LES FEMMES ARTISTES AU XVIII ET XIX SIECLE

Femmes-peintres en France aux XVIIIe et XIXe siècles par Danièle Kriser

« Les femmes régnaient alors, la Révolution les a détrônées », écrivit Elisabeth Vigée-Lebrun dans ses Souvenirs.

Privées de carrière artistiques, l’Ecole des Beaux-Arts leur étant fermée et les commandes officielles rares dans un monde où règne la misogynie, les femmes artistes semblent devoir toujours dépendre d’un père, d’un frère, parfois d’un maître et se cantonner à des sujets considérés comme secondaires (portrait, paysage, nature morte) le modèle nu, base de l’enseignement artistique, leur restant interdit jusqu’au milieu du XIXe siècle.

Cependant quelques figures exceptionnelles émergent dès le XVIIe siècle, peu connues (Artemisia Gentileschi, Elisabeth Chéron), parfois faussement mises en avant dans une histoire de l’art écrite par des hommes (Elisabeth Vigée-Lebrun, Adélaïde Labille-Guiard, Marie-Guillemine Benoist, Anne Vallayer-Coster), et finalement mal connues (Mary Cassatt, Berthe Morisot, Rosa Bonheur).

Les récentes études font (ré)apparaître un grand nombre de « peintresses » comme on disait au XVIIIe siècle, qui connurent en leur temps succès et renommée, et bâtirent un fief artistique beaucoup plus féminisé (Geneviève Brossard de Beaulieu, Marie-Nicole Vestier, Nisa Villers, Louise-Joséphine Sarrazin de Belmont…)

Ce sont ces femmes souvent militantes, toujours très talentueuses, auprès de qui nous découvrirons ce combat pour la reconnaissance de leur œuvre.

Ce sujet des « femmes artistes », très à la mode en ce moment dans un discours sur la parité ou le genre, nous parait surtout être l’occasion de remettre en valeur l’excellence de certaines artistes injustement oubliées.


SAINT-PETERSBOURG

   visioconférence par Marina André, Présidente du Lyceum de  Bretagne  Cote d'Emeraude (14 avril)

Saint-Pétersbourg fut créée en 1703 par Pierre le Grand, qui voulait une capitale pour l’empire russe. Il a d’abord voulu un accès vers la mer au sud, qu’il n’a pas pu mener à bien. Il choisit alors un site au nord, au bord de la Neva, fenêtre sur l’Europe.

La construction fut commencée en pleine guerre, sur des marais, avec la volonté absolue de faire beau. Pierre le Grand voulut lui donner son nom : Petrograd, Saint-Pétersbourg. A la prise du pouvoir par les Bolchevicks, la ville changea de nom et devint Leningrad, c’est ainsi qu’elle fut appelée de 1924 à 1991.

Au cours de la Seconde Guerre Mondiale, elle fut encerclée par les Nazis, un tiers de ses habitants périrent de famine. La ville fut surnommée « ville héroïque », le compositeur Chostakovitch lui rendit hommage par sa « Symphonie héroïque ».

Située à l’embouchure de la Neva, Saint-Pétersbourg doit son surnom de « Venise du Nord » à ses 93 rivières et canaux, ses 101 îles au moment de sa construction, ses 800 ponts dont 342 intra-muros, parmi lesquels le Pont du Palais, pont-levis sur la Neva,

Citons l’Avenue Nevsky, très colorée, le Théâtre Pouchkine, la Place des Décembristes et son « Cavalier de Bronze », la Place des Arts et son musée, l’Opéra Marinsky et son théâtre aux 5 scènes.

Le Palais d’Hiver, résidence impériale de style baroque russe, vert et bleu, et colonnes blanches, le Palais d’Eté, à 30 kms sur le golfe de Finlande, avec ses fontaines et ses cascades, le Palais Anichkov où vivait l’héritier du trône, centre culturel sous les Soviets, des résidences privées dont le Palais Youssoupov où Raspoutine fut assassiné.

Parmi les nombreux musées : l’Ermitage, qui expose 2 tableaux de Léonard de Vinci, 28 de Rembrandt, de nombreux Impressionnistes, :le Kunscamera, musée des raretés et curiosités, le Musée Russe qui reflète toutes les étapes de l’art russe.

Les principaux lieux de culte : Saint-Sauveur sur le Sang Versé, aux clochers boules très colorés, devenu un musée, Notre-Dame de Kazan, ouverte au culte, Saint-Nicolas des Marins, aux coupoles dorées…

Les tsars et tsarines qui vécurent à Saint-Pétersbourg : Pierre le Grand, sa fille Elisabeth  Petrovna, Catherine II la Grande, Alexandre Ier, vainqueur de Napoléon, Nicolas II.

Les hommes illustres :Alexandre Pouchkine (« Eugene Oneguine »), Gogol (« Les Ames Mortes »), Tchaikovsky , Valentin Serov (portraitiste), Casimir Malevitch (peintre abstrait, « le Carré Noir »), Marc Chagall.

Auparavant ,avec le régime socialiste ,tout se devait d'être gratuit (études ,santé ,culture)

Actuellement le régime est plus libéral mais moins égalitaire .


LA PERMACULTURE

par Nicolas Hoareau

C’est Nicolas Hoareau qui nous a fait ,le 14 novembre, une conférence sur un thème dont on parle de plus en plus la PERMACULTURE.
C’est un concept pratique mais aussi philosophique qui existe depuis près de 50 ans. Nous connaissons surtout la culture des légumes (qui, elle, ne représente que 1/100 de la permaculture.)

La permaculture c’est la recherche d’une correspondance entre l’homme et la nature, en préservant l’un et l’autre.

Comment intégrer le développement humain dans notre environnement ?
C’est véritablement un travail d’ingénieur ! Et il pourrait même exister un ministère de la permaculture tellement il y a à faire, à imaginer et à créer pour partager et équilibrer les ressources de notre terre et le bien-être des humains.

La nature est un tout où chaque élément profite aux uns et aux autres.
Notre terre est un cadeau et nous devons prendre soin de la biosphère.
L’eau qui circule sur la terre est la même depuis 4,5 millions d’années !!!!
L’égalité dans la nature est un leurre. Chaque élément, arbre, nuage, végétaux ... a un besoin spécifique, et ne vit et prospère que par d’autres éléments qui vivent à ses côtés.
C’est la biodiversité qui fait la richesse de la terre.

- Une forêt ne vit bien que parce que les essences d’arbres sont différentes, profitent et se nourrissent les unes des autres. (champignons, humus, bactéries) . Faire du compost c’est imiter la nature.
- Les grandes plantations : peupliers, pins, conifères , arbres à palme, pruniers, pommiers etc,  détruisent la biosphère.
- Les décisions de la P A C ( Bruxelles) profitent aux lobbies ( Monsanto Bayer etc. ) au détriment des agriculteurs qui sont liés par des contrats de productivité souvent impossible à tenir.

LA NATURE VA NOUS OBLIGER À NOUS ADAPTER SI L’ON VEUT LA PROTÉGER.
Comment faire ?

D’abord prendre soin de soi avec bienveillance. Réfléchir sur quelle est notre place dans ce monde. Prendre conscience de ce que l’on a vraiment besoin pour vivre, et seulement ce dont on a besoin. Être son libre arbitre et se responsabiliser.

Comment s’intégrer dans la nature ?
Il faut très sérieusement y réfléchir.
Comment imaginer le futur ?

Pour l’instant, quelques idées......
- favoriser l’habitat passif (capter l’énergie solaire, construire avec des matériaux naturels : bois, pierres torchis etc...)
- travailler la terre avec des animaux qui aiment  aider l’homme (chevaux, bœufs)
- créer des fermes écologiques avec arbres,  végétaux, animaux .
- faire son potager et profiter du calendrier lunaire (Maria Thun a cherché pendant 60 ans l’influence des astres sur les cultures. Un énorme travail !
- revenir aux outils simples pour jardiner et à l’artisanat.
- profiter au maximum des transports en commun, du co-voiturage, sans oublier l’extraordinaire petite reine, la bicyclette.
- favoriser le troc, le marché de l’occasion (ces objets qui continuent à vivre et à re -servir).

   A consulter sur internet ou/et à visiter :
- Le jardin des fraternités ouvrières  à Mouscron
- Kokopelli association qui distribue des semences.
- la ferme écologique Pachoulis à Herrin près de Gondecourt
- la ferme Desnié à Spa près de liège en Belgique

 Béatrice Robyn et Véronique Maquet


LA CITÉ BRUAY LA BUISSIÈRE

Modifier l’article

« Au Nord, c’était les corons, 

"« Au Nord, c’était les corons, La terre, c’était le charbon … " chanson de Pierre Bachelet 

C’est en 1720 que l’exploitation du charbon, « or noir », va démarrer du Nord (près de Valenciennes) pour se diriger ensuite vers le Pas de Calais et cela jusqu’en 1990, où l’on remontera les dernières « gaillettes » à Oignies

Nombreux seront les hommes qui vont quitter les champs pour venir travailler à la Compagnie des Mines. Ces compagnies vont se partager le territoire et vont s’enrichir.

On ne comptait pas moins de vingt-neuf nationalités différentes, surtout des Polonais qui apporteront aussi leurs traditions et leur manière de cultiver les jardins avec leur famille. Ces jardins auront trois rôles, nourricier (auto-suffisant), ornemental (participation aux concours des maisons fleuries), guérisseur (culture de plantes médicinales).

« Le jardin tient son homme, l’homme tient à son jardin » Arthur Choquet.

Les femmes vont aussi travailler au fond de la mine jusqu’en 1874, puis en surface pour trier le charbon. Les enfants, appelés « galibots », vont aussi participer pour apporter de l’argent au foyer.

De nombreux terrils sont encore visibles dans notre paysage, le plus haut se situe à Loos en Gohelle. Sur le terril de Haillicourt, on cultive la vigne. Le vin s’appelle le « charbonnay » !

L’habitat de la cité minière a un aspect fragmenté en forme de « barre ou barreau », appelé coron. Les murs sont faits de briques, ici badigeonnées de couleur rouge cerise (propre à la Cie des Mines de Bruay). Les murs de chaque cité minière avaient leur propre couleur. La maison de type coron est composée d’une grande pièce à vivre au rez-de-chaussée et de deux chambres à l’étage pour une famille de dix personnes en moyenne.

Les barreaux seront ensuite plus espacés, on parlera alors de cité pavillonnaire où les parcelles à cultiver seront plus vastes. La Cie souhaitait garder les mineurs sur place afin d’éviter les rassemblements dans les estaminets (crainte de mouvements syndicaux et propagation de la tuberculose).

Puis nous avons poursuivi notre visite avec deux comédiennes qui nous ont fait vivre de manière fort sympathique des moments de vie dans la cité, tout en parcourant ensemble les « voyettes » (ruelles).

Nous apprenons ainsi qu’un canari était accroché à la porte des maisons et qu’il partait à la mine avec les hommes, détectant ainsi un éventuel coup de grisou.

Elles évoquent les loisirs des habitants, les « coulonneux », ceux qui se rendent au vélodrome pour pratiquer le foot, le vélo ou  encore ceux qui font partie de la fanfare municipale. Elles retracent la vie des femmes (nettoyage des caniveaux tous les samedis matin, sous la surveillance du garde de la cité), les commérages  d’une maison à l’autre,  l’éducation des jeunes.  Le culte catholique est très vivement encouragé par la compagnie des Mines. Les Polonais ont vraiment marqué de leur culture ce territoire (églises, danses, musique, cuisine). Nous apprenons que l’espérance de vie était de 45 ans et que beaucoup d’hommes étaient atteints du « rhume du mineur », disait-on, c’était en fait la silicose … Cette maladie ne sera reconnue qu’en 1945.

Ce site, réhabilité exactement comme il était en 1856, sera inscrit en 2012 au Patrimoine Mondial de l’Unesco. Il héberge actuellement des logements sociaux, un gîte, des artistes en résidence ».

Bénédicte Wambergue et Véronique Isaert


EXPOSITION DE WILLIAM KENTRIDGE AU LAM

Nous nous étions donnés  rendez-vous  au LAM, musée de la métropole Lilloise de Villeneuve d’Ascq,  pour découvrir la prodigieuse  exposition des œuvres de W.  UN POÊME QUI N’EST PAS LE NÔTRE. KENTRIDGE est un artiste  Sud- Africain, né en 1955 à Johannesburg, fils  de l’avocat Sidney Kentridge, qui défendit Nelson Mandela lors du » procès de la trahison » de 55 à 61, contre les leaders de l’ANC (Congrès National Africain). Grands parents juifs lithuaniens, études : de sciences politiques, de mime, de théâtre.   Ce contexte fait de lui un artiste défenseur de la condition noire anti-Apartheid. En créateur engagé, l’artiste aborde  tous les sujets : la décolonisation, l’apartheid, l’esclavage, les conflits politiques : " Je pratique  un art politique, c'est-à-dire ambigu,  contradictoire, inachevé, orienté vers  des fins précises : un art d'un optimisme  mesuré, qui refuse le nihilisme ».

Dessinateur et touche à tout, de génie, il explore gravure, sculpture, tapisserie, film d’animation, performance, installation vidéo. 

  Dès l’entrée nous plongeons dans l’univers créatif de l’artiste : silhouettes découpées de ses processions de migrants ou porteurs, et sculpture de porte-voix sur son trépied. 

 La salle I Ses premiers dessins de 1980 mettent en place les thématiques fondamentales pour lui : la confrontation entre pouvoir politique et le pouvoir de l’imagination, les utopies révolutionnaires, le processus de domination,  le tout dans un langage assez cru et souvent satirique.  

Les dessins « Sophiatown » quartier  métissé de Johannesburg, noirs chassés vers Soweto, et sa première procession « arc /procession » dessins sur feuilles de papier en éventail, formant un panorama de 7 mètres: mineur, ouvrier, handicapé, porte- voix, danseur avec ours.                                                          -puis son atelier : dessins , l’arbre de la trahison , sculptures de bois , papier, lunettes stéréoscopiques… 

                                                                                                                                                            puis l’installation hommage à Melies : voyage sur la lune   films projetés pleins d’humour ou la cafetière se transforme en fusée, la tasse en télescope, les fourmis en constellations célestes.                                                                                                                                                                     -. puis le film « Ubu telles the truth » ou le rôle principal est un œil caméra sur un tripode qui voit toutes les atrocités et ne dit rien (clin d’œil à BUNUEL) . Ubu est représenté avec son chat famélique sur le mur.                                                                                                                                                              -Puis installation O sentimental machine la voix de Trotski, et les bruits des défilés militaires scandent les images : utopies révolutionnaires caricaturées.

-Puis le film « the head and the load »Œuvre centrale de l’exposition : opéra visuel et sonore, réalisé pour le centenaire de la guerre mondiale en 2018 fait allusion au poids supporté par les porteurs et au poids de l’histoire coloniale qui pèse sur les épaules de l’Afrique , porteurs africains morts anonymes, malades, pour une cause qui n’était pas la leur .  

  Enfin en dernière salle  de notre rapide périple  «  The Refusal of Time » magnifique installation visuelle et sonore,  présentée à la documenta de Cassel en 2012, mêle musique, lecture, danse, chants, vidéos, métronomes, dessins, et performance, autour d’une machine en bois dont les rouages tournent à l’infini. L’Eléphant » Elle questionne sur la relativité de la notion du temps.

,  les tapisseries y sont admirées : d’après :Thriumps and Laments 2016 sur fond de cartes anciennes, 

Aujourd’hui William Kentridge jouit d’une renommée internationale et d’un public à  travers le monde. Ses œuvres sont exposées dans de nombreux musées, entre autres, le  MoMA de New York, le musée Albertina de Vienne, le musée d’Art Moderne de San  Francisco et le musée d’Art de Philadelphia

C’était un aperçu de cette foisonnante rétrospective   d’un artiste «  qui emprunte à la tradition de la gravure et caricature sur laquelle il fait passer la tornade de l’existence humaine, le poids de l’histoire et de tous les morts, la force des convictions et le souffle de la création, étincelles de la survie. La flute enchantée, c’est vraiment lui ! ° dixit Valérie Duponchelle. En effet KENTRIDGE, aime la France et était venu faire les décors  de la flute enchantée à Lille en 2006.

Véronique Wilhelem


CONFÉRENCE DE BRUNO VOUTERS ;"LE VOYAGE " LES HAUTS DE FRANCE

Emmanuelle David a choisi d’interroger Bruno Vouters,  ancien Rédacteur en Chef adjoint de la Voix du Nord, venu  

nous présenter son ouvrage « Hauts de France. Le Voyage » qui  est une plongée au cœur de notre région. 

Quelles ont été les découvertes les plus surprenantes en  

sillonnant les Hauts de France ? 

Quand l’éditeur m’a contacté pour le livre, j’ai hésité : le  

sujet est immense, la nouvelle région si vaste… Mais quel  

bonheur de sillonner les territoires et d’y être constamment  

surpris par les plages, les baies, les forêts, le patrimoine bâti…  

Quelques joyaux, parmi tant d’autres : le fort d’Ambleteuse et la  

baie de la Slack, la pointe du Hourdel près de Saint Valéry sur  

Somme, la forêt de Retz, la tourbière de Vred et les remparts de Marchiennes, les cathédrales  d’Amiens et Noyon, la digue du break à Dunkerque, l’abbaye de Vaucelles, les ruelles  d’Arras, le beffroi de Comines, le familistère de Guise, la villa Cavrois à Croix… Ou encore le  village de Fins, qui se trouve au cœur géographique de la nouvelle région… et à la fin du  livre ! Un village qui reçoit des visiteurs du monde entier venus se recueillir dans les deux  cimetières internationaux liés à la Grande Guerre 

Vous avez beaucoup écrit sur les Flandres, la guerre et certains acteurs de la région. Quelle a été votre motivation dans ces choix ? 

Je suis profondément attaché à ma région natale, cet attachement n’a fait que se  renforcer au fil des rencontres et des recherches. C’est une région qui a un grand « vécu » et  qui s’est soudée autour de valeurs fortes ; solidarité, convivialité, goût de la fête et sens de  l’histoire… Tout le monde ne peut pas en dire autant ! Avec le recul, je m’aperçois que j’ai  éprouvé le besoin de la valoriser à travers des figures exemplaires et des sujets majeurs. Je  déteste les clichés qui réduisent ou abîment notre région. Je crains aussi qu’elle ne s’éloigne  de ses vraies valeurs. Alors, haut les cœurs !  

Avez-vous d'autres ouvrages en préparation ? 

En ce moment, je suis plongé dans la vie et l’œuvre de l’architecte Louis-Marie  Cordonnier. C’est captivant, car ce qu’il a réalisé correspond à de grands moments de notre  histoire et à une identité (une fierté) régionales retrouvées. Le Palais de la Bourse, l’Opéra, les  grands bureaux à Lens, les beffrois de Bailleul, Armentières, Dunkerque ou Comines, Notre  Dame de Lorette, la basilique de Caudry, l’église de Waziers… A vrai dire, un travail de  titan !  

Comment avez-vous connu "Tym" ? 

A l’occasion d’un salon sur le dessin de presse à Tourcoing. Ses dessins m’ont faire  rire, mais aussi sa tête d’homme sérieux qui est comptable dans la vraie vie ! L’humour, c’est  aussi une dimension régionale capitale ! D’où sa présence dans le livre en compagnie de  Delambre et Byache, deux autres dessinateurs inspirés. 


CONFÉRENCE D'HISTOIRE DE L'ART :EUGÉNE DELACROIX PEINTRE RÉVOLUTIONNAIRE ?

 par Catherine Le GOFF conférencière  en Histoire de l’Art 

En cette matinée très ensoleillée du 3 mars France Chevillotte nous accueillait pour  cette première conférence du cycle d’histoire de l’Art décidé lors de notre AG de janvier.  

Eugène Delacroix est né le 26 avril 1798, tout près de Paris, à Charenton-Saint Maurice. Son père, Charles Delacroix, ancien secrétaire de Turgot, incarne cette bourgeoisie  qui prend le pouvoir en votant la mort de Louis XVI. Ministre des Affaires étrangères sous le  Directoire, puis ambassadeur en Hollande il finira sa carrière comme préfet à Bordeaux, où il  meurt en 1805. Eugène est alors âgé de six ans. Un doute subsiste sur la paternité de l’artiste  qui pourrait avoir pour géniteur Talleyrand. Sa mère, Victoire Delacroix, est la fille d’un des  plus grands ébénistes de son temps, Jean-François Oeben, au service du roi Louis XV. Né  dans un milieu favorisé, le jeune garçon reçoit une éducation raffinée mais qui sera marquée  par plusieurs deuils : celui de son frère ainé puis celui de sa mère en 1814. 

. Grâce à l’appui de son oncle, le peintre Henri-François Riesener, Eugène Delacroix  entre en 1815 dans l’atelier du peintre Pierre-Narcisse Guérin que fréquentent de nombreux  artistes. Il y rencontre Théodore Géricault qui, dit-on, lui demande de poser comme modèle  pour son Radeau de la Méduse

Au Salon de 1822 - il n’a alors que vingt-quatre ans - Delacroix présente une grande  toile, inspirée de l’histoire littéraire, La barque de Dante ou Dante et Virgile aux Enfers. Bien  que cette toile soit sujette à critique – une « tartouillade » diront certains, l'État l'acquiert  aussitôt. Adolphe Thiers, alors jeune avocat et critique d'art, dira après avoir vu cette toile :  « M. Delacroix a reçu le génie ». Il y voit « la hardiesse de Michel-Ange et la fécondité de  Rubens ». Encouragé par ce succès, il enchaîne avec un sujet contemporain puisqu'il s'agit  des Scènes des massacres de Scio inspirées par la tragédie des 25 000 grecs exterminés par les  Ottomans en 1822. 

Contemporain de Victor Hugo, d’Alexandre Dumas, d’Hector Berlioz, d’Alfred de  Musset, Delacroix veut renouveler la conception artistique académique. Il affirme le primat  de la couleur, la violence des tons tout en s’inscrivant dans la lignée des maîtres : Raphaël,  Michel-Ange, Titien, Rubens, Poussin.

Avec la Mort de Sardanapale puis La Liberté guidant le peuple - oeuvre mythique présentée au Salon en 1831 et immédiatement acquise par l’Etat - Delacroix apparaît, apparaît, définitivement, comme un peintre exceptionnel. Dans ce même Salon est également exposé un Jeune tigre  jouant avec sa mère. Il annonce la série de tableaux que  Delacroix, entraîné par son ami le sculpteur animalier,  Louis Barye consacrera aux fauves et autres animaux en liberté, notamment les chevaux, sa  grande passion. 

En janvier 1832, Delacroix accompagne l’émissaire du roi Louis-Philippe, le comte de  Mornay, au Maroc. Le périple marocain, de Tanger à Meknès, sera un éblouissement. Il  découvre des paysages, des couleurs, des coutumes  jusqu’alors inconnus de lui. L’artiste consignera cette  expérience unique dans des notes et carnets qui  donneront lieu à des grandes œuvres picturales (La  Noce Juive au Maroc, Femmes d’Alger), à de très  nombreuses aquarelles et à une œuvre manuscrite 

Comme nous l’a rappelé Catherine Le Goff, une part importante de la création  d’Eugène Delacroix est dédiée à la conception de grands décors au sein d’édifices civils  parisiens. En 1834, grâce à l’appui d’Adolphe Thiers, Delacroix est commissionné pour la réalisation des décors du Salon du Roi au Palais Bourbon. En 1837, il reçoit la commande du  plafond de la bibliothèque de cette même Chambre des Députés. Viendront ensuite le décor  de la bibliothèque du Sénat, la Galerie d’Apollon au Louvre, conçue au XVIIe siècle par le  peintre Charles Le Brun et inachevée, les peintures décoratives du Salon de la Paix à l’Hôtel  de Ville de Paris, malheureusement détruites par l’incendie de 1871. Eugène Delacroix sera  également appelé à peindre de grandes peintures murales dans les églises : la chapelle des  Anges à Saint-Sulpice notamment, mais aussi le Christ en croix à Ste Marie-Madeleine 

 

L’exposition universelle de 1855 lui rend un hommage national puisque plus de  trente de ses œuvres y sont présentées. En 1857, Delacroix s’installe rue de Fürstenberg, tout  près de Saint Sulpice. Et c'est seul, veillé par sa fidèle servante, qu'il meurt le 13 août 1863.  L’Etat lui rend un hommage minimal ce qui choque ses admirateurs inconditionnels qui sont  Édouard Manet, Henri Fantin-Latour et Baudelaire.  


PIERRE SOULAGES , LA LUMIÈRE COMME MATIÈRE

Le 16 janvier 2020,  nous avons écouté avec intérêt la conférence sur Pierre Soulages de Monique Van Laer, guide conférencière de Lille, qui  nous avait déjà commenté en 2007 «Guernica » de Picasso ; nous avons retrouvé en 2020 son talent, sa conviction et sa grande culture. Merci à Louise Brabant l’organisatrice de cette soirée.

Mon questionnement après cet exposé était : pourquoi une toile noire est-elle une œuvre d’art  réputée ?

Le blanc est le maillon du bas de la chaine chromatique des couleurs ; le noir est au sommet de cette chaine, il est la somme des couleurs. En valeur absolue  le noir est l’égal du blanc ; on le qualifie de couleur froide. Une couleur, quelle qu’elle soit,  a toujours un sens  positif : la nuit annonce  la promesse du jour, le noir deuil nous renvoie vers une nouvelle vie, plusieurs vierges sont noires bien qu’elles soient les mères du salut, le  premier plan des photos en noir et blanc s’ouvre sur un horizon lumineux… Le noir, cette  somme de couleurs, est pleine de vie et d‘espoir.

Pierre Soulages qui a vécu la 2ème période de l’abstraction européenne (Nicolas de Staël, Poliakoff…), où l’absence de figuration permet de travailler la couleur,  a choisi d’explorer le noir pour produire la lumière elle-même.

            1947 : Ses sculptures non figuratives découpent des espaces blancs dans lesquels le spectateur en construit le sens.

            C’est  le geste du bras tenant un  large pinceau enduit de brou de noix qui fera naitre sur le papier la lumière dans les espaces blancs.

En 1979 Soulages appelle ses toiles « outre- noir » : au-delà du noir. Sur de grandes toiles non préparées, étalées au sol, il jette une peinture acrylique  de différentes couleurs puis il la recouvre jusqu’à saturation d’un pigment noir pur. Avec ses outils  (spatules, brosses, racloirs de caoutchouc) il racle le noir par des gestes qui tracent des horizontales, des verticales, des obliques  lesquelles par le reflet  de la lumière produiront des variations  de lumière.

 La lumière devient matière. «C’est une manière de voir la lumière. Par notre regard elle devient couleur relation »  Pierre Soulages.

L’Artiste propose la lumière et le spectateur crée la lumière. Quelle belle manière d’entrer en relation avec l’artiste et son œuvre !


PANORAMA 21 AU FRESNOY

Le 5 novembre2019 , Véronique Wilhelem et Claude Laurent nous accueillaient au Fresnoy pour  la visite de Panorama 21 «  Les Revenants ». Cette visite nous donne un aperçu de la création  dans le domaine de l’image, du son et du numérique par de jeunes artistes internationaux.

Ce rendez-vous annuel (le 21ème) a pour objet cette année de mettre en perspective une création contemporaine avec un objet ou œuvre d’art du passé. Et contrairement à certaines idées reçues, le monde qu’inventent ces jeunes artistes est d’une merveilleuse poésie.     

Attardons-nous sur quelques -unes des installations :   

-Installation de l' artiste Béninoise Eliane AISSO «  De l’invisible au visible » la plupart des cultures au monde ont chacune leur manière de maintenir le souvenir de leurs défunts. Dans la tradition dahoméenne, au Bénin la mort permet à l’individu de se fondre dans la chaîne qui relie les divinités aux vivants. Cette installation montre des sculptures  « ASSEN » autels mobiles en fer forgé, auquel s’ajoute les récits de personnes racontant la façon  dans laquelle elles souhaitent être réincarnées et 6 photos retravaillées représentent le lien entre le défunt et sa réincarnation entre visible et invisible.

installation VITAMORPHOSE de l’Iranienne Yosca MOJTAHEDI  Le corps vivant palpite au cours de la vie, Sculpture robotisée qui réagit aux êtres vivants. Est- elle vivante ? Quelle existence ont les objets qui nous entourent ? lien du minéral roches et la vie ?

-RESILIENCIA » de Camila RODRIGUEZ 

« RESILIENCIA » de Camila RODRIGUEZ ,Bolivienne .Installation qui questionne sur l’héritage des ancêtres sur l’histoire d’un peuple.  Elle a transformé des pages de livre sur la colonisation de l’Amérique par les colons, peintes de terre et de boue, puis brodées au nom de ses ancêtres avec un fil d’or, de façon symbolique divine. Etalées au sol , elles s’animent  de lumière quand une chanson qui accompagne l’installation, cite les noms des ancêtres. Cette installation a reçu le prix des Amis du Fresnoy.

-Installation ARBA, DÄK ARBA de Fanny BEGUELI ,

de grands panneaux de photographies dont la révélation n’est pas terminée car non fixée chimiquement , elles se modifient avec le temps et peuvent avoir une signification divinatoire. La photo comme médium  avec ses belles arabesques.


LES VITRAUX DE L'ÉGLISE DE BOUVINES ET VISITE DE L'ENDIVERIE MAZINGARBE .

            C’est à Bouvines que Christine Castelain et Véronique Isaert nous ont donné rendez-vous le 28 novembre. Au sommet du village, la petite église Saint Pierre a été conçue pour servir d’écrin aux  immenses vitraux qui retracent les faits marquants de la victoire de Philippe-Auguste en 1214.

             Ils sont l’œuvre d’Emmanuel Champigneulle,  et ont été réalisés à partir des cartons, des dessins, de Pierre Fritel, peintre et graveur, et ami proche de Charles Peguy.  Jean-Louis Pelon, guide et conférencier a su nous révéler  les mille détails  qui rendent chaque vitrail passionnant : les visages, le détail des armes, des vêtements, les mouvements d’une bataille, les hommes piétinés, les  cavaliers désarçonnés, les actes de bravoure et les lâchetés…  

    

Les 21 vitraux, dont la superficie atteint les 500 mètres carrés, retracent la bataille de Bouvines en 1214.

L’après midi fut consacrée à un tout autre domaine : la culture de l’endive chez Christophe Mazingarbe dont l’exploitation se situe parmi les 15 premières de France avec 96  hectares  pour une  production  annuelle de   25 000 tonnes. La culture de l’endive nécessite un savoir-faire technique très complexe et ce n’est pas sans raison que la profession la surnomme la « racine du diable » 

Nous avons pu suivre toutes les étapes de la production, depuis la récolte de la « racine » cultivée en
plein champ, son nettoyage, son stockage dans des palettes en bois, conservées pendant plusieurs
mois si besoin, dans d’immenses chambres froides. Les racines sont ensuite reprises pour être
rangées dans des bacs (opération entièrement manuelle et cadence soutenue) qui sont stockés
pendant trois semaines, dans d’immenses salles où règnent une bonne humidité, (arrosage
permanent) et une chaleur propices à la germination.

Passé ce délai, une fois l’endive arrivée à
maturité, les bacs sont sortis des salles, et des ouvriers mettent manuellement chaque endive dans
une sorte de couteau rotatif, qui permet de séparer la racine initiale, non comestible, de l ‘endive
que nous allons déguster.