Madame Brigitte GALBRUN, Conservateur du Musée d’Art Sacré de Saint-Hilaire du Harcouët, nous a fait une conférence passionnante sur l’histoire de la soie.

La soie, monde de chatoiements, de couleurs et de mystères, a été un élément d’échange dans tous les temps. Elle nait du mélange d’un insecte (le bombyx) et d’un végétal (le mûrier). La larve se transforme en chrysalide en faisant un cocon de soie. On les étouffe (dans l’eau chaude) pour qu’elles n’abiment pas le cocon en éclosant. Pour arriver à une soie de couleur, le fil du cocon doit subir les étapes suivantes : dévidage, moulinage, garançage et tissage. En tout, 5 semaines !

3 chemins : la route principale au N du désert de Taklamakan, vers l’Europe, la route secondaire au S du désert vers les pays arabes, et la route maritime, vers le Cashmire.

La soie existe depuis la nuit des temps et les premiers vestiges remontent à 2860 av. JC. Ces vestiges proviennent des tombes où la soie est à l’abri de la lumière. Elle parvint à Rome vers le I° s. après JC, avec Jules César. Au milieu du V° s. des moines de Saint Basile ramenèrent d’Orient des bâtons de bambou. Dans l’un, des cocons, dans l’autre, du murier La soie sera alors produite, par monopole impérial, dans la région byzantine, jusqu’en 1453.
La soie en Europe : Elle arrive avec les Croisades. Premier atelier à Palerme en 1146 (soie byzantine, broderies musulmanes). Puis à Lucques, Venise, Florence (brocards d’or et d’argent) et Gènes (velours ciselé).

La soie en France ; Louis XI veut une soie française : ce sera Tours. François Ier commandera pour 16 00 0 livres de tissus pour « l’entrevue du Drap d’Or » puis installera une manufacture à Lyon. Tours sera le plus important jusqu’au XVI° s. mais Lyon obtiendra (en 1536) le monopole de la fabrication des soieries avec or ou argent.

Déclin avec les guerres de religion. Au XVII° s. Louis XIV et Colbert favorisent la soie française, mais pendant les guerres on fond les tissus pour récupérer l’or et l’argent ! Louis XV relance la manufacture royale de velours de Gènes à Tour (le « gros » de Tours). Marie-Antoinette, la Cour, les Cours étrangères et même la grande bourgeoisie, utiliseront beaucoup les soieries. Après 1790, disparition de Tours et grande dépression à Lyon. Le Consulat et l’Empire vont relancer la fabrication des soieries à Lyon. Louis XVIII aussi, ne serait-ce que pour remplacer les « abeilles » impériales … 1850, arrivée de la « pébrine », maladie du vers à soie. Puis, en 1884, la soie artificielle fait son apparition. Heureusement, la Haute-Couture, lancée par Worth, relancera un peu la production de la soie.

Ce compte-rendu peut paraître un peu scolaire, mais notre conférencière sut rendre le sujet passionnant et la projection de photos contribua à le rendre très vivant.

Monique Créance