminaire de l’écrivain. Elle donne le ton de l’exposé.
De 1830 à 1848 nous suivons ces personnages de Nohant à Paris, à travers des échanges épistolaires révélateur et des anecdotes pleines de sensibilité et de pittoresque. Tout commence vraiment en 1834 avec le portrait de l’auteur de Consuelo commandé à Delacroix par l’éditeur Buloz. George Sand sort d’une passion dévorante et déchirante avec Musset. De désespoir, elle a sacrifié sa magnifique chevelure qu’elle a envoyée en signe de deuil à son ancien amant. Et c’est le visage ravagé, bouleversant, de celle qui dit avoir "l'air bête et vieux" que représentera ce peintre très contesté, en butte à la vindicte des petits et des envieux. Ce portrait sera retouché par Calamata, à la grande fureur de Delacroix !
George Sand saura apprivoiser le peintre, attiré par le couple improbable que forment cette femme passionnée, solide, brune aux yeux noirs et l’être blond, éthéré et fragile qu’est Chopin. En fait c’est la musique et les 24 préludes (ordonnés selon les 24 tons de la gamme) qui constitueront le lien à la fois fort et ténu entre ces 3 êtres d'exception.
Pour ces deux princes, raffinés et complices, G. Sand sera à la fois : initiatrice, amante, protectrice, conseillère et soignante. Elle induira, grâce à la propriété de Nohant qui est aussi un ancrage, tendresse et complicité. La musique et la peinture, en écho, refléteront bruissements et miroitements, fulgurances aussi.

Mais les maux de gorge de Delacroix, la phtisie de Chopin, la rivalité entre Maurice (le fils) et Chopin l’amant, le pouvoir de séduction de Solange (la fille) vont altérer cette belle harmonie. Ces êtres d’une sensibilité à fleur de peau, "bilieux et nerveux" supporteront mal les affres d’une relation complexe, à l’équilibre précaire.
Si George Sand a su, par son ardeur et son énergie, préserver et protéger tous ceux qu’elle aimait, il arrive un temps où ses amours lui échappent…
Héritière d’une étrange transaction entre sa mère et sa grand-mère à qui elle a été "cédée", elle porte en elle, l’héritage du sang bleu de l’aristocratie et du sang rouge du peuple, qu’elle défendra inlassablement.
Personnage séduisant et hors normes, elle mène un combat incessant pour la liberté : liberté de la création, la liberté des moeurs, la liberté des femmes.
Remarquable écrivain, c’est aussi une vaillante guerrière d’un courage et d’une opiniâtreté exemplaires, qui mériterait tout à fait d’être l’héroïne du tableau de
Delacroix : "La Liberté guidant le peuple"

D. VDB-28.01.2020


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Les PUG , Presses Universitaires de Grenoble

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Quelle belle rencontre que celle organisée à Fontaine aux Presses Universitaires de Grenoble !
A la manoeuvre, tant dans cette maison depuis 16 ans que pour nous la présenter : Sylvie Bigot, qui nous a passionnées pendant deux bonnes heures.
Pour commencer, un panorama du monde de l’édition, et des PUG en particulier : l’édition en France, c’est 3 000 maisons, 8 300 employés, et 100 000 auteurs. Le champion toutes catégories c’est le groupe Hachette, surnommé : la Pieuvre Verte.
Parmi les 5 000 éditeurs indépendants, les PUG qui emploient 9 salariés occupent la 93ème place, et la 4ème, parmi les différentes Presses Universitaires. Sa totale autonomie, notamment vis-à-vis des universités, constitue sa grande originalité, ainsi que son statut juridique : Société Coopérative d’Intérêt Collectif. Cette appellation correspond à des valeurs très présentes dans la gestion de l’entreprise, que l’on peut résumer par l’expression de gouvernance participative qui donne le même poids à chacun des sociétaires, personnes physiques ou sociétés, selon le principe de : un homme, une voix.
Ces richesses humaines permettent de créer le passage entre un auteur, environ 600, et un livre, environ 50 titres chaque année, selon deux grandes lignes éditoriales.
* Le Français Langue Etrangère, ou FLE, avec ses 200 titres représente 45% du CA et vaut, aux PUG, une reconnaissance internationale dans ce domaine.
* Les Sciences Humaines et Sociales et leurs 2 300 titres constituent leur autre domaine, à travers une cinquantaine de collections, dirigées par des spécialistes des différentes disciplines et destinées à un public assez large.
Sylvie Bigot nous a expliqué, schémas à l’appui, le parcours de l’auteur au livre qui nécessite une coopération étroite et simultanée entre les différents intervenants. Il faut compter environ 6 mois entre la décision prise d’éditer un livre et sa mise en place dans les librairies où se font 80% des ventes annuelles des 99 000 exemplaires. Pour en savoir un peu plus, l’auteur perçoit environ 6% du prix de vente, les directeurs de collection 2%, la maison d’édition 12 %, le reste est partagé entre les coûts de production et les frais de diffusion !
Un immense merci à Sylvie Bigot, assistée d’Amandine, grâce auxquelles nous avons été fascinées par cet univers que nous ignorions. Nous avons toutes eu, une fois de plus, envie de nous plonger dans la lecture.

L.B. 15- 01- 2020


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Soirée des voeux

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Il était une fois dans la campagne lumbinoise, une demeure séculaire, habitée par de bons génies. Cette grande dame, au coeur et aux bras largement ouverts, avait décidé de nous faire un clin d’oeil lumineux en cette période de voeux. Ce soir-là, elle avait revêtu sa tenue de fête. Patricia l’avait parée de chaudes couleurs, celles de l’Accueil et de l’Amitié dans lesquelles nous avons baigné pour un moment suspendu entre rêve et réalité. Chacune a posé de vives touches dans l’espace : l’or, le cuivre, le rouge vif, le vert, le jaune, l’orange ont animé la table et les vieux murs.
Ceux-ci se souviendront encore longtemps des chaudes tonalités des Fados, des Saudades, des Coladeiras, et des Mornas, tellement envoûtantes !
Portées par la musique et la magie de la voix chaude et sensuelle de Marie, nous avons éprouvé « un vague à l’âme jouissif » fait de langueur et de passion.
Le Fado a souvent la réputation d’être morne et triste, mais cette superbe
représentation : rythmée, animée, espiègle, festive et pourtant pétrie d’émotion, bat en brèche cet a priori. Le Fado est tout à la fois le chant de la mélancolie, de l’amour et de la vie ! Et « quand les baisers s’envolent et se libèrent, on ne sait plus s’ils sont eau, s’ils sont feu, s’ils sont vent… »
*« Le Fado, c’est tout ce que je dis et tout ce que je ne sais pas dire… »
Cette Invitation au voyage, du Portugal au Brésil en passant par le Cap Vert, proposée par le groupe ARIA, augure bien de ce que sera l’année 2020 au Lyceum, une année riche de plaisirs partagés et d’échanges chaleureux !

G.C. et D.VDB Le 13 / 01 / 2020
Si vous le souhaitez, vous pouvez retrouver ce groupe sur le site : ariafadocapvert.fr