Notre amie Fabienne a su, avec talent, nous communiquer son enthousiasme pour l’oeuvre de l’écrivain qui fut un ami de son père. Ce dernier lui consacra, en effet, une thèse en 1944, ce qui nous vaut le plaisir de redécouvrir, aujourd’hui, un auteur un peu méconnu des nouvelles générations et oublié dans les manuels de littérature, alors qu’il fut, cependant, l’un des plus lus dans les années 50 (il obtint même le prix Goncourt en 1936).
Dans la lignée des romanciers naturalistes (surtout Balzac et Zola) son oeuvre s’attache à décrire objectivement la vérité, morceaux de vie de tous les jours, faits réels observés dans divers milieux (religieux, médicaux, ouvriers, etc) sans parti pris.

Les décors en sont souvent les vieilles cités du Nord (il est né à Roubaix), avec leurs carillons et beffrois, la mer et les dunes, la campagne flamande, tous milieux de son enfance dont il était imprégné.

L’homme, souvent d’origine sociale modeste, est le centre de gravité de ses romans, mais à la différence de Zola, Maxence Van Der Meersch élargit ses thèmes pris dans des milieux variés (ex : contrebandiers, hôpitaux …) ou dans des évènements exceptionnels (grèves, guerre de 14-18).

Son attachement à décrire la réalité a souvent fait couler beaucoup d’encre et provoqué des scandales (ex : Corps et Ame » où il décrit le milieu hospitalier, ou « La petite Sainte Thérèse » qui souleva de violentes critiques dans le monde religieux).

De santé fragile, et après des années de misère et de privations, il mourra, en 1951, à 44 ans. M-FJ