Les femmes ont joué, à divers degrés, un grand rôle dans la vie et l’oeuvre de Marcel Proust. Il a en effet créé de nombreux personnages féminins de divers milieux sociaux mais ayant en commun la particularité d’être exceptionnelles, belles, intelligentes et cultivées.

Ces femmes qu’il a côtoyées et aimées tout au long de sa vie l’ont souvent inspiré et on les retrouve transposées dans son oeuvre.

Tout d’abord les femmes de sa famille :
– sa grand-mère maternelle, Adèle WEIL, très cultivée, excellente pianiste, pleine d’affection pour son petit-fils et qui l’amènera pendant plusieurs années faire, à Cabourg, de longs séjours pour soigner son asthme.
– sa mère, Jeanne PROUST (la grand-mère dans le roman) riche bourgeoise, aussi cultivée qu’Adèle, mais d’une grande rigueur qui la poussera à isoler son fils en refusant de recevoir ses amies. Elle le surprotègera comme s’il était toujours enfant et c’est la femme qui aura le plus d’influence sur lui.
Puis citons ensuite toutes celles qu’il a admiré d’un amour pas toujours partagé et dont il n’exigeait qu’une photo qu’il rangeait précieusement dans une boîte. Peu de temps avant sa mort, devenu grabataire, il contemplera sa collection de photos « à la recherche du temps perdu » avec la nostalgie de toutes ces amitiés oubliées.

Citons-en quelques unes :

– Geneviève BIZET, très belle veuve dont tous les lycéens sont amoureux, et en particulier Maupassant. Devenue Madame STRAUSS, elle recevra souvent Proust à Trouville.
– Laure HAYMAN, la « dame en rose », demi-mondaine amie de Louis Weil et d’Adrien Proust, qui sera Odette de CRECY, grand amour de Charles Swann dans le roman.
– Marie de BENARDAKY, fille de l’ancien maréchal de la cour du Tsar, amour d’adolescence de Marcel, refusée par la rigoriste Jeanne. Elle sera Gilberte, fille d’Odette et Charles Swann.
– Jeanne POUQUET, maîtresse d’Anatole France, qui deviendra Madame de CAILLAVET et inspirera également l’écrivain pour le personnage de Gilberte.
– Madeleine LEMAIRE, artiste peintre, maîtresse d’Alexandre Dumas fils et dont les grandes soirées littéraires, dans son hôtel du Parc Monceau, sont célèbres.
– la Comtesse GRESSULHE, qui inspirera le personnage de la Duchesse de GUERMANTES.
– Laure de CHEVIGNE, arrière-petite-fille du Marquis de Sade
– la Princesse SOUTZO qui attirera Proust au Ritz où il aura de nombreuses aventures masculines.
– l’actrice Louisa de MORNAND, Rachel dans le roman.
– Anna de NOAILLES et sa soeur.
– etc…

Citons aussi Céleste ALBARET, sa dame de compagnie, qui lui prodiguera une grande affection, le soutiendra dans son travail d’écrivain et l’accompagnera jusqu’à sa mort.

Dans cette liste, qui est loin d’être complète, nous mettrons à part « Albertine », grand amour du narrateur dans le roman mais en réalité inspiré par le chauffeur de taxi Agostinelli. M-FJ