La Varende… ses livres garnissent encore de nombreuses bibliothèques normandes. Un peu oublié peut-être, mais qui n’a pas été captivé par “Nez de Cuir”, “Le Centaure de Dieu”, “L’Homme aux gants de toile”… ?
C’est pourquoi la visite du château de Bonneville à Chamblac a rassemblé un bon groupe de lycéennes.
Epoux de Laure de La Varende, petite-fille de l’écrivain, le Prince Charles-Edouard de Broglie nous accueille et nous explique les extérieurs du château, les couleurs orange et bleu, les toits en ardoise à la Mansart et les derniers gros travaux dus à la mérule qui a bouleversé la maison pendant 8 années.
Cette belle propriété transmise à Léon Maillard de La Varende en 1806, premier occupant de la famille (beau-frère de Nez de Cuir) verra les générations se succéder. Jean de La Varende y naquit en 1887 et y vivra jusqu’à sa mort en 1959.
Fuyant la pluie nous pénétrons dans la galerie conçue par l’écrivain et, avec Monsieur de Broglie, parcourons les salons. Il nous commente les nombreux portraits familiaux de la famille Mallard, de Broglie, Francesco-Maria de Broglie, le premier de la famille à venir en France appelé du Piémont, qu’il régentait, par Mazarin. Nous voyons aussi un portrait de l’évêque Laval-Montmorency, béatifié par Jean-Paul II et sanctifié par le Pape François en 2014.
Les boiseries du salon bleu et du troisième salon (chambre des propriétaires) sont classées. La mérule a imposé d’énormes travaux : dépose des boiseries, des planchers, des carrelages.
Dans la salle à manger est accrochée une belle tapisserie d’une scène biblique, cadeau de l’évêque à sa nièce la Comtesse de Bréda née La Varende. Nous sommes amusées par une dalle du sol cachant le départ d’un souterrain… dans ce qui était autrefois une petite chapelle.
Quelques souvenirs sur la cheminée de Maurice et de Louis de Broglie ces deux physiciens si célèbres. Un coup d’œil rapide à la bibliothèque, futur bureau du propriétaire mais encore en travaux.
Nous terminons la visite de cette belle maison, vivante car habitée, par le Musée Jean de La Varende, homme aux si multiples talents, excellent portraitiste mais ne voulant pas faire carrière dans la peinture, il choisit l’écriture. Petit-fils d’un amiral et élevé par ce grand-père il a la passion de la mer (il aurait aimé être officier de marine), pensons à ses biographies de Tourville, de Suffren. C‘est ce qui le poussera à réaliser plus de 200 maquettes de bateaux. Une centaine est exposée dans le Musée. C’est émouvant de les voir dans ce qui fut autrefois la cuisine du château ainsi que son bureau et la reconstitution de son atelier, les machines, les outils, les vernis, les colles et aussi les morceaux de bois prêts à l’emploi… remarquables également plusieurs caricatures faites à l’armée.
La Varende s’est installé à Chamblac en 1919. Il avait une passion pour cette propriété, pour le jardin que malheureusement la pluie nous a empêchées de parcourir, jardin bien entretenu par ses descendants. Nous admirons cependant les buis taillés en pièces d’échiquier. Il aimait ce pays d’Ouche et il y resta jusqu’à sa mort en 1959.
Je suis sûre que quelques lycéennes vont relire des romans, des nouvelles et aussi ses livres fort intéressants sur les châteaux de Normandie.
La pluie ne cesse pas… où va-t-on s’installer pour pique-niquer ? Marie-Thérèse Pellerin propose aussitôt : “Venez à la maison” et nous voilà autour d’une grande table, au chaud, dans sa chaleureuse maison d’Orbec. Après le café, n’oublions pas La Varende… Béatrice nous lit “Le Rubens”, nouvelle extraite de “L’objet aimé”.
Guidées par Marie-Thérèse à 15 h nous partons pour Broglie à “La Maison du Macaron”. Monsieur Michel nous accueille avec un chocolat chaud et une dégustation très variée de macarons ! Nous écoutons la recette et nous ne repartons pas les mains vides ! N. M